‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 3)Chapitre 260 sur 330 · Transmission du son à grande distance · texte numérisé non relu

Transmission du son à grande distance

L'observation montre que le son peut se Iransniettre directement par l'air à d'assez ;irandes distances ou, pour être plu"; précis, qu'un mouvement vilualoiie aérien se propatieaut dans l'atmosphère peut lonserver jusqu'à d'assez grandes distances une amfilitude sut'Iisante pour agir ellicacenient sur l'oreille d'un auditeur et faire percevoir un son à celui-ci. Cette distance est d'ailleurs variable avec l'auditeur etavec loutes les conditions atmosphériques. Toutefois, à partir d'une certaine distance, aucim son n'est plus perçu. iNous avons dit qu'on peut lao.iliter 1 audition dessous à grande disliince par l'emploi de surfaces rélléihissanles, par l'emploi de porte-voix.

11 importe de leniarquer que, saut par l'emploi de surlaces ellipsoïdes, qui ne peuvenl èlre utilisées que dans des cas très limiiés, si un observateur placé en B eniend les sons émis par un corps sonore A placé à quelque distance, un autre observateur plaeé en un point quelconque entre A et B entendra également les sons émis par A.

Des dispositions simples peuvent être employées pour que, au contraire, l'observateur lî soit seul à pouvoir entendre les sons émis, les paroles prononcées en A.

HIIIItlIllliLU

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On peut, par exemple, employer le téléphone à ficelle qui, d'ailleurs, est plutôt un joiipl qu'un appareil pratique, et dont le principe a été indiqué par RoBKBT HooKE en 1667.

11 consiste en deux cornets cylindriques on à peu prés, en bois ou plus souvent en métal, ouverts à leurs deux extrémités A et H; sur l'une d'elles A, est tendue une membrane au centre de laquelle est lixée l'exlrémilé d'une ficelle dont l'autre exirémité est atlachée au centre de la membrane A, de l'autre cornet.

Si une personne vient à parler en approchant beaucoup de sa bouche l'extrémité B de l'un des cornets, l'air compris dans celui-ci vibrera ; ses

viliialions se transmettront à la membrane A, et, par celle-ci, à la ficelle où elles se propageront. Cesvilirations, arrivées à l'autre extrémité, mettront eu viliralion la membrane A,; l'air contenu dans le second cornet entrera à son lour en vibration et, naturellemeul, à l'intensité près, car il y a toujours quelques perles, les viliralions de l'air du second cornet seront identiques à celles de 1 air du premier. Si donc, un auditeur place son oreille près de l'orilice B, il entendra un son de même liaiiteur et de même timbre que s'il avait été placé dans le voisinage du corps sonoie; il reconnaîtra une mélodie, il distinguera les paroles prononcées.

Si la lon;,'ueur de la ficelle est trop grande, le mouvement vibratoire sera trop atfaibli et l'auditeur n'entendra rien.

Il est à remarquer que les vihrations qui se propagent dans la ficelle sont des vibrations longitudinales, et non transversales, car l'action de la membrane s'exerce dans le s-:ns de la longueur de la corde; celle-ci n'a donc pas besoin d'être tendue.

Comme on le voit d'après celte d-scription, les deux cornets AH et A, H, étant identiques, le système est complètement svmélrique ; aussi, les sons pourraient être émis devant le cornet A,B, tandis que l'auditeur placerait son oreille en A; chaque cornet peut être à volonlé propagaleurou récepteur : le système est réversible.

SS."). — Une antre solution, qui est très praliqne, consiste dans l'emploi du lube a'oustique, qui n'est que la reproduction de l'expérience de Biot que nous avons citée; seulement, le tube a un diamètre beaucoup moindre.

Le tiilie acoustique est un tube métallique de vingt à vingt-i-inq millimètres de diamètre qui s'étend sans discontinuité entre les points où se trouvent le corps sonoie, généralement une personne qui parle, et l'auditeur.

Les sons produits à. une extrémité sont perçus à l'autre avec leurs caractères propres de hauteur el de timbre ; il y a seulement une diiniiiution d'intensité, diminution qui est plus lorte (|iianil la distance est ;;rande. plus forte encore quand le tube, au lieu d'être rectiligne, présente des changements de direction qu'il convient d'ailleurs de ne pas faire trop brusques.

Comme on le conçoit, ce mode de transmission des sons peut être utilisé quelles que soient les positions respectives de la station propagatrice et de la station réceptrice, alors même que ces stations seraient séparées par des obsiacles quelconques tels que murs, planchers, etc., pourvu que le tube puisse traverser ces obstacles, ce qui n'exige que le percenient de trous de petit diamètre.

Il va sans dire que ce système, comme le précédent, est réversible.

Dans la pratique, il est nécessaire qu'une personne placée à l'une des extrémités A du tube puisse être avertie qu'une personne placée à l'autre exirémité B veut parler, car on ne peut avoir constamment l'oreille appliquée contre le tuyau.

Voici comment on saiislait à cette condition :

A l'étal de repos on iéruie le tube à chacune de ses extrémités à l'aide d'un silflel. Lorsqu'une personne veut parler eu A, elle ôte le siftlet placé de son côté et souffle dans le tube, provoquant dans celui-ci, non des vibralioiis, mais un courant d'air qui parvenant à l'autre extiéiuité U, traverse le sllllet el le

TEr.liyt(jUE, ESTIIÉTIQVE ET PÉDAGOniB

fait parler : le son ainsi produit avertit la personne Toisine, qui iMe, à son tour, le sil'llet et met l'oreille à reïliéinilé du luyau, pi^le à recueillir les paroles que prononcera l'autre personne.

236. Téléphone. — Ces moyens, qui sont connus depuis toi I. lon;4ienips, ont ime puissance liniilée, et on ne connaissail, jusqu'à la lin du siècle dernier, aucun procédé qui pernill de Iransmeltre on de reproduire le son à une distance quelcoiu|ue. Il appartfnail au six" siècle, qui a été le siècle de l'électricité, d'iililiser cet agent uierveillfux pour résoudre ce pioblènie, dont la réalisation paraissail à p-ine croyable, lorsque Grahau Bell en donna la solution en lt<76, en laisanl connaître le tiléphone qui est maintenant d'un usage couiant.

Il convient de dire que si Graham Bell a présenlé le premier un téléphone l'onctionnant, Klisha (Iray, à la même époque, avait nfltement indiqué le principe de l'appareil. Il n'est pas sans intérêt non plus de dire que, dès 1854, un Français, Charles Bourskul, signalait la possibilité de ivsoudre le problème, iilée qui lut regardée comme très hardie, disons même un peu aventiiieuse. iVous croyons devoir reproduire quelques-unes des remarques qu'il faisait à ce sujet :

« ... Il faut bien songer que les syllabes ne reproduisent, à l'audilioii, rien autre chose que des vibrations des milieu.^ intermédiaires; reproduisez exactement ces vibrations, et vous reproduirez aussi les syllabes.

