Cf. préface de sa tragédie lyrique : Bérénice
4. Par exemple, an sujet de la forme ternaire : exposition — dùveloppement — réexposition.
5. Citons aussi les symphonies de MM. Savaud, Le Bobne, Silvio Lajzzari, m. Emmanuel, Touhnemiue, et la Forêt de M. AueenT Koossel, Enfin, le même M. Roussel a composé récemment utie nouvelle symphonie, d'un style aasez dilTereuL de ses œuvres précédentes (exécutée
aux conceris Pasdeloup, mars 1922), et qui, bti'n que (ou parce que diversement accueillie, semble cire d'une grande valeur.
Ci. Cette nouvelle manière s'aflirme dans son Quatuor à cordes; on citera, du même genre, les Symphonies pour petit orchestre de M. Da-
IIIDS MiLHAUD.
7. Depuis que ces lignes furent écrites, des œuvres nouvelles de M. Fauré nous furent révélées, pour notre plus grande joie; notamment son Second quintette et son Trio,
TECHNIQUE, ESTflÉTIQVE ET FÉnACOGIE
les « jeunes »', les Sonatines de M. M. Emmani'kl, le Quintette de M. le Flkm; celui, si puissant, de Al. KlonENT ScHMiTT et Sa Sonate libre pour piano et violon; le Otiiituor à cordes de M. Ho(inn Dih.asse; cens de M. Cil. Kœchlin; le Sepinor (pour instruments il archets, et trois voix de femmes) de M. \. Caim.kt; le Quintette en une seule partie, de M. .)kan Hl'kk, et ses Sonates de violoncelle... Parfois, on y remarque une nouveauté dans le plan, une indépendance de développement qui correspond aux lindances analogues des poèmes symplionlques. — Tout dernièrement enlin, Ton vit un curieux retour au passé dans les Sonates de Claide Derussy. II avait pensé que la sapesse et le sens des justes proportions nous devaient ramener à des voies anciennes. Les ravissants Trios de Rameau, les Pièces de clarecin si parfaites de Coul'EBiN le firand, l'avaient persuadé que plaire à d'excellents amateurs (sans d'ailleurs s'abaisser à nulle concession), les divertir noblement par des œuvres aux sOnorilés séduisantes, de dimensions restreintes et d'ambition modeste'-, n'était point chose contraire à la dignité du musicien. Il revenait en quelque sorte à l'esthétique du sviii" siècle, mais avec un art plus souple, élargi de toutes les conquêtes des temps modernes et surtout de l'expansion libre qu'avait gajjuée ta phrase musicale. Cette tendance d'ailleurs n'est autre que celle de M. Ravel en son Quattior à cordes, — ou bien encore du Trio pour violon, alto et violoncelle,de M . Roland Manuel, et de la Sonate pour de ua: liâtes seules, de .M. Ch. Kieciilin. Dehussy niouiut avant d'avoir achevé la série de ces hommages aux clavecinistes d'autiefois : on doit espérer que, visant au même but, conçues dans les mêmes pensées, d'autres sonates seront écrites... L'amplitude d'un genre qui s'étend du iléveloppenient le plus vaste et le plus sonore {IJnintette de M. Schmitï) jusqu'à la mesure la plus discrète (Sonate pour alto, faite et liarpc, de Claude Deiussy) comporte une grande variété : en pareil cas nous n'avons à conseiller aucun parti ; chacun réalisera, si possible, ce qu'il aimera le mieux, à charge d'avoir « quelque chose en soi <> et de se montrer toujours un bon musicien^.
3. Poèmes symphoniques. — Pareille indépendance, avons-nous dit, se voit dans l'art orchestral, de la plus lonf^ue à la plus courte des symphonies, de la forme régulière en quatre morceaux traditionnels à la suite descriptive issue de Berlioz. Innombrables, les poèmes symphoniques sont une des gloires de notre Ecole moderne. Une œuvre telle que le Vrélitde à l'après-midi d'un Faune est aussi bienfaisante à l'homme, elle n'apporte pas moins de vie nouvelle à 'a musique, à la poésie, au rêve; elle ne crée pas moins de bonheur sur la terre que mainte illustre symphonie. On ne cessera d'en aimer la spontanéité
1. Certainsil'entpe eux ont passé la quarantaine, voire la cinquantaine. Mai», dans la musique, pour le public on reste longleuips -«un jeune " ; tel Edouard I.ai.u, encre peu connu de la masse lors de la première repréïeutrtlion rlu Itui (/ l'-v...
