Moins généreux toutefois qu'aux Ktats-Unis
îj, La haine de Waiineix n'a rien à voir .avec les critiques d'ensemble .que nous avons pu formuler plus haut, sur le procédé ou le développement de telles scènes wagnérienncs. On a le droit, le devoir île garder l'équilibre entre l'idolâtrie aveugle et l'ignorance méchante.
G. A la suite de Beih.ioz, de Revkh, de (uiunod, de M. A. Riuineau.
7. Nous ne le regrettons pas lorsque le directeur de l'entreprise est lui-même un ami de la musique. Tel M. Sandiikiu:, qui ressuscitâtes Concerts Pasdcloup avec le concours de .M. Rhkné Uaton.
8. C'est le titre qu'a donné M. Dki. orange à la série de concerts qu'il dirigea salle Gaveau en 1919 et 19:i0.
TECH.MijVE, ESTÏiÉTIQVE ET PÊDAGOdlE
ignorants des choses de la musique. Lorsqu'il s'agit naguère de décorer Debussy, je ne sais quel haut personnage demanda à M. Biuineali : » Mais enfin, ce Deiu'ssy, a-t-il du talent? » (sic). — Quelque docteur Pangloss poui-rait soutenir, non sans logique, et Lien que cela semble paradoxal h. première vue, qu'il n'en va pas plus mal dans l'empire des Arls. Isoléet la musique reste libre. Kn Allemagne, où le contact est plus intime des compositeurs et du public (d'ailleurs étroilemenl attaché aux maîtres d'aulrefois), on a pu voir une étrange stagnation malgré la fantaisie et le talent souvent audacieux de M. Hichard Strauss; à Vienne, M. Schoeniserg fut violemment discuté, admis seulement d'un petit cercle de fanatiques réunis en « Société Schoenheug ». Kn France, l'arlisle ne doit compter, le plus souvent, que sur lui : il écrit pour soi-jncine, public; hâve, besogneux; mais comme au loup de la fable, la grande forêt lui est ouverte. 11 erre à Taventure, au gré de son inspiration vagabonde, dans les taillis et dans les clairières; il ne craint pas le <( qu'en dira-t-on », puisque son oeuvre est incoimue et qu'on ne dira rien. Mais la vie du loup est hasardeuse et parfois sa race vient h s'éîeindre. En soi, risolement^ n'est pas mauvais; seulement, il y a des limites, et celles-ci dépendent des conditions de vie matérielle olferte par la société. L'artiste ne peut guère compter sui- l'appui des édi-
l. Cette conception nous paraiL assez modci-iie (u roni anliinie... », «te l'artiste isolé, ré\ ollé, rêveur épris d'une beaulc tijystif|iie, loin du inonde et des (lonimes (ce qui ne veut pas dire luiii de la vie inlérieure ei de la sensiliilitê). D'ailleurs il ne faut pas e\;igùrcr : de tout temps il y eut des précurseurs, des indépendants. Euripide se vit incompris, et Montaic^nc écrivait: n Souvienne vous de celtuy, à qui comme on tlemandast, â quoi ("aiie il se peinoil si fort en un art qui ne pouvojt venir en la cognoissauce de guères de gens : J'en ny assez de peu, lespondict-il ; j'en ay assez d'un, j'en ;iy assez de pas un 1 » Le plus libre de^ artistes modernes ne parlerait pas avec plus d'énergie. — L'art collerlif en communion avec la roule, fut possibh; aux époques oii la « foule " était cultivée, ou du moins instinctivement artiste. fJ'où^ clici les Cirées, ces œuvres sociales qui célébraient les dieux et la Cilé; au moyen âge, le chant grégorien et les cathédr;iles qui clamaient la prier'- de tous. Puis l'art devint niondaiti et ce fut une sujétion. Enlin, Vindividu reprit ses droits, avec le lyrisme de la poésie et de la musique modernes. Mais voici que, de nos jours, il semble que nous assistions à certaine évolution contraire. Les tout JRUues compositeurs sont [itus sociaux que leurs devanciers. A l'inverse de Claude Debussy, de M. Falké, de HL Kwel. on dirait qu'ils prennent plaisir à se rapprocher du monde ambiant (ou du moins, de ce que le monde offre d'extérieur, d immédiatement visible), dans leur amour du Cirque, du Cinématographe et des Danses; — cela ne va point sans un certain mépris de la •< distinction » (pourtant si naturelle et sï belle en Pellias ou dans Pénélope) ; et l'état d'esprit de quelques nouveaux venus dans la carrière musicale paraît s'accommoder sans trop de peine de La vulgarité, de l'égoïsme, de la sécheresse de la société qui les entoure. Si l'on en croit de récentes interviews, certains de nos cadets estiment que l'art doit s'inspirer de la vie n moderne «. 111e peut, certes, car l'artiste est libre du choix de ses suji-ts. Et s'il lui plait, ainsi qu'à M. Strawinskv, de peindre en son langage le spectacle d'un fox-trot, d'évoquer l'agitation rythmique et violente de ces danses, l'atmosphère spéciale de ces réunions, on ne doit considérer <]ue la valeur musicale du résultat : chez le jeune musicien russe, on peut être assuré qu'elle n'est jamins ineiislante. Il réalise ainsi des tableaux d'histoire contemporaine, comme en brossa Toulouse-Lautrec (celui-ci, d'ailleurs, avec une sobriété bien plus grande; mais chacun garde sa manière).