« Kii tout cas, il est impossible dp démontrer, dans l'état actuel de la science, que la transmission électrique des sons soit impossible. Toutes les probabilités, au conti aire, sont pour la possibilité. »

M. BouRSEUL indiquait l'emploi de diaphragmes vibrants :

« linaL'iiiez, dit-il, que l'on parle prés d'une plaque mobil ', assez Uexible pour ne perdre aucune des ▼iliralions produites par la voix, que cette plaque établisse et interrompe successivement la communication avec une pile : vous pourrez avoir à distance une autre plaque qui exécutera en même temps les mêmes vibrations. »

On verra que ce n'est pas par l'établissement ou la rupture d'un contact que Bkll a obtenu la transmission des vibr.itions d'une plaque à une antre plaque; il n'en est pas moins vrai qu'il y avait une i lée juste dans les indications cle Boursbul, et que celles-ci méritaient d'être rappelées.

237. — Ce n'est pas ici le lieu de donner une théorie complète du téléphone et nous devons seulement chercher à montrer la possibilité de la solution du problème posé.

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Considérons un barreau aimanté .NS devant l'une des extrémités duquel se trouve une mince lame plane de 1er L fixée par son bord; autour de la région voisine de l'extrémité N on a enroulé de nom-

breuses spires de lildecuivreiecouvert d'une matière non conductrice de l'électricité, constituant ce qu'on appelle une bobine R.

."^ous l'inHiieiice du magnétisme de l'aimant qui l'attire, la lame L a pris une légère courbure; si l'on lait passer un couiant dans la bobine, suivant le sens de cjlui-ci, le magnétisme de l'aimant augmentera ou diminuera et, par suite, la courbure de la lame L augmentera ou diminuera; si l'on fait passer un courant alternatif dans la bobine, la lame vibrera, elle exécutera des vibrations, synchrones des variations du courant, et si celles-ci sont assez rapides, la lame rendra un son qui, s'il est assez intense, sera perçu par une oreille placée près de la lame L ; la hauteur de ce son dépendra de la rapidité des vibrations.

Inversement, les déplacements de la lame L modifieroiit la distribution du magnétisme et, si ces modilications sont assez rapid^'s, feront naître des courants dans le 111 qui entoure la bobine; le sens du couiant variera suivant que la lame s'éloignera ou se rapprochera de l'aimant.

Si donc, on fait vibrer la lame en produisant dans le voisinage un son assez intense, le til de la bobine sera le siège d'un courant alternatif.

Comme on le voit, cet appareil est réversible.

Supposons maintenant qu'on ait deux appareils T etT', et qu'on relie entre eux les lîls des deux bobines; on comprend alors que, si on proiluit un son dans le voisinage de la lame L du téléphone T, le courant alternaiif qui cin^ulera aussi bien dans la bobine B que dans la bobine B' fora vibrer la lame L', du téléphone I'', et la rendra susceptible de produire un son qui reproduira celui émis en L.

La ligure représente les appareils tels qu'ils étaient construits au début; ils peuvent avoir maintenant des formes dilTérentes , mais le principe est le même.

238. — A cause du synchronisme de tous les mouveinenls, on peut prévoir, et l'observation vérilie que le son ainsi entendu est de même hauteur que celui qui a été proiluit devant l'autct; téléphone.

L'intensité est moindre pour le son perçu que pour leson produit et ellediminue lorsque la distaiiceaugraenle;cela lient à ce que les effets manifestés dans le second t-iléplione dépendent de l'intensité des courants électriqies. Cette intensité varie avec les actions produites dans le premier téléphone; mais si celles-ci restent constantes, les courants ont une intensité d'autant moindre qu'ils ont à parcourir un pins grand circuit.

Mais ce que l'on ne pouvait prévoir d'une manière certaine, c'^st que les vibrations seraient transmises de telle sorte que, pour la plaque du deuxième téléphone, elles suivraient la même loi, elles auraient la même forme que cellesde la plaque du premier téléphone; il était tort possibleque le synchronisme subsistant, la loi fût raodiliée par suite des transformations successives. Il n'en est rien, car les liralires sont conservés, non pas d'une manière parfaite dans l'appareil que nous avons décrit, mais suflisamment cependant pour qu'on reconnaisse la nature du corps sonore qui a produit les vibrations, pour qu'on distingue les paroles prononcées, et même, pour qu'on reconnaisse à sou timbre spécial la personne qui a parlé ou chanté.

Comme nous l'avons dit, l'intensité du son est atlaiblie par la transmission et d'autant plus que la dislance est plus considérable, si bien que, si les Qls

ENCYCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTfOWAfrtE D/I CO.YSERVATOrRE

de liaison sont trop longs, les moiivemenls vibratoires transmis à l'air par le si-cond téléphone sont trop faibles ponr faire naître la sensation sonore: on n'enlend pas.

On conçoit qu'on augmentera toutes les actions et par suite l'intensité de ce mouvement vibratoire si on augmente la puissance des ainianls employés; mais cette augmentation a une liniile, car elle dépend du poids du baireau qui ne peut être très considérable si l'on veut que l'appareil reste maniable.

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On peut augmenter les effets par un autre moyen : nous avons dit que les aimants ont deux pôles, un à chaque extrémité. Le téléphone que nous avons décrit n'utilise que l'action de l'un d'eux. Mais la forme rectiligne du barreau n'est pas obligatoire; on peut employer un baireau en forme d'L' ou en forme de fer à cheval, de manière à ramener les deux pôles l'un à côté de l'autre et à les placer ensemble au dessous de la lamelle de fer après avoir entouré chaque pôle d'une bobine; on constitue un circuit unique avec les quatre bobines et avec les fils de liaison; les effets sont les mêmes (|ue précédemment, mais plus intenses, puisque les actions sont doublées dans chacun des téléphones.

239. Microphone. — Malgré ce perfectionnement, l'emploi du téléphone serait resté très jimilé si l'invention du inii-rophone par Hughes n'était venu accroître considérablement sa puissance.

On sait que l'intensité du courant produit par une pile dépend non seulement de la puissance de sa force électron)otrice, mais aussi de la résistance du circuit parcouru, augmentant quand celle-ci diminue, et inversement.

Considérons un circuit comprenant une pile P, un téléphone T et un appareil K permettant de faire varier la résistance du circuit. A chaque valeur del'inlensiié correspond une position déterminée de la lame métallique du téléphone; si les variations de l'intensité sont périodiques, la lame vibrera; si elles sont assez rapides, elle rendra un son.

L'appareil imaginé par Hughes a pour effet de produire des variations périodiques d'mtensité synchrones des vibrations d'an son donné.

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Il est basé sur ce que, lorsque deux corps médiocrement condiicteuis sont en contact, les moindres variations dans ce contact produisent de nolaMes variations de la résistance.

L'appareil primitil était constitué par une planchetteélastique verticale A B portée par une autre planchclie horizontale CD ijui lui sert de bas-; sur la première sont fixés deux petits cubes de charbon KF, placés l'un au dessus de l'autre à quelque distance; deux petites cavités sont creusées dans les bases horizontales qui se regardent. Un troisième morceau de charbon G, en forme de cylindre taillé en pointe à ses deux extrémités, est placé entre les deux cubes, les parties efiilées pénétrant dans les cavités. Enlin, les deux cubes de charlion poib'ut chacun un fil métallique, cequi permetd'introdnîre lesysl^me dans un circuit.

