en est de môme des Cocardes de M. Francis Pûolenc
EXr.yCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIU.VNAIHE DU CO.XSEnVAroiRE
théologiens, de l'autre, à l'angoisse que l'on pressent derrière le rideau.
L'humour d'ailleurs peut n'être que spirituel, sans arrière-goùt d'amertume : tels, Scaramoiiche et Pulctnella, ou VHommage à S. Pickwick, csquire, de Claude Debussy'. Ne nous donnons pas le ridicule, en nous efforçant d'analyser trop minutieusement, de découvrir une philosophie pessimiste derrière chacun de ces divertissements. Que l'on goûte ou non /<?s Mariés de la Tour Eiffel (représentés en 1921 au.x Ballets Suédois), il convient de prendre cette œuvre pour ce qu'en effet elle parait. Ecrite en marge d'un texte de M. Jean Cocteau, par quelques-uns de ces jeunes musiciens connus dans le monde sous le nom global des Six, elle affirme une sorte de comique volontairement chargé-. Ce ne fut d'ailleurs qu'une improvisation hâtive à laquelle ses auteurs eux-mêmes n'attachent pas une très grande importance. — Plus Caractéristique, plus réfléchi, plus prémédité est le Bœuf sur le loit de M. Darius Milhaud (Théâtre des Champs-Elysées, 1920). On pourrait dire qu'ici l'effet résulte du contraste, de la surprise : une musique assez vive commente des gestes extrêmement lents. U y a dans cette conception une certaine parenté avec Vabsurde voulu des clowns. iNous persislons k croire que la logique vaut mieux : l'humour n'en acquiert que davantage de force (voyez Alphonse Allais, M. Tristan Bernard, et M. Pierre Veber en ses premières œuvres : Vous m'en direz tunt, l'Innocente du logis, etc.).
Enfin, si le Prolée de M. Milhaud rentre dans la catégorie des œuvres comiques, on n'osera pas en dire autant de son Catalogue de machines agricoles ni de son Catalogue de fleurs. Car le musicien se défend énergiquement d'y avoir voulu faire rire : avis aux imprudents qui comprendraient de travers. Ce sont plutôt des manières de « pastorales modernes », rehaussées du cliquetage propre à la motoculture. Et si quelque jour M. Miluaud s'avise, pour une nouvelle œuvre, de garder son décor en supprimant la « main-d'œuvre à moteur », peut-être, dans l'intervalle, son inspiration d'aujourd'luii lui aura-t-elle procuré l'occasion d'imaginer des rythmes et des harmonies nouvelles : en somme, d'élargir le champ de son art. i\e crions pas à la profanation, ainsi qu'on le fit naguère pour Nupoii et pour le dernier tableau de la Vie du poète, de M. Gustave Charpentier. Le domaine de la musique est si vaste! il s'étend bien au delà de ce qu'on suppose en général. Mais répétons avec confiance la parole du vieil Arkel : « Il n'y a peut-être pas d'événements inutiles. »