‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 3)Chapitre 49 sur 330 · Comœdia, 14 nofembre · texte numérisé non relu

Comœdia, 14 nofembre

3. Igor Strawwskï naquit le 23 mai 1S82 à Oranienbaura et travailla le piano avec un éU-ve de Rdbinstein.

4. Entre 1905 et 1908 une Symphonie en mi bémol majeur, op. 1 ; le Faune et la bergère pour orchestre et mezzo-soprano solo, op. 2 ; Scherzo fantastique pour orchestre (d'après la Vie des abeilles de Maeterlinck, op. Z ; Feuersu-erk pour orchestre, op. 4; Chant funèbre pour orch., op. 5; (^tatre Études pour piano, op. 6 ; des mélodies.

jambent presque jamais; il y a une telle solJicilalion du sujet que StrawinsUy se dérobe chaque fois à lu possibilité de se laisser glisser doucement, sans heurt, d'une composition à l'autre^; la transition n'existe point chez lui. Ce que le débit de sa musique offre souvent de haché et de saccadé, nous le retrouvons dans le mode de succession de ses onivres. Chacune de celles-ci constitue une étape technique et comme chez tous les grands créateurs, cette étape peut cependant être envisagée absolument et donner par elle-même une satisfaction complète en soi; il s'agirait d'une échelle dont chaque échelon posséderait une On propre, indépendamment de la position occupée. Ou plutôt l'œuvre entier de Strawiivskv se développerait comme un éventail : d'un unique point d'atlache, les llèches partent dans des directions toutes différentes, encoie que chacune de celles-ci suppose un déplacement sur la précédente. Appelé d'abord par de précises images scéniques, un style sonore se fait ou se défait, s'épanouit ou s'évide, se renouvelle perpétuellement par un constant émondage des procédés; du théâtre, il passe tel quel dans la musique de chambre, portant en réserve mille détails d'une façon neuve de considérer et d'appréhender la matière harmonique, rythmique ou instrumentale, de sorte que chaque ballet détermine dans l'écriture de Strawinsky — soit qu'il y élimine, soit qu'il y introduise certaines tournures — une progression technique, voire même une révolution dont les effets se répercuteront sur des mélodies, sur des pièces pour piano ou pour quatuor à cordes de la même époque. Ainsi tout l'art de Strawinsky sautet-il à la fois de front : du subtil grésillement de l'Oiseau de feu (1910), il va aux gestes anguleux et sténographiques de Petrouchka (19H); puis, après cette mimique désespérée arrachée à des corps miaulomates, mi-humains, il décrit le bourgeonnement douloureux, le formidable jaillissement végétal du .Sac7-e duprintemps (1913); à ces tableaux de la préhistoire où les êtres restent encore comme agglomérés et n'agissent que collectivement, où des blocs harmoniques s'entrechoquent au gré de rythmes féroces, succèdent ensuite les chinoiseries méticuleuses, la froide étiquette, le glissement objectif du Rossignol (igii)»; enfin, les accents agrestes et la parade foraine du Renard (1917), les recherches formelles qui se distribuent, selon les convenances scéniques, entre l'Histoire du soldat {191H), Pulcinella (1919)' etl'opéra-comique de Mavra (1922). Ce classement chronologique une fois fixé, on saisit d'autant mieux la place par exemple des Poésies de la Lyrique japonaise vis-à-vis du Sacre, celle des Pribaoutki et des Histoires pour enfants entre le Rossignol et le Renard, comment telle pièce pour piano' dérive du style de Pulcinella, ou comment les Syœphonies funèbres pour instruments à vent viennent après l'Histoire du soldat^.

5. Rien de cette lente dégradation par quoi p.i.sse le méJos de ScRiABiNE depuis les premières œuvres au style chopinien jusqu'au l'rom^'tkêe et aui dernières sonates.

fî. Nous ne parlons ici que des dous derniers actes d e cet typéva. qui, modifiés partiellement, formèrent en 1920 le ballet du Citant du rossignol.

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