On conçoit aisément que le moindre mouvement communiqué à l'une des planchettes déplacera le cylindre de charlion, et produira des variations dans la position et l'étiMidue des surfaces en contact.

11 est difficile de constituer un appareil plus simplement; aussi, les elfets qu'il produit sont-ils d'autant plus surprenants.

Voyons maintenant comment on utilise le microphone.

On constitue un circuit comprenant une pile, un microphone et un téléphone reliés entre eux par des fils métalliques. Le circuit est donc traversé par un courant électrique; cependant, si l'on met a l'oreille l'embouchure du téléphone, ou n'entend rien. Le courant est constant, eu effet, puisque le cii'cuil ne subit aucuuH modification; la répartition du magnétisme dansl'aîmant du téléphone ne varie pas, et, par suite, tout reste invariable dans l'appareil.

Mais si l'on touche, même légèrement le microphone, le mouvement communiqué à l'appareil se transmet aux charbons, les contacts changent; il y a variation de résistance, donc variation de l'intensité du courant qui se manifeste dans toute l'étendue du circuit et, en particulier, dans la bobine du téléphone. Cette variation amène un changement dans la répartition du magnétisme, et nous avons dit plus haut que cela suffit pour mettre en action le téléphone; l'observateur ayant son oreille à l'enibouchiire du téléphone éprouve donc une sensation sonore.

Hevenons à la question qui nous intéresse spécialement; plaçons devant le microphone un corps sonore; ses vibrations propagées par l'air se fransnieitrontàla planchette verticale du microphone qui entrera en vibration à son tour; ces vilu-ations amèneront des variations périodiques de position des contacts des charbons et, par suite, de la résistance, variations qui seront synchrones aux vibrations du corps sonore. Le courant, à son tour, éprouvera des variations également synchrones, et nous savons qu'il en résultera par l'intermédiaire du téléphone des vilirations aiTÎennes qui, provenant à l'oreil ede l'oliservateur, lui feront entendre un son de même hauteur que celui émis par le corps sonore.

fiicn plus et, comme dans le cas de deux téléphones, ce n'est pas seulement la durée des vihiations qui est lespectée, c'est aussi la loi, la forme de ces vibralions, car le timbre du son est consei'vé. 11 est facile de comprendre l'emploi du micro-

TECJfVIQUE, EST/fÈTIQf'E ET PÉDAGOGIE

phoiie dans les conditions que nous venons d'indiqiii'r pei'iiietl.uit d'obtenir an téléphone rocrpleur une int.nsité sonore ans*;! jurande qu'on le désire, ce qui ne peut avoir- lieu dans reni[>loi de deux téléphones oi"i le son est tonjonis alTaibli, comme nons l'avons dit.

Dans le cas de ilenx téléphones, les courants produits sont dos aux vibrations de la lamelle du tél''phoiie devant lequel on produit le; son; ils représentent l'énergie, ou une paitie de j'éneifiie, correspondant à ces vibrations. Oans le microphone, l'orif^ine de réneri;ie est extérieure ; ille réside dans le lonntionnemeiit de la pile; le léléphone ne reçoit que les variatiiMis île cette énersie, mais ces variations sont proportionnelles à l'intensilé du courani et peuvent, tliéoiiquement au moins, devenir aussi grandes qu'on le veul.à la eonditinn que le coûtant choisi soit snllisammeiii puissant, ^up|)os()ns que, avec un courant 1, on ail des variations de I millième; ces varialions deviendront un cenlième avec un courant 10, un di.xlème av(jc un courant 100, une unité avec un courant i 0"0.

Aussi, on peut, avec le niiciophnne, non seulement conserver, mais même auj^menler l'intensité du son prnduil; c'est ainsi que, à la condition d'employer un courant assez intense, on |ieut entendre le bruit produit par une mouche qui marche sur la planchelte ilu micioplione, le cri de la mouche, même son cri de moil, dit Highks, devient perceptible

Onpeut,sans inconvénient, augmenter autant qu'on le veut la dislance qui sépare le miciopbone du téléphone. On aucmenle ainsi la résistance du ciicuit, ce qui, il esl vrai, diminuetail l'inlensilé du courani, et, par suite, l'action de ses varialions sur le téléphone si la pile restait conslante; mais il est toujours possible d'augmenter la puissance de la pile, de manière à compenser l'accroissement de résistance età maintenir invariable l'intensité du courant.

Les microphones, qui sont actuellement employés, n'ont pas la forme primitive de l'appareil que nous avons décrit plus haut, mais ils reposent toujours sur le même principe: la variation des contacts entre charbons conducteurs sous l'innuence des vibrations produites par des instruments de musique ou par la parole.

240. — Les communications dites téléphoniques, qui sont maintenant il'un usage courant, sont en réalité micro-téléphoniques, car l'expéditeur parle devant un microphone et l'audileur entend à l'aide d'un ou plutôt de deux téléphones de manière à produire l'audition binauriculaire. S'il ne s'agissait que de relier ainsi un expédileirr à un audiieur, le système se réduirait à celui que nous avons décrit; mais, même dans le cas où il s'agit de relier seulement deux stations, laquestion est moins simple dans la pratique, d'abord, parce que chaque stalion, saul'de bien rares exceptions, doit fiouvoir être à volonté expéditrice ou réceptrice, ce qui exige qu'il y ait un microphone et deux téléphones à chaque station; par raison d'économie, il ne laut pas établir deux circuits complets, et il faut que les fils de liaison puissent servir également dans les deux cas. De plus, il faut que chaque station puisse appeler l'aulre à volonté, à l'aide d'un signal quelconque, dune sonnerie par exemple, e( il faut que le fonctionnement de ces sonneries ait lieu par les mêmes fils de liaison qui doivent relier les microphones aux téléphones. IVous ne voulons pas insister sur les procédés employés pour obtenir la

réalisalion de ces diverses conditions, la question n'étant plus alors du ressort de l'acouslique.

Mais, comme on le sail, le téléphone ne'sert pas seulement maintenarri A relier deux stations déterminées; il [lermet d'établir des communicalions enire des centaines, des milliers de stations de manière que, à volonté, une qnelcorrque d'enire elles puisse communiquer avec chacune des autres. On ne pouvait, dans ces conditions, songer à relier directement entre elles toules ces stations, rre Ir^l-ce qu'à cause de l'énorme quantité de tils conducteurs qu'il eftt fallu emplover et de l'elfroyalile complrcalion qui en serait résultée à chaqire station. Voici, en quelqrres mots, la disposition qui a été adoptée :

Dans le cas le plus simple, celui (>i"i le rrorrrbre des stations n'est pas trop considérable, chacune de ces stations est reliée directement à un birr-eau centr-.il' quand l'abonné du poste A veut parler à l'alioniié drî poste H, il appelle le bureau central et prévient l'employé de son intention. Gdui-ci ,i son toirr, appelle l'abonné 15, puis à l'aide de mécanismes trop compliqués pour être décrits ici, il relie les fils conducteurs du poste A à ceux du po^le B; les deux postes, communiquant ainsi directement, perrvent causer entre eux comme si le bureau central n'existait pas. Quand la conversation est terminée, les abonnés préviennent le bureau central qui supprime la communication directe qui avait été établie, de telle sorte que chaque pnste se ti-onve de nouveau relié seulement au bureau central, qui pourra être afipelé de norrveau par A ou par R, si ces aborrnés veulent faire une autre communication.