L'artiste /JPHÏ s'inspirer de la « vie moderne •> ; qu'il \e doive, c'est une autre afTairc. II s'en faut d'ailleurs que cette vie moderne ne soit faite que de la brutalité des daiicings et de l'agitation cinématographique. N'atticlions pas à des « contingences » un r.-spcct exclusif. Nous retrouverions ici les théories un peu désuètes de M. Biu'.nkau et de M, Charpentier : costumes modernes, langage usuel... On croit de la sorte parvenir à davantage de vérité : c'est probablement une erreur. La vérité est chose plus profonde ; la vie musicale est surtout faite de sentiments et de beauté, 11 n'y a proprement aucun avantage, et dans tous les cas aucune nécessité pour un artiste, à être « de son temps » par des moyens qui s'inspirent des •< merveilles de l'industrie moderne » ou des manifestations bruyantes de la Foire sur la place. On trouve autant de vérité, d'humanité, de cœur et de vie réelle dans Pelléas (légendaire), dans Pénélope (antique), dans Boris Go. dounoff (historique) que dans n'importe quel drame contemporain,
teurs, lesquels, saufde rares exceptions, ne viennenten aide qu'à la notoriété (et encore, pas toujours); iln'a pas de soutiens. Les riches Mécènes ont disparu de la vieille Kurope; on ne verra plus le miracle antique, et dans notre civilisation béotienne imaginerait-on jamais un Périclès confiant au génie d'un Phidias ^ le soin d'immortaliser la Ville'? Aucun président de la Képublique saurait-il accueillir un Léonard de Vinci avec i'afl'ectueuse bonne grâce et la délicate générosité d'un François !•'''? Qu'on nous excuse d'en venir à quelques détails précis : ils ne sont pas inutiles. Pour faire vivre les siens, un artiste pauvre* n'a pas à compter sur ses propres œuvres, 11 donnera des leçons, — s'il en trouve ; — usera ses yeux à des copies musicales, se gâtera la main par des orchestrations tle fox-trot, ou bien jouera chaque soir en des cinémas ou des dancinijs; puis rentrera, harassé, l'oreille encore pleine des fausses notes de ses élèves ou des rythmes vulgaires auxquels lui-môme a di"ï participer. Pour résister à ce genre de vie, pour être capable d'affirmer sa personnalité malgré tout, il ne faut pas moins qu'une santé de fer, une inspiration triomphante. Très rares sont, à l'heure actuelle, les musiciens tout h. fait pauvres dont la Muse n'a pas été réduite au silence par cet esclavage journalier. — On peut reprocher bien des choses au « régime capitaliste )' : sur l'intelligence et sur la morale, les ré-
Lonise ou le liéve. (D'ailleui-s, M. Daiiiiis Milmaid écrivit les Choéphores, Protée et YEnfant Prodii/ue.) On peut s'amuser à peindre musicalement une course d'automobiles, un atelier d'usine, un film de cinéma. Mais ou aurait aus.si bien le droit A>; penser aux êtres humains véritables qui peuplent ces usines, te que nos mondains négligent de faire.
Et sans doute il fut excellent que Manel revint à la vie familière, laissant l'artificielle antiquité de IKcole des Beaux Arts, ou le tableau d'histoiie tlu concours de Rome. Le peintre eut raison d'abandonner une tradition morte et lie ne pas s'em-ombrcr de thcorici a priori : mais Debussy et M. Fauiié, avec une inspiration toute différente, partirent du même principe de liberté. Le fâcheux serait *ie poser en principe que telle sorte d'art fût nécessaire, que tels sujets fussent mauvais, daulros excellents... On cherche la vérité; on se iîgure la trouver où elle n'est point. L'artiste doit, a\'ant tout, créer delà beauté; s'il ne croit pas la rencontrer dans ce qui l'entoui-e, il a le droit, le devoir de s'évader en d'autres temps, en d'autres lieux. Peu importe qu'il évoque un rôve : ce rêve sera vrai s'il traduit le sentiment secret du poète, car ce sentiment est chose vivante. Alors il sera beau. Inversement, s'il est beau, il est vrai. Au contraire, une description i.i bien moderne », mais superficielle et artificielle, n'offrira qu'une vérité relative et passagère, — en définitive, inexistante.
