‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 3)Chapitre 93 sur 330 · On dis.'iit anciennement semi-ton · texte numérisé non relu

On dis.'iit anciennement semi-ton

1. C'est le noml)rc de vibr.itions ilii rorps él.islique qui f.iil le ton ilu son ; il n'y a point tic ton dans un son simple ; un ronp de fusil, un coup de fouet, un coup de canon, produisent des ?ons dilTérent (|ui cependant n'ont aucun ton; il en est de nièm3 de tous les autres

qui la composent et formant l'étendue d'une octave, sept espaces ou intervalles formant cinq Ions et deux demi-tons.

sons qui ne durent qu'un instant, l.e Ion consiste donc dans ].i conliniiilé du même son pendant un certain temps. (Bumun.)

3. ¥.n étudiant 17(i5/oi7'e île la notation musicah', nous verrons que le quart do ton était également usité dans le système de musique dos anciens Grecs.

TECIiyiQUIi, ESTtlÉTfQCE ET PÉDAGOGIE

3. Gamme diatonique. — Ainsi composée, cette gamme s'appelle ;/(imm^ diatonique. L'adjectif t/m^)niqiie dérive des deux mots grecs : dia qui veut dite par et tonos qui signitîe ton. Il indique une succession de sons passant d'un ton à un autre et un système dans lequel les sous procèdent par tons et par demitons'.

4. Gamme chromatique. — Cette manière de succession de sons de la ijainme diatonique, par tons et par demi-tons, n'est pas la seule usitée. 11 en existe une autre, d'où résulte une autre gamme, appelée ijamme chromatique, dont nous allons étudier la formation.

Entre les deux notes conjointes formant l'intervalle d'un ton, on trouve un ton intermédiaire, plus élevé que le premier et plus bas que le second. Ce son intermédiaire divise le ton en deux moitiés formant deux demi-tons, mais n'existe pas entre deux notes formant un demi-ton.

Le son intermédiaire, divisant un ton en deux demi-tons, s'obtient au moyen de signes modilicaleurs du son d'une note et appelés pour celte raison: signes d'altération ou simplement altérations.

5. Signes d'altération. — Fixons un instant notre attention sur ces nouveaux signes, à l'aide desquels nous obtiendrons de nouveaux sons, et nous pourrons transformer la gamme diatonique en gamme chromatique.

L'intonation d'une note peut varier, sans que pour cela son nom soit changé. Une noie, à son état d'intonation primitive, est appelée note naturelle, parce qu'elle se trouve telle que la nature l'a établie (musicalement parlant), c'est-à-dire parce qu'elle a lieu sans aucun signe modificateur placé devant elle.

L'intonation d'une note naturelle peut être haussée ou abaissée.

Les diverses modifications que l'on peut apporter à une note naturelle prennent le nom d'altérations.

Le mot altération est un dérivé du mot latin aller, qui signifie autre. L'altération place, en ell'et, une note à un autre état que celui dans lequel elle se trouvait primitivement.

On appelle note altérée, celle dont l'inlonalioii primitive a été modifiée.

On indique lesditférentes altérations modificatrices de l'intonation d'une note, par des signes d'altérations appelés : dièse, bémol, double-diése, doublebémol.

Le dièse. ■ — Le dièse hausse d'un demi-ton l'intonation de la note devant laquelle il est placé. On le représente par ce signe : S.

Diéser une note consiste à placer un dièse devant elle. Cette note est alors qualifiée de note diésée. Ex. :

Sol naturel

Sol dièse

Le bèmoI. — Le bémol, placé avanl une note, abaisse d'un demi-ton l'intonation de cette note. 11 s'indique par ce signe : ji.

1. Afin d'éviter toute confusion dans les divers emplois du mol ton, quelques théoriciens on fait usage du mot diaton, pour désigner l'intcrvaUe entre deuv notes conjointes. Le demi-ton fut appelé par eui 3'nni-diaton eu demi-diaton.

Dêmoliscr une note consiste à l'armer d'un bémol. Cette note prend alors le nom de note bémolisée. Ex. :

Sol naturel

Sol bémol

Le double dièse, ainsi figuré : ï# ou x, hausse l'intonation de la note devant laquelle il .est placé le double de celle déjà diésée, c'est-à-dire de deux demitons :

Sol jP naturel

Sol dièse

dou

Se ble

dièse

-W © ë« ^>Ki

«J 1 un

ton II un

ton

Le double bémol, représenté par ce signe : [,[,, abaisse l'intonation d'une note le double de celle déjà bémolisée, c'est-à-dire de deux demi-tons. Ex.":

Sol double bémol

I un V2 *■"" Il "11 '''2 tun I

Le double dièse hausse et le double bémol abaisse l'intonation d'une note de deux demi-ton^ et non pas d'un ton, comme on le dit parfois à tort.

Deux sons, formant l'espace d'un ton, doivent porter deux noms différents : ut et ré, fa et sol, sol et la forment des tons.

Dans deux sons séparés par deux demi-tons au moyen du double dièse ou du double bémol, le second de ces sons ne pourrait former un ton avec le premier, puisqu'il porte le même nom que lui : sol naturel et sol double dièse forment deux demi-tons; sol naturel et sol double bémol forment également deux demi-tons, mais ne pourraient former un ton. (Voyez les deux exemples précédents.)

D'autre part le double dièse et le double bémol sont usités devant une note primitivement alfectée d'un seul dièse ou d'un seul bémol, et modifient l'intonation de celle note déjà altérée dans la proportion d'un second demi-ton.

11 serait donc plus exact de définir ainsi le double dièse et le double bémol.

l'^Le double dièse hausse d'un demi-ton une note déjà diésée.

2" Le double bémol abaisse d'un demi-ton une note déjà bémolisée.

Le dièse et le double dièse, haussant l'intonation d'une note, sont appelés altérations ascendantes ou supérieures.

Au contraire, le bémol et le double bémol, abaissant l'intonation d'une note, prennent le nom d'altérations descendantes ou inférieures.

Après avoir pris attentivement connaissance de tout ce qui vient d'être dit relativement aux signes d'altération, on reconnaîtra sans peine qu'ils doivent être classés dans la catégorie des sirjnes d'intonation, c'est-à-dire des signes se rapportant à l'intonation.

Une note altérée conserve malgré cela son nom primitif. On ajoute simplement au nom de cette note le nom de l'altération qui modifie son intonation. On dit par exemple : sol naturel (nom primitif), sol dièse, sol bémol, sol double dièse, sol double bémol.

Chacune des sept notes peut être altérée. 11 y a

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donc sept dièses, sept bémols, sept doubles dièses, sept doubles bémols.

Le bécarre. — Toute note altcrt'e peut être ramenée à son état naturel dans le courant d'un morceau de musique.

Le retour à l'état naturel d'une note précédemment altérée s'indique au moyen d'un signe appelé bécai-re.

Le bécarre, ainsi llguré 'i,, est un signe qui remet à son état naturel une note diésée ou bémolisée.

Sol

dièse

So!

bécarre

Sol Sol

bémol bécarre

Lorsque nous étudierons la formation de notre système musical moderne désigné sous le nom de tonalité, nous verrons tout le parti qu'on peut tirer des signes d'altération.

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