Lorsque le nombre des abonnés devient considérable, un seul bureau central devient insulïisanl; on divise alors tous les postes en un certain nombr'è de groupes dont chacun est muni d'un bureau central comme dans le cas précédent; de plus, tous les bureaux centraux sont reliés ensemble.

Si alors, un abonné du groupe I veut parler à un abonné du même groupe, les opérations sont les mêmes que celles que nous avons mdiquées. Mais elles sont plus complexes si, par exemple, l'abonné A du groupe 1 veut parler à l'abonné 15 du groupe III; il appelle le bureau central I et lui demande la communication qu'il désire; ce bureau central appelle le bureau III et lui transmet l'indicalion qu'il a reerreenlinle bureau Itl appelle l'abonné B;puis, les d'eux postes A et B, se trouvant reliés par l'intermédiaire des tmieanx I et III ei des conducteurs qui réunissent ceux-ci, peuvent établir la conversation.

Il nous a paru nécessaire de dire quelques mots de cet emploi des téléphones qui se sont répan.lus si rapidement dans tous les pays; mais la question ne se rapportant pas à la musique, nous ne nous y ar-. rêterons pas davantage.

Nous devons rappeler cependant que les conversations peuvents'établirainsi, non seulement entre les babilanls d'une même ville, mais même entre des villes situées à de très grandes distances; cesl ainsi que Paris communique avec les principales villes de Krance, par exemple avec Marseille, à plus deSOO kilomètres, et même avec des villes étrangères, Bruxelles, Genève, Berlin. Bien plus, et quoique des di licultés particulières résultent de l'emploi de câbles sons-marins, on peut correspondre de Paris à Londres, les fils téléphoniques passant sous la Manche. Au déliut, la transmission de la par-oie était défectueuse, le timbre des sons était modifié, les vovelles altérées; d'une manière générale, les sons perçus au

ENCYCLOPÉDIE DE LA MI'SIQCE ET DICTIOW'AIHE PI! COVSERVATOriiE

téli^|)lione avaient un caiactRre nasillard qui pf imnllail cependant de comprendre ce qui était dit. Mais des perlectionrieraents divers el iiomlireux ont été ap|iorlés aux appai'eils, sans rieii clianner à leur principe d'ailleurs, et mainlenant, ou possède des niicro|iliones et des téléphones qui transniellenttous les sous avec une grande pmelé; aussi, si l'on se trouve dans de bonnes conditions, on peut causer avec une personne à 1000 kilomètres et entendre aussi nettement, aussi completeinenl que si l'iulerloculeur était placé dans une cli;unbre voisine. Bien enleudu, les sons produits par des instiuuienls de musique quelconques sont transmis d'une manière épaleinent salis aisante.

Quand on rétlechit aux minimes dilférences que présentent les vibraiions de deux notes de même bauieur, mais de liralues iliUeients, on conçoit difficilement comment ces modalités de la vibration peuvent ôlre transmises avec toute leur pureté.

L'étonnement auj^mente encore quand on songe que, pour produire ces elîets réellement merveilleux, il suflit (le vibraiions d'une plaque de fer et de vibraiions excessivement minimes, puisque, d'après Carl Baiins, l'amplitude des vibrations du diaphragme d'un téléphone est probablement moindre que 1 millionième de centimètre.

241. Nous venons de dire que l'emploi du microphone et du téléphone permet de transmettre à dislance el avec une grande purelé les sons musicaux, aussi bien ceux de la voix que ceux des instruments, chacun avec son timbre parliculier. Cette propriété est utilisée dans la construclion du tlMtropliow par lequel nous rentrons dans les questions d'ordre musical, mais dont le lonclionnement ne sauiait êtie compris sans la connaissance des notions que nous avons résumées ci-dessus.

Le théntrophone est desliné à l'aire entendre à dislance une scène d'une comédie ou d'une tragédie, ou un Iragmenl d'un opéra. Ce n'est en somme, que l'extension du système micro- téléphonique que nous avons décrit.

Le Ihèâlrophone est constitué par un circuit conducteur dans lequel on a inlercalé une pile, une série de microphones et une paire de téléphones. Les microphones sont placés sur la scène, le long de la rampe; il y en a, eu général, six de chaque côté du trou du souffleur, de telle soite qu'il y en ait toujours au moins un qui soit mis en action quel que soil le point où des sons seront produits; leurs actions se superposent, s'ajoutenl, el les téléphones les reçoivent simultanément et fonclionnent par leur ensemble, de même que notre oreille fonctionne par l'ensemble, par ta superposition des vibrations diverses qui sont émises par des corps sonores placés en des points dillérents.

Les téléphones peuvent êlre, comme toujours, placés à une distance quelconque des microphones; il sul'lit seulement de proportionner la force de la pile à la longueur des con'Uicleurs, de manière à avoir un conranl suflisant comme intensité.

Mous n'avons pas d'explication particulière à donner, et tout se passe comme dans le cas simple que nous avons examiné d'abord ; lorsque l'orchestre joue, lorsqu'on chante sur la scène, l'air est mis en vibration et, par suite, il en est de ra^me des lames de bois qui recouvi enl les microphones ; ceux-ci fonctionnent comme nous l'avons indiqué et, par suite, les téléphones, dont on a placé un à chaque oreille.

entrent en action, et font nailre chez l'auditeur des sensations sonores successives ou simultanées qui sont les mêmes que celles qu'il aurait éprouvées s'il avait été directement en présence de l'orchestre et des chanleurs.

Avec les appar-^ils perfeclionnes dont on dispose mainfenani, l'elTet e-t parfait et l'illusion complète; quelle que soit la dislance, on ne perd rien, et l'on peut (lisiinguer tous les détails.

A ce point de vue, nous avons fait une remarque intéressanle lois de noire première audition du ibéàtrophone. Nous enleiidions un fragment d'un opéra que nous connaissions bien; nous distinguions toutes les parties et, cependant, nous étions frappés par quelquechosed'insolile que nous ne pouvions d'abord nous expliquer. Mais, en écoutant atlentivement. nous pi^m^s nous rendre compte de citte sensation spéciale : il nous semblait (jue l'orcheslre étail inversé, c'est-à-dire (|ue les premiers violons étaient à nolr'e droite, les seconds violons à notre gauche, et ainsi de suite. 11 nous paraissait cependant peu probable que le changement de place de ces instruments et des autres ait réellement eu lieu; mais la l'éflexion nous permit de nous expli- (|uer cet ell'et : c'est que, en réalité, entendant par l'inlermédiaire des microphones qui étaient sur la scène, nous entendions comme si nous avions occupé la même position qu'eux, auquel cas nous au rions eu effectivement les premières violons à droite.

Celle observation nous a paru inié essante à signaler, parce qu'elle permet de juger avec quelle délicatesse sont transmis les eiïets musicaux dans le théàtrophone.

242. Téléphone haut parleur. — Après avoir obtenu la ti-ansmissinn des sons h dislance, de manière à olitenii' l'audilion individuelle, on a cherché à faire entendre ces sons direclenient à un auditoire plus ou moins rroirrbreux.