Mais la « vie contemporaine » agit à sa façon sur ces jeunes [les Six), comme aussi sur M, Strawinskv, même lorsqu'ils ne s'efTorcent point de la traduire directement. Et certes il faut bien se rappeler que ces divertissements mondains ne sont point toute la vie; pendant que certains » s'étourdissent n, d'autres êtres Iiumains continuent de penser, de lire, d'aimer, de souffrir ou d'être heureux; la famille, les paysages, les rêves, les nostalgies, tout cela n'a pas cessé d'exister. Mais une agitation fiévreuse, depuis l'usage du téléphone, du Métropolitain et des automobiles, gagne les rythmes et les mouvements musicaux de toute une partie de la jeune école. Elle s'aggrave des circonstances présentes : une Foule qui veut à tout prix s'amuser et jouir. Il faudra beaucoup de génie à nos musiciens pour en muer la laideur en beauté véritable. La chose n'est pas impossible, on entrevoit sa réalisation rraprès certains essais de M, Strawiiisky. Peut-être sera-t-elle l'œuvre d'un humoriste amer, d'une âme avide de poésie, — comme celle de Flaubert, qui sut à la fois traduire sa nostalgie de la beauté morte dans Salammbô, sa hantise du mystère dans la Tentation de saint Antoine, son dégoût du monde ambiant, par M"*« Booary et Bouvard et Pécuchet, (Jui sera notre Flaubert de la musique?
2, Les édiles modernes ne savent qu'enlaidir les squares et les places en commandant de ridicules monuments funéraires à des sculpteurs officiels, mais presque toujours médiocres.
3. Un commerçant [vi) a. cinquante francs pièce, pour solde de tous comptes, i:hai\ae admirable mélodie d'un de nos très grands musiciens (et les autres éditeurs n'en voulaient point du tout). Aujourd'hui, heureux parfois ceux qui trouvent à céder « au pair i> — c'est-à-dire moyennant le seul prix, payé par l'éditeur, des frais de gravure et d'impression, la propriété complète et définitive d'une Symphonie, y compris le droit d'arrangement pour cornet à piston ou pour orgue de barbarie, y compris même celui d'ajouter des paroles au choix du propriétaire sans scrupule, et de changer le titre (sicj.
ENCVCLOPÈnrE DE LA MlSKjL'E ET UICTIO.WAIHE DU COSSERVATOIIŒ
sultats de la couine n l'argent sont déplorables. Mais en aUeJidaiit une réforme logique de la société, respe«taeuse de la science et de l'art, un bien de famille même modeste a permis que certains musiciens pussent consacrer leur existence à de belles oeuvres. il est d'ailleurs absurde de supposer qu'un artiste, parce que libre de son temps, ne travaillera point : erreur d'espiits médiocres et ne produisant que pour vendre: mais l'artiste véritable écrit par la volonté du démon intérieur. Sans l'obligation de gagner leur vie, Berlioz ou M. Faihé n'en eussent composé que davantage de cliel's-d'œuvre ; et Magnard, Chausson, M. d'Indy, Déodat de Séverac, M. Roussel, ne furent pas moins actifs, n'étant pas talonnés par le besoin matériel. Il est bon de combattre la fausseté d'un lieu commun redoutable. — Mais aujourd'hui l'on envisage un avenir (utopique? qui sait?...) où l'argent peut-être n'existera plus sous sa forme présente. Ne craignons pas cette évolution, s'il en résulte pour les hommes davantage de justice, de paix et de fraternité, — moins de « spéculation», de luxe démoralisateur, de paresse et de mercantis. Seulement, ce jour-là, il faudia que les nouveaux bergers sachent laien le crimf qu'il y aurait à causer la mort de l'esprit et de la beauté. A tout prendre, ce sont les seules forces profondes, les seuls éléments salutaires, le seul but de la vie terrestre'. Qu'on otfre alors aux artistes véritables- de vivre du produit de leurs œuvres — (ce qu'aujourd'hui leur refuse trop souvent). Non que nous estimions qu'une u'uvre doive se vendre : c'est un principe contraire à l'art, un germe de corruption el d'immoralité^ Mais on peut imaginer un Etal propriétaire de cette richesse morale et tangible que sont les tableaux, les poèmes ou les symphonies, — moyennant la charge de fournir le nécessaire' à ceux dont la fonction sociale est de créer. L'Etat ne ferait peut-être pas une mauvaise allaii'e, et l'on conviendrait de laisserlibres de traiter avec des particuliers, de gré à gré, ceux que tenterait l'espoir d'acquérir le « superflu ». Mais l'on ne verrait plus jamais un César Franck réduit à ne composer que pendant « les vacances », et d'autres musiciens laisser tarir la source divine par impossibilité d'écrire après la fatigue d'un épuisant labeur. Les futurs réformateurs savent-ils le rôle de l'art dans l'humaniJé"? Nous l'espérons sincèrement. Et s'ils ne sont point égarés par des théories trop rigoureusement égalitaires, ils comprendront même que l'artiste ait besoin de beaucoup de temps. Sans doute pouira-t-il (si la force physique le lui permet) se livrer à des métiers manuels : ceux de la campagne seront tou. jours les meilleurs; dans une atmosphère bienfai-
