‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 3)Chapitre 42 sur 330 · n'avait pas que celui-là, nous l'avons déjà spéciBë · texte numérisé non relu

n'avait pas que celui-là, nous l'avons déjà spéciBë

3. Vojvz notamment, dans Une Education manquêe^ l^Pastorale du début, l'air bouffe de Pausanias, etc.

4. Les représentations d\i lioi malgré /uifi888) furent interrompues en plein succès par l'incendie de l'Opéra-Comique : il n'a pas encore été repris !

5. Nous ne dirons pas que l'humour date des temps modernes, car

la pièce n'eut aucun succès. Cet opér'a-comique trop ignoré, le Roi inalyrè lui'', ne nous semble pas moins qu'un chef-d'œuvre, unissant la grâce, la sensibilité discrète de l'Ile-de-France à la boulTonnerie la plus cordialeraetit énorme. Souvent l'on méconnaît CiiAliniER, mais il nous reste un espoir : des jeunes le comprennent; il montre aux générations futures la voie de l'humour musical.

Car, en musique, riiuinour'' existe bel et bien. Si de simples chansons du xviu" siècle montrent déjà les germes de l'esprit nouveau, que penser des pièces si achevées, si précises, si u pince-sans-rire », de M. lUvEL'.' On connaît ces parfaites H'tstoifes nalurelleit où, respectueux de Jules Uenard et si classique luimême, le mus'ic'ien de ï'tleureespugnote se plut à nous convaincre que la musique existe où le vugaire ne s'aviserait point de l'y soupçonner. Il s'est donné la peine de traduire avec conscience et dans son meilleur langage de musicien, ces proses humoristiques : tel le fldéie scrupule qu'un Fauriî, qu'un Drbussy gardait à respecter l'âme de Verlaine ou d'Albert Samain. — Plus boull'e, évidemment, VHewe espaijnole : mais quelles trouvailles pour souligner les attitudes avantageuses du muletier si bon enfant, et le cabotinage pathétique de Gonzalve, littérateur dont l'insupportable emphase se traduit, musicalement, en des mélodies de « ténor toulousain » ! Tout cela est à la fois très nouveau, très personnel et très classiqite'^.

Que les temps sont changés! On aime, on respecte rartdesCourteline,desTrislan Bernard, des Alphonse

Allais. Il nous répugne de rire aux malheurs véritables des belles-mères et des maris trompés; on se dégoûte (enfin!) de ce que la « vieille gaieté gauloise» otFre de grossièrement scatologique et de puérilement superficiel (les clystères de M. de Pourceaugnac ne nous l'ont plus rire). Notre époque a compris r/i»TOO!»" et ce qu'il y a de réconfortant dans cette façon de railler, amère peut-être en certains jours, — fierté d'àmes un peu déçues de la vie et qui ne veulent pas condescendre à pleurer. L'humour est une revanche sur les imbéciles et sur les malfaiteurs; l'humoriste est presque toujours un être sensible, et qui a souffert. En ce comique discret, qu'on devine et qui ne se livre point, il y a quelque chose d'infiniment distingué : c'est bien de l'art, et même à l'occasion du grand art. — Parfois l'on discerne malaisément s'il s'agit d'une farce, gaie après tout, ou bien si cette farce ne couvre point, sous les grimaces apparentes du clown, une mélancolie profonde. Dans une lécente conférence, M. Jean Cocteau rappelait que Parade, le ballet fort discuté (et d'ailleurs si plein de talent) do M. Erik Satie ne constituait nullement une farce, mais qu'il avait pour intention de traduire la tristesse des fêtes foraines '• Des auditeurs de bonne foi s'y étaient trompés; mais la Fête des Invalides ou celle de Neuilly parait joyeuse ou lugubre suivant les natures. Ainsi les mystérieuses frontières de ce Royaume du comique touchent d'un côté à la « délectation morose » des

il ne faut pas oublier. Socrate, Lucien, Voltaire, Swift, Dickens. Mais en notre siècle, il triomphe...

6. On trouverait également dans le Miirouf de M. Henri Radaoti plus d'une intention comique heureusement réalisée (« 6 Mài^ouf, o pauvre! » et maint passade du rolc du Vi/.ir, etc.). Le succès très mérité de cet opéra-comique nous dispense d'insister, car nous supposons que le lecteur le connaît bien. Euûn, plus récemment {et depuis que fut écrite celle Etmle), le Trianon-Liffique areprése-nté (1922) un opéra boulVc de M. Roland Manlel : Isabelle et Pantalon, ou s'affirment de précieuses qualités; sorte de résurrection de l'ancienne comédie italienne, en un langage moderne.

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