A cet elîet.on a disposé au dessus du téléphone récepteirrune sorte de porte-voix, de manière à ce que les ondes émanantdii téléphone ne se propagent que dans une région limitée de l'espace orj seroiil placés les auditeurs, alin (]ue ceux-ci reçoivent une quantité d'énergieplus considérable, ce qui augmente l'intensité du son perçu; c'est ce qu'on appelle un léléphine liant parleur.

Des modèles divers ont été construits qui ont donné des i-ésultats très satisfaisants; on a pu faire entendre piir un auditoire nombreux, même en plein air, un discours pr-ononcé à distance.

L'exemple le plus remarquable a été obtenu aux Ktats-l nis; un discours prononcé à Washington a pu être entendu par des foules sur les places publiques, siriiullanérrrent dans plusieuis villes, jusqu'à San Krancisco, à ."iOno kilomètres. Il faut dire que, pour communiquer à de telles dislances, il est nécessaire de prendre des disposi lions parliculièi'es, afin que les courants arrivent avec une inleiisilé suffisante; on y arrive par l'emploi de relais.

Un grand perfeitionneraenl a été obtenu récemment par le haut parleur (iaumont qui transmet la parole avec urre netteté supérieure à ce qu'on obtenait auparavant.

Les défauts observés provenaient principalement de ce que la membiane métallique du téléphone récepteur, à cause de sa rigidité, est le siège de vibrations propres qui s'ajoulent aux vinratioiis transmises, déforment celles-ci, et produisent des perturba-

TECHNIQUE, ESTHÉTfQUE ET PÉDAGOGIE

lions dans le son. Ces vibralions propies n'existent pas dans le liant pailenr (iauinonl; la inenilirane viliiante est ivniplacée par un ilisqne d'ctolTe légeTe sur lei|uel est fixé un lil (l'aluniiiiiuin en spirale qui le reciluvie presque complélrnienl..

Un tel disque, ilune par I, ne saurait avoirde vibrations; d'antre part, sa niasse esi. 1res l'ailile : nn disque de o^> m il II mètres de dianintre pèse à peine t gramme; il peut ilonc être mis lacilementen mouvement; aussi, les résultais sonl-ils très satisl'aisants.

2V:). Téléphonie sans fil, T. S. F. — Tout le monde sait mainlena ^l que les sons peuvent être transmis, même à gi-ande distance, direcleraenl, sans lintermédiaire d'un cnnduoieur maièiiel.

Nous lie saurions donner ici la lliéorie de la téléphonie sans lil qui, basée sur les propriétés des ondes électriques, exij^erail de trop loiiys développemenls; nous devons nous borner à l'aire comprendre à peu pies la possibilité de la solution de celle qui-stioii.

ISous avons dil ipie les corps lumineux commiiniqnenl à l'étlier qui les environne nn mouvement vibraliiiie qui se propas;e dans toutes les directions en s'a laiblissant; si cel affaiblissement n'esl pas Irop COnsi.lérable, et si les longueurs d'onde sont moindres que 6 dix-millièmes de milliniflre, ces vibrations soiil susceptibles de taire éprouver la sensation lumineuse à un observateur à l'œil duquel elles parviennenl.

I.'étiier peut être mis également en vibration par des étincelles électriques éclatant dans des conditions pai ticiiliiTes; pour des raisons qui ne sont [>as encore déterminées conipléiemc nt, elles ne paraissent pouvoir se propagei' que dans la couche d'airqni entoure la teire jusqu'à une hauteur de 2 à -i kilonièiies; dn ce lait, l'aitaililissemeiit est relativement moiinire qu'il ne I est pour les vitirations lumineuses.

Mais ce qui les diltérencie de celles-ci c'est que leur onde vaiie de quelques mètrt'S a plusieurs kilomètres.

Aussi, ne produisent elles pas de sensation lumineuse chez un observai.eur qui les reçoit; elles ne pro. duisent même anciine sensation, car nous n'avons pas d organe q li soit impressionné par de telles on, des, et ce n'esl que d'une manieie indirecte que nnus pouvons être averlis de leur existence, par l'emploi de ce que l'on appelle un délecieur.

Uhanlt a montré que si l'on lait arriver des ondes électiiipies sur un lutte de verre contenant de la limaille métallique serrée entre di'ux lames de métal, la résistance de cel ensemlile au passage d'un courant est modiliée, ce ipie l'on peut reconnaître facilement; mais cette propriété pouvait étredil'licilement utilisée, parce que la résistance acquise ne revient pas spontanément à sa valeur primitive.

Il n'en est pas de même pour le détecteur à galène, qui est constitué par un morceau de ce cristal (sull'nre de plomb), sur lequel appuie l'extrémité pointue d'un lil d'or ou de cuivre; sous l'intlnence d'ondes électriqn-s, le contact de ces Jeux substances est moditié périodiquement, et il en est de même de la résistance électrique; si donc, on a un circuit comprenant une pile, ce détecteur et un téléphone, le courant qui traversera ce circuit présentera des variations d'inteiisilé qui seront syncbronestles ondes; mais le léléphone ne fonctionnera pas, parce que ces variations sont trop rapides pour que la lame puisse vibrer.

Mais, si a ces ondes correspondant à des vibrations

de même amplitude, ondcfi rntrelenncs, on superpose des ondes de moindre longueur, égales ou inégales. Celles-ci feront varier, suivant leur ryllime, l'intensité du courant et, si elles sont cnnviMiablement clioisies, elles feront vil) relia la me du télé pbo ne qui, pour un audileiirplacédans le voisinage, produira un son variant avec la fréquence et la l'orme des ondes surajoutées.

214. — On peut concevoir maintenant comment peut fonctionner la téléplionie sans lil.

Les ondes entrelennes sont produites par des procédés divers, arc ckutilnnl, alli'ni'ileiirs, aiidions, que nous 11 avons pas a décrire, et dont le fonelioiinenient exige Uiie puissance d'auLaiit plus considérable que les ondes sont destinées à p ircourir nue plus grande distance. Le circuit dans lequel elles sont envoyées comprend un microplioiie qui, lorsqu'il sera mis en action par un corps sonore, donnera naissance à des ondes variables qui s'ajouteronl aux ondes entretenues émises d'une manière continue.

Des dispositions spiknales permettent de faire varier à volonté la longueur d'ondes du système d'ondes entretenues; dans la pratique actuelle, cette longueur varie de KiO mètres à 30 kilomèties.

Le couiant oscillaioire ainsi produit doit être transmis à l'élher qui doit propager les ondes à distance; on y parvient par l'emploi des anti-nncs.

Une antenne est constituée par un lil métallique, isolé à une extrémité et communiquant avec le sol à l'autre extrémité; ce lil est le plus souvent vertical ou légèrement incliné, mais quelque fois horizontal; sa longueur varie avec la distance à laquelle les ondes doivent être reçues, et peut atteindre jusqu'à 300 mètres. Souvent il existe, non une seule antenne, mais une nappe constituée par plusieurs antennes disposées parallèlement on en éventail.

La station d'émission la plus iniporiante maintenant est celle de Sainte-Assise, près Melun.