1. ijf. la phrase si jiiate de Henri Poincjiré sur l'utiliU^ des niaihines (le l'industrie et du conToi't : « Permettre à l'honime de g:tgrier liu temps pour Iravailler d:tv;int:ige a la vie de l'esprit. ■>
2. Et e'est In pierre d'achoppement. C<iniment reconnaître les »< artistes véritables " '? A leurs mivres ; muis eelles-ci, lorsque geni;dfls, seront trop souvent iiieoni prises, même (et surtout) «les jurys chargés de les exaiuiner. Wayanl ^las le loisir d'^'Crire ici un eours d'économie sociale an sujet de l'art et des artistes, nous ne pouvons cnti'erdans le détail des solutions qui s'oll'ren ta notre esprit. — Maisil estcert:iin qu'il y a beaucoup trop d'.iiMistes médioi'res. sans personnalité, et dont la mulUfruide encombre les voies... Pen'l-étre eonviendrait-il d'i'\iger des musiciens une très complète et Ires st'ire technique; il resterait aux armateurs -de génie, incultes mais illuminés de l'étincelle divine, pi pessonrce de composer d'admirables chansons popidaires comme le firent jadis de siini.les paysans bretons. EL cela vaudrait mieui que la domi-soience de tant de iion-valeiirs.
3. il coidienl en soi toutes les concessions, tous les avilissements, toutes les formules.
4. Je sais bien qu'on erfjotera sur le sens de ce mot : nrcesmiire..- 11 n'est pas dans tiotre rôle d'entamer une discussion à ce sujet ; mais ou peut supposer que certaines choses matérielles de première nêces-
santé ils permettent de réiléchir : on peut, « lahUre^ cultiver son jardin et dans le même temps penser à bien des choses. Mais il ne faudrait point s'aviser de croire que ce travail matériel JiU former le fond de l'existence, l'art venant en surplus : par exem[ile, comme l'écrivait M. Homain Rolland, pendant deux heures chaque jour. H se peut bien que cela suffise au littérateur; mais la technique musicale, et la seule besogne matérielle (copie, orchestration, « parties » à corriger), est considérable : sans compter tout ce qu'il faut de rêverie tranquille pour que, du subconscient, les idées émergent à la surface du cerveau. N'importe : on peut croire que de grands eiïorts seront tentés en faveur de l'art, et dans certains milieux qui ne sont pas précisément ceux des « bourgeois ». Déjà un apôtre admirable s'y consacre, M. Albiîht-Doyen, chef de la chorale populaire qui, le 24 avril 1920, au 'l'rocadéro, chanta /»«/' cn'ur le final de la Neuvième Symphonie-' : l'approbation, l'appui de la C. G. T., sont du meilleur augure. De jeunes professeurs, les « Compagnons de l'Université », promettent de réserver à la musique (s'ils obtiennent gain de cause) la place qui lui revient dans l'éducation. C'en sera fait, dés lors, de cette conception si fausse des milieux mondains : « art d'agrément... » Certains esprits ont saisi la nécessité profonde de cit grand art. L'équilibre national ne se réalisera que par l'élévation du peuple, sa culture, et la part de bonheur (matériel, mais surtout intellectuel et moral] qu'on lui pourra donner. Les réformes sociales sont inséparables de cette éducation des individus. Or, elle ne se réalisera que par le Beau, car il reste lié pour toujours au sentiment, à la bonté, à l'amour, bases vérilables du progrès''. Et c'est pourquoi, la Musique,, vivant de la sensibilité la plus aimante, est le premier éducateur des masses. Le jour où l'on aura compris son importance souveraine, ne fût-ce que pour développer le sens de la discipline librement consentie, l'union vers le plus noble but, la solidarilé, — un grand pas sera fait, le plus grand peutêtre depuis la Grèce antique. Quanta l'action bienfaisante et moralisatrice de la Beauté, que l'on veuillebien relire à ce sujet les lignes admirables qu'écrivait récemment M. Maeterlinck'' : nous y avons vu, avec joie, l'expression de notre foi intime, telle que nousne la dirons jamais dans un si beau langage... 11 est scandaleux qu'à l'école on consacre de longues heures à l'étude des guerres et des spoliations réciproques,, et si peu de temps à l'histoire véritablement humaine ; il est absurde de connaître les prosateurs et les poètes, ignorant la marche parallèle des arts; il est profondément regrettable que l'on néglige de faire voir, de
.site ifnonrrituro, confort, propreté) sont les mêmes pour tous les citoyens de contbtion moyenne. L'n peut tre? liien s'en retjdre compte aux Etats-Unis.