2. On sait d'ailleurs combien elles sont difGcilcs à réaliser.
ii. Eu ces doruicrs temps, la féi-oadite de notre jeune école semble s'ètro aocrue encore: il nous est impossible de citer toutes les œuvres récemment parues. Beaucoup sont intéressantes ; ((uelques-unes tout à fait belles. .M. Autucr HoNtcoEr: doit-il figurer au nombre des Français ou des Suisses? C'e^t un .. déraciné ", qui naquit au Ilavro et fil ses études musicales en France ; toutefois, â certains signes on discerne son origine helvétique. Gomme son confrère du groupe des flix, M. 'Ua- Bics MiLHAUD, il écrit abondiimmeut, et parait l'un des plus appréciés, parmi tous ces jeunes musiciens. On connaît de lui plusieurs sonates, saus parler de tout ce qu'il composa déjà pour l'orchestre, — bagage imposant... ûc M. ûahids Mu.haud, citousla Sonate pour deux violons
merveilleu.se, celle des cn'ation'i dont le plan ne s'impose jamais au détriment de la pensée musicale.
On entend bien que nous n'avons pas ht prétention de citer tous les poèmes symphoniques de quelque valeur; mais, le parcourant, on mesure la (grandeur et la richesse de ce domaine où l'on rencontre Lénore de M. hi'i'ARC, le Soir de f'éte de Chausson, Isliir, Saicçfeflivri'', le .Jour d'i'té â la monlaiinc, le l'oème des Uivai/cs de M. d'Indv; VHynine à Vénus, {'Hymne à la justice d'ALiiÉiiic Magnard; la l'roccssion nocturne de M. IIabaud, les Koeturnes, Jbéria, les Rondes de printemps de Claude Debussy; la Hliapsùdie espagnole de M. Ravel, l'Etude pour le Palais hanté de M. Florent ScHiMiTT, etc. '•.
4. Ballets symphoniques. — Les Ballets russes nous ont révélé un ait nouveau : celui d'une choréf,'raphie imaginée sur des morceaux écrits d'abord pour le seul orchestre, sans que le musicien ait songé à une adaptation plastique. Cette hiirdiesse lut blâmée; il fallait s'y attendre. A la Shéhérazade de Rimsky-Kor- SAKOPI--, M. Michel Fokiiie avait combiné un scénario totalement dillérentdu pro;,'ramme initial. Mais quoi'? La musique, si précise en matière de sentiments, peut s'adapter à des visions diverses. En définitive, ce spectacle ne choquait en rien le sens intime résultant de l'expression musicale-'; on ne peut guère exiger davantage. Quoi qu'il en soit, depuis ces tentatives .si réussies, le ballet syniphnniriue a reçu le droit de vivre : ce n'est pas moins qu'une sorte de révolulion. Songez à l'esclavage auquel se voyait contraint un musicien de ballet : on lui demandait une danse de tel caractère, pour telle ballerine; il lui fallait ajouter ou supprimer des mesures au gré du metteur en scène, au hasard du caprice souverain des interprètes. Aujourd'hui les compositeurs sont délivrés de cette sujétion, lorsqu'ils ont l'heur de rencontrer un maître de ballet qui soi! un artiste. — Certes, dans le même temps que les spectacles des Russes, les « concerts de danse )>, les innovations si cuTieuses de M. Jacques Dalcroze, les trouvailles de M""" Isadora Doncan sont venus fortifier la confiance de nos jeunes, et nous ponvons espérer beaucoup. On a vu le succès de Daphniset C/i/ot"" au théâtre des Champs-Elysées; à. l'Oipéra, on applaudit Adélaïde ou le lanr/arfe des fleurs' et la Trui/édie de Snlomé' ; au théâtre des Arts, on admira l'ingéniosité de la mise en scène du Festin de l'Araignée'. Les Ballets suédois nous donnèrent El Greco, de M. Lnghelhrecht, l'Homme et son désir, de M. Darius Miliiaud, le Tombeau de Couperin, de M. Ravel. On nous promet nn charmant ballet de Paul Martineau, mort tout jeune il y a quelques années, et de qui l'avenir s'annonçait exceptionnellement brillant. Enfin, des poèmes symphoniques tels que la Nuit de W'iilpiirgis classi'iue'" suggèrent tout natorelleraent l'évocation visible que
f-t piano, celle pour piano. Pi>l'', inuttboia rt clariiipttr, cinq Quatuors a cordes, etc. De M. G. iMii;ur. des Pii'ces en quatuor, un Quintette pour piano et cordes, elc. De M. K. Poulenc, les Sonates pour deux clarinettes, pour clarinette et basson, etc.
4. Nous avons cité plus haut V Apprenti sorcier; est-il besoin de rappeler les poèmes syn)phi>nlques de Saint-Sarns, et ceiii de Cksak FnAXGK (les Eolides, le C/tasscur nuoidit. Psyché)'!
.ï. On peut môme affirmer que l'icuvra gagnait infiniment à cette :idaplation plastique. Au conierl. avec toutes se- redites, elle tinit par sembler interminable. Au contraire, avec les danseurs russes, on ne s'ennuyait pas une minute.
ti-T. iM. Ravul.