A la station de réceplion, se trouve également une antenne ou une nappe d'antennes. Elles peuvent capter les ondes existant dans l'étlier qui les enloure et qui proviennent d'une station située à distance, par un pbénomène de résonance analogue à celui que nous avons décrit pour les ondes sonores si leurs caractéristiques électriques sont convenablement clioisies; il existe des dispositions qui permettent de faire varier celles-ci de manière à atteindre ce résultai.

Dans cerlains cas, on peut remplacer l'antenne par un cadre qui |0ue un rôle analogue.

Les ondes reçues par l'antenne sont transmises par un conducteur a un détecleur, puis à un téléplione dont la mise en action, comme nous l'avons dit, produit un son présentant les caractères du son émis à la staiion d'émission. Si les ondes sont trop alfaiblies à l'arrivée, on leur fait traverser des audions qui en accroissent l'intensité, mais nous ne pouvons expliquer le mode d'action.

Il est inutile d'insister sur l'intérêt, capital à tous égards, que présente l'emploi de la téléphonie sans (il pour la transmission de la parole à toute distance. Mais nous ne pouvons pas ne pas signaler que les procédés ont été assez peitéciionnés pour que les sons musicaux soient transmis avec pureté et netteté, qu'il s'agisse de chant ou de morceaux instrumentaux.

Cbaque jour, à Paris, ont lieu, à la Tour Eiffel et dans plusieurs autres stations de téléphonie sans lil, des exécutions musicales qui sont entendues jusqu'à de grandes distances. Dans certaines stations de

ENCYCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTWNNAtBE DU CONSERVATOIRE

réception, on a installé un téléphone haut parleur, de telle sorte que le morceau est entendu simultanément par un nomlireiix auditoire.

Un lait qui se rapporif à cette ap|ilication nous paraît mériter d'être sipnalé. Les navires qui «ilionnent l'Atlantique sont munis de postes de téléphonie sans fil qui leur permettent d'être en communication lorsque la nécessité s'en fait sentir.

Tel est le ras des navires Paris et France de la Compagnie transatlantique. Le 26 février, alors que ces lieux navires étaient en communication à une distance de 350 milles, 560 kilomètres, un ofticier du Paris chanta un air de Faust dans la cahine téléphonique de ce navire, et ce morceau lut nettement entendu par de nombreux passagers réunis dans le salon de la France.

243. Phonographe. — Le phonographe n'est pas, comme le téléphone, destiné à transmettre à distance des vibrations sonores, des sons; il enregistre ces vibrations, pour ainsi dire, de manière à les reproduire identiquement après un laps de temps quelconque. Le problème, pour être dilféi'ent, n'est pas moins intéressant, et pouvait, à bon droit, paraître insoluble jusqu'au jour oli la solution en a été donnée. Là encore, nous trouvons un Français qui a indiqué, non seulement la possibilité de résoudre le problème, mais encore le moyen pratique d'obtenir l'effet cherché.

Charles Gros a, en elfet, déposé à l'Académie des sciences, le 30 avril 1877, un pli cacheté qui lut ouvert le 3 décembre de la même année. Dans ce pli cacheté, après avoir rappelé la possibilité d'enregistrer sur une plaque enfumée les vibrations d'un corps sonore, il dit qu'il s'agit de translormer ces traces en creux ou en reliefs résistants capables de conduire un mobile qui transmette ses mouvements à une plaque sonore, à une membrane; celle-ci sera animée,— non plus par l'air vibrant, mais parle tracé commandant un index à pointe qui s'y engage, — d'impulsions exactement pareilles en durée et en iutensiléàcelles que la membrane d'enregistrement avait subies. L'air en contact avec cette plaque vibrera comme elle, et donnera à un observateur des sensations sonores identiques à celles qu'il aurait éprouvées par l'action directe du corps sonore.

Comme nous allons le diie, il y a dans ces indications tous les éléments qui constituent le phonograplie;mais Chablks Gros n'a pas réalisé l'appareil qu'il décrivait, et c'est encore un Américain, Edison, qui, en même temps, et sans connaître les idées de Charles Gros, inventa et construisitun phonographe capable de fonctionner.

I.e phonographe d'EorsoN comprend, d'abord, un cylindre errregistreur, analogue à celui du phonarrto"raphe, c'est-à-dire qir'il est monté sur un axe horizoïrtal muni à une extrémité d'un pas de vis s'engageant dans un écrou, de telle sorte qrre lorsque, avec une manivelle on lait tourner l'axe, le cylindrée prend un rrrouvenrent hélicoïdal. La surface du cylindre n'est pas unie, mais elle présente une rainure hélicoïdale ayant le même pas que la vis de l'axe. On applique sur le cylindre une mince feuille d'étain qiri, naturellement, s'appuie sirr le lilet de la vis du cylindre, irrais est tendue, sans appui, au-dessus de la rainure.

Dautie part, sur le bâti de l'appareil, est monté un bras qui supporte à sa partie supérieure une emboirchure évasée dans laquelle est enchâssée une lame

ou une nrembrane élastiqrre. Au centre de cette numbrane, sur la face qui regarde le cylindre, est fixée une pointe métallique mousse. Tout ce système peut se déplacer de nranière qrre la pointe puisse, à volonté, être éloif-'oée ou rapprochée du cylindre.

Reniarqrrons que, si la pointe se trorrve a un moment qirelconque au-dessirs d'urre rainure, elle y restera tout le temps qire le cylindre tournera, pirisque cette rainure a le nrême pas que la vis qui commande le mouvement hélicoïdal du cylindre.

Si donc, nous amenons la pointe à appuyer légèrement sur la feuille d'étaiir, et si nous faisons tourner le cylindre, la pointe tracera sur le métal irn sillon qui aura paitoirt la même proforrdeirr et qui sirbsistera après l'action de la pointe, à cause de la mollesse de l'étain.

Mais si, dans ces conditions, on vient à produire des vibrations, si l'on vient à parler, par exemple, devant la membrane, celle-ci vibrera, et la pointe se déplacera, s'enlonçant plirs ou moins dans la feuille d'étain. Le sillon qu'elle produit aura donc des proforrdeurs variables en ses différents points, et les sinuosités que pr'ésenlera son fond seront eu rapport avec le nrouvement vibratoire de la pointe, enregistrant ainsi toutes les particularités des vibrations normalement à la surlace du cylindre, et non plus tangentiellement comme dans le plionautograpbe.

Lorsque l'eniegislrement est terminé, on soulève la pointe de manière qu'elle ne touche plus la surface du cylirrdre; on lait tourner celiri-ci en sens contiaii-e, et on le ramène à sa façon primitive. On abaisse alors la pointe de manière à rétablir le contact avec le cylindre.

Si, alors, on fait de nouveau tourner le cylindre, la pointe suivra le sillon qu'elle a tracé précédemment, et repassant par le même chemin, sera forcée de reprendre successivement toirtes les mêmes positions que celles qui lui ont fait creuser ce sillon, c'est-à-dire toutes les mêmes positions que celles qu'elle a occupées pendant la première phase, alors qire la membrane était soumise à l'action des vibrations qui lui étaient transmises par l'air; elle vibrera donc, et elle vibrera comme elle avait vibré précédemmerrt. Elle comnruniquera à l'air qiri lentoirre ce mouvement vibratoire, ideuliiiue, à l'interrsité prés, à celui qu'elle avait r'eçu piécédemmerrt. Un oliser'valeirr, plaçant son oreille près de la lame vibrante, entendra dorrc des sons qui seroirt la répétition de ceux rjui ont été enrej-'istres préalablement; on aura reproduit ainsi le chant ou les paroles qui avaient été exécutées ou pi-ononcées précédemment.