5. On regrette que presque toute la presse ail fait le silein^e sur uii' événement artistif|ue si considérable. Aussi avons-nous tenu expressément à reconnaître ici son importance.
6. 11 n'est probablement pas d'eri-eur plus funeste que de tout subordonner à l'.ictiou de Vioterèt immédiat, car Vri/rti.'i/iif supi-rii'ur n'est jamais bien conipris des hommes, s'ils ne sont déjà snflisummuut évolués.
7. u Au fond, lorsqn'oti y songe, tout ce qu'il y a de meilleur «n. nous-mcmes, tout ce qu'H y a de pur, d'heurciix et de limpi<io dantt noire intelligence et dans nos sentiments, pi'end S;i source en quejques beaux spi'etacl'S. Si nous n'avions jamais vu de belles choses, nous. n'aurions que de pauvres et sinistres imagos pour vélir nos idées et nos émotions, qui périraient -de froid et de misère comme colles des aveugles. " {dus Si'iUiers dans la rrtoiilaf/ue. p. 78.) On pourrait généraliser en élargiss.ant le sons du mot ■• spectacle ». Dans le chapitrede .M. Maelerlinct il s'agit a l'origine de la splendeur de la nature, au printemps, dans le midi de la France ; il p:trle ensuite de toute beautévisible j nous y ajouterons celle qu'on onLuud, — celle de la musique.
TECHNIQUE, ESTIIÉriQiE ET PEDAGOGIE
LA MUSIQUE FRANÇAISE l'i".
faire entendri' à ces jeunes honiines qui vont entrer dans la vie, ce qu'il y a de beau dans l'iuinianité : les plus authentiques joyaux de son trésoi'.
D'ailleurs, il ne faudra jamais tenir l'artiste pour un phénomène isolé, pour une exception morbide. Hien de plus faux. Nombreux sont les mlislcs stnis le savoir : tous ceux qui vibrent à l'audition d'une belle symphonie, tous ceux qui s'émeuvent au spectacle d'un marbre pur. L'arl, et particulièrement la musique, a besoin d'un noyau (si petit qu'il soit) d'élèves studieux, de professeurs enseignant la technique à ceux qui ne savent pas encore s'ils seront des génies. On ne s'en aperçoit que plus lard , et Bach ne le devina peut-t^tre jamais. L'autodidacte le mieux doué ne peut vivre sans le terreau fourni par son ambiance.
Que l'on veuille bien ne pas s'étonner de ce déveioppemeut tinal. Ces questions se relient étroitement
à l'avenir, à l'existence même de notre musi([ue française. El celle-ci au cours de cette étude jious parut si belle, si abondante, si digne d'être protégée, (ju'il ne fallait pas moinsquetous ces détails pour exposer nos vues. — iNous négligerons enlinde répondre à ceux qui traitent l'art d'amiisemciil, de divertissement u excentrique >>. De pauvres inconscients souhaitent do le proscrire de leur société basée sur l'intérêt. Mais le jour où celle-ci, moderne Albéric, aura vendu toute sensibilité contre <• un peu d'Or » {que faut-U pour être heureux?), avide seulement de confort, d'or«ueil de luxe, de bien-être animal, elle sera tout piès dosa chute délinitive. Alors on ne verra plus sur la terre que ces machines à manger, dormir et jouir dont se raillait le grand Léonard. Mais à notre sens intime et s'il y a véritablement ([uelque chose de divin dans l'Homme, l'art vivra. Nous ne conclurons pas autrement que sur cette pensée consolante.
Ch. koeciill-v.