Remarquons que la seconde partie del'expérierrce, la reproilirction des sons, peut avoir lieu irn temps quelconque après l'enregistrement, car li^ tracé enregistr-é sur l'étain subsiste, le métal conservant sans modilication les déforrrratiorrs qrr'il a sirbies. Ajoutons que, si l'appareil a été bierr réglé, le passage de la pointe pour la reproduction du son ne

TECII.WIQVE, ESillËTIQVE ET PÉDAGOGIE

déliuit pas le tiacé, qui peut servir pour une ou plusieurs autres lepi'Oiluctious identiques. Cependant, peu à peu, le tracé s'ellace sous raclion de la poiuie, et TexpiTieiice ne 'peut être reconiuieucée qii un [lonihri' liuiiie de fois.

Les sons produits comme nous l'avons dit sont faibles et il faut être près de l'appar.il pour les distin;;uer. Mais on peut aut,'nienter leur inleusilé de manière à ce qu'ils puissent être entendus à distance, en adaptant à l'emboucliure qui porte la membrane un cornet évasé.

Dans l'appareil primitif, lel que nous venons de le décrire, les sons étaient gi'êles et avaient un timbre un peu dilféreut des sons qu'on avail enreyistn-s. CepenilaMl.lell'et était dé|à remarquable, elle résultat parut non seulement surprenant, ce qui était vrai, mais même invraisemblable, si bien que, lorsque l'appai'eil fut présenté à l'Académie des sciences en 1878, un des memlires de cette docte assemblée, le docteur B., ni' put pas admettre qu'il se trouvait en présence d'une expérience réelle; il crut, et il en resta toujours convaincu, croyons-nous, qu'il s'asissait d'une myslilicalion, et que les sons reproduits étaient dus à la personne qui faisait fonctionner le phonographe et qu'il soupçonna d'être ventriloque.

246. — Des perfectionnements divers ont été apportés au phonOf,Taphe, ont amélioré la qualité du son, et augmenté son iniensilé, mais sans que rien ait été changé aux dispositions essentielles.

C'est ainsi que le mouvement du cylindre est produit maintenant par un mouvement d'horlogerie muni d'un régulateur qui permet d'obtenir une rotation parfailement uniloime, ce à quoi l'on ne peut arriver absolument en agissant directement sur une manivelle.

La modilicatioii la plus importante a été la suppression de la feuille détain et du cylindi'e fileté qui la supportait dans le modèle primitif. Le mouvement d'horlogerie l'ait louruer un cylindre lisse sur lequel on enlile à frottement un cylindre creux qui est entraillé dans la rotation. Ce cylindre est recouvert d'une matière cireuse présentant une certaine mollesse; la membrane vibrante est munie d'une pointe tranchante qui creuse un sillon en enlevant des copenus plus ou moins épais pendant qu'on lait fonctionner l'appareil. Pour faire parler le phonographe, on enlevé la membrane qui avait servi à l'enre^-'istiement, et on la remplace par une autre portant une pointe mousse qui suivra les sinuosités du sillon sans les détruire.

Kntre autres avantages, cette disposition présente celui que le cylindre creux peut ètie enlevé et conservé pour être utilisé à volonté ultérieurement, tandis que l'appareil peut servir à d'autres enregislremeiits que l'on peut aussi conserver. Ces cylindres ainsi préparés, auxquels on a donné le nom de phon'grammes, peuvent servir un certain nombre de foissa'is subir de détériorations.

Cette disposition peut suffire, mais seulement si ces cylindres ne doivent être uiilisés qu'un nombre limité de fois, car les empreintes laissées dans la matière plastique s'effacent peu à peu.

Mais on peut obtenir une contre reproduction absolument fidèle d'un cylindre à l'aide de la galvanoplastie, et cette contre repriiduclion pourra servir de moule poui- obtenir un nouveau cylindre qui reproduira identiquement le cylindre priniilif, et donnera identiquement les mêmes effets, s'il est placé dans le

phonographe. On choisit d'ailleurs, poiii' le moulage i|iii se fait à chaud une substance qui, après refroidissement, devienne assez dure, assez lésislaule pour ne pas s'user par le l'roltemeut du style ; un semblable cylindre peut servir presque indériniinent. Ajoutons que le moule métallique obtenu parla galvanoplastie peut servir à reproduire autant de cylindres qu'on le désire, tous ces cylindres produisant identiquement les mêmes elfets, et leur prix étant d'autant moindre qu'on en construit un plus grand nombre.

24-7. — Une disposition un peu différente est maintenant adoptée, notamment dans le gramophinc : le tracé, au lieu d'elle obtenu à la surface d'un cylindre, est réalise sur une surface plane; celte surface est un disque horizontal qui tourne autour d'un axe vertical passant par son centre; le style lixé à la membrane vibrante presse sur cette surface et décrirait une circon'érence sur le plan, si le bras qui porte la membrane n'était animé d'un mouvement rectiligne dirigé du centre vers la circonférence; les deux mouvements étant uniformes, le sillon tracé par la pointe affecte la forme d'une spirale; mais cette différence ne change évidemment rien à l'explication que nous avons donnée précédemment pour l'obtention du sillon dont la profondeur varie avec les éléments du mouvement vibratoire. La plaque ainsi préparée sert à la reproduction des sons absolument de la même façon que le cylindre précédemment décrit.

Il va sans dire que ces plaques ou disques peuvent, également comme les cylindres, êlie reproduits en matière résistante, de manière que leur durée soif considérablement augmentée.

On sait le développement considéiable qu'a pris dans ces dernières années le commerce des modèles divers dérivant du phonographe d'KoisoN.

248. — Sans parler des applications prafiqiies du téléphone et du phonograptie, ces appareils ont une grande importance au point de vue théorique, en ce qu'ils ont vérifié tout ce que les ph\siciens énonçaient au sujet du son, notamment au sujet des sons émis par l'homme, de la parole. S'il était admis sans difliculté que la hauteur et l'intensité des sons delà voix humaine avaient la même origine et dépendaient des mêmes éléments que la hauteur et l'idensité des sons émis par un instrument quelconque, il n'en était pas de même des caractères particuliers de la parole, que les physiciens considéraient comme dépendant directement du timbre, tandis que quelques personnes, il n'y a (las longiemps encore, invoquaient, pour sa production, des conditions spéciales, inconnues et indéterminées, exigeant I intervention d'un être vivant.

Le téléphone et le phonographe ont montré qu'il n'en est rien ; que, pour les phénomènes sono: es, comme pour ceux d'autre nature, les êtres vivants obéi-^sent aux mêmes lois que les êtres inanimés. 11 n'est pas besoin d'un larynx mis en action par un être vivant pour produire le son et la parole : il suffit de lamelles métalliques et de membranes élastiques mises convenablement en vibration.

249. — L'invention d'ÉcisoN est le point de départ des appareils divers, phonographe, giapliopbones ou gramoplioiies qui sont utilisés maintenant pour obtenir la reproduction des sons de toute nature, et qui ont cessé d'être des instruments de laboratoire

ENCYCLOPÉDIE DE LA MVSlçrE ET DICTIONNAIHE OU CO.\SER\'AT OflŒ

pour se répaadre dans le grand public. C-^s appareils sont asse/. perfectionnés pour reproduire les sons presque sans modification, et l'on comprend la curiosité qui s'y attache ; mais, en outre, ils peuvent être utilisés de manière à fournir des résultats importants au point de vue scienlilique. C'est ainsi qu'ils permettent de fixer la prononciation d'une lan;,'ue et, grâce a eux, nos arrière-petits-neveux pourront savoir exactement comment nous parlons, alors que nous n'avons aucune idéf siVe du parler de nos ancêtres; grâce à eux, nous pouvons fixer absolument le langage et la prononciation des autres peuples et, en particulier, des peuplades sauvages qui emploient des sons que nous n'utilisons pas et que nous n'avons pas de moyen précis de représenter graphiquenit-nt. Des reclierches ont déjà été commencées à ce sujet, et l'on comprend quel serait l'intérêt d'un musée contenant les phonogrammes de toutes les lanjiues, de lous les dialectes, de tous les patois qui sont en usage au commencement du xx'siécle ; la constitution d'une semblable collection serait du plus haut intéièt pour les linguisti^s îles temps futurs; elle ne saurait être l'œuvre d'un seul individu, mais on pourrait la réaliser à l'aide d'une entente internationale grâce à laquelle les diverses nations se partageraient la besogne.

Non moins importante peut-être la conservation par le phonographe des chants des peuples ou peuplades qui vivent en dehors du monde civilisé, et qui tendent à disparaître peu à peu; ces chfinlsne sont guère connus que par quelques explorateurs qui ont visité les peuples dont il s'agit.

I.a notation des chants ou des morceaux instrumentaux ne pouvait être obtenue que par l'appréciation directe par l'oreille des intervalles et des notes; mais cette appréciation exige un observateur très exercé, condition qui ne se rencontre pas toujours i-hez les explorateurs.

11 importe de remarquer que, si celte notation directe est relativement aisée lorsque les notes utilisées appartiennent seulement à notre gamme, il en est tout autrement lorsque ces notes appartiennent à un autre système de gamme, ou peut-être n'appartiennent à aucune gamme; l'appréciation des intervalles de vient dans ce cas d'une extrême difficulté, ne fût-ce que par l'embarras des signes de notation à employer, ou même d'une impossibilité absolue.

Signalons, parmi les diflicultés, l'une de celles qui nous paraissent les plus considérables : c'est qu'on ne peut chercher à corriger par une seconde ou par une troisième audition les erreurs d'appréciation qu'on aurait pu commettre lors de la première, car on n'est jamais assuré que le chant est reproduit absolument sans moilification, de telle sorte qu^ le> ditlêreiices observées peuvent ètr'e le fait aussi bien de l'exécution que de l'auditeur.

L'emploi du phonogi'.iphe supprime toutes les diiticullés, puisqu'il enregistre tous les sons produits, quels qu'ils soient, d'une manière absolument lidéle. ^otammenl,il permet d'enregistrer plusieurs fois la même mélodie, ce qui peimet de s'assurer si elle varie plusou moins, ou si elle est absolument inva- Tiable, auquel cas son étude, qui pourra être faite à loisir en déterminant isolément chaque note par comparaison, fournira des leuseignemerds exacts sur le système musical correspoinlant.

lîien entendu, des précautions spéciales doivent être prises pour que les résidtats obtenus soient

exacts; ce n'est pas ici le lieu de les indiquer. Des reclierches intéressantes ont été laites dans ce sens, notamment lurs des explorations dans les tribus sauvages des Etals-Unis, retheiches doid quelques-uns des résultats obtenus ont déjà été publiés.

250. — iNous avons signalé l'intérêt qu'il y aurait à posséder des échantillons de pnriers de diverses époques pour faire des comparaisons et se rendre compte des modifications qui peuvent se produire. Il va sans dire que l'intérêt ne serait pas moindre poui la conservation des manières de chanter.

Ces résultats étaient absolument impossibles jusqu'à l'invention d'EnisoN, et nous ne saurons jamais comment déclamait Baron ou corainHiit il chantait. Il n'en sera pas de même des piincipaux actfurs ou chanteurs modernes dont il existe des phonogrammes variés qui, s'ils subsistent dans cent ans, pourront donner aux personnes qui assisteront à leur audition à l'aiile d'un phonographe, les mêmes sensations qu'éprouvent actuellement les personnes qui entendent directement ces chanteurs ou ces acteurs. Le seul point à assurer, c'est la conservalion des disques et des cylindres sur lesquels s'est fait l'enregistrement, et l'on comprend que des précautions doivent '^tre prises.

La première consiste évidemment à ne faire fonctionner ces cylindres que rarement, car si leur usure est minime, elle n'en doit pas moins exister, et la répétition du fonctionnemerrt amène une détf-rinration qui, à la longue, ne doit pas être né{;ligeable. D'autre part, la matière dont sont constitués les disques et cylindres ne parait pas jusqu'à présent se modifier sous l'action du temps et des agents atmosphériques; mais les observations n'ont porté, ne pouvaient porter que sur des phonogranimes remontant seulement à un petit nombre d'années, et on peut craindre que, après un temps plus long, des altérations ne se manifestent qui modifient le fonctioimenient de ces cylindres.

Sur la [iropo^ition qu'a présentée M. Malherbe, l'ancien archiviste de l'ftpéra, on a eu la pensée de faire une collection de cylindres sur lesquels seraient enregistrés les tracés fournis par un certain nombre de clianteurs et de chanteuses célèbres de l'époque actuelle. Cette collection était facile à réaliser, mais il fallait en assurer la conservation; voici les principales dispnsilions qui ont été pi'ises dans ce but :

Les cylindres ont été enfermés dans des vases en verie qu'on a fermés liermétiquemenl après qu'on y eut lait le vide, de telle sorte que ces cylindres ont été mis à l'abri des actions clnmiiiues pouvant résulter des gaz ou de l'humidité de l'atmosphère.

Ces vases ont été placés dans une cavité pratiquée dans un pilier' des sous-sols de l'Opéra; les cvlirrdr'es se trouvent à l'abri aussi bien de l'action delà luirriere que de celle îles vai'iations de température.

On peut donc espérer qu'ils se conserveront absolunrerit irrtacts, et que, lorsque, dans un siècle, on les sortira de la cavité où ils sont réunis, et qu'on les utilisera pour mettre un phonographe en action, ils reproduiront exactement pour les aiidileiris l'impression que ceux-ci auraient é[iroirvée s'ils avaient entendu directement lesartistes dont on a enregistré les chants; il en résultera certainement d'inléressarrtes comparaisons avec les voix et la rrranière de chanter- des artistes qui seront alors le plus renommés.

Chaules GARIEL.

Par Lucien CHEVAILLIER

PROFESSHOR AO CONSERVATOIRE DE STRASBOORO

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