‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 4)Chapitre 100 sur 198 · Moiu proprio · texte numérisé non relu

Moiu proprio

4. On peut faire ce reproclie .lu Regina cœli d'AicHiNGEn (t 1628), pourtant très répandu.

De tels errements proviennent d'uae fâcheuse ignorance de la langue latine, à moins qu'il ne faille les imputer à une négligence impardonnable. Pour celle raison et pour d'autres encore, dont nous aurons l'occasion de parler par la suite, il serait bon que le maître de chapelle put comprendre au moins le latin d'église. Et ce ne serait pas là une chose tellement difficile. Encore serait-il à désirer que ceux qui n'auraient pas le courage de se mettre à cette étude, avant de composer sur u[i texte latin, se le fissent préalablement expliquer mot à mot, avec l'indication des syllabes portant l'accent tonique. A notre époque où l'on se montre, et avec raison, très sévère sur la prosodie et le lespecl scrupuleux du sens de la phrase dans la musique profane, il est particulièrement choquant qu'on traite avec un tel sans-gêne les textes liturgiques.

De la l'oi'in»' e\tériciire.

i< Chaque partie de la messe et de l'office doit conserver musicalement la forme que la tradition ecclésiastique lui a donnée, et qui se trouve assez bien exprimée dans le chant grégorien. Diverses sont donc les façons de composer un introït, un graduel, une antienne, un psaume, une hymnf, un Gloria in e.vcelsis, etc.

« En particulier on observera les règles suivantes: « Les ii.yrie, Gloria, Credo, etc., de la messe devront garder l'unité de composition demandée par leurs textes. Il n'est donc pas permis de les composer en morceaux séparés, de telle façon que chacun forme une composition musicale complète, et telle qu'on puisse la détacher du reste, et lui en substituer une autre'...

Il Dans les hymnes de l'I'lglise, on conservera la forme traditionnelle de l'hymne. Il n'est donc pas permis, par exemple, de composer le Tantum enjo de telle façon que la première strophe présente une romance, une cavatine, un adagio, et le Genitori un allegro. »

En ce qui concerne spécialement le Gloria et le Credo, il est nécessaire de rappeler ici que le chœur doit commencer par ces mots : Et in terra pax, et Patrcm oninipotentem. La rubrique là-dessus est formelle : Il Le célébrant entonne et les autres conlinuent. ■» Elle est transgressée pourtant dans un nombre considérable de messes en musique, où le chœur répète les par'oles réservées à l'intonation. C'est aux messes composées pour le culte luthérien qu'il faut faire remonter la responsabilité de cette infraction à une règle jusque-là rigoureusement obéie. La contagion du mauvais exemple s'étendit rapidement de proche en proche, si bien que les musiciens de l'École romaine restèrent à peu près seuls fidèles, sur ce point du moins, à la liturgie. Toutefois, depuis un demi-siècle environ, les compositeurs reviennent peu à peu à la ti'adition.

Ajoutons, pour finir, que l'on ne doit exécutera l'église que des œuvres spécialement écrites pour l'église : » Est prohibée toute musique vocale dont les motifs sont des réminiscences théâtrales ou profanes''. » L'interdiction est très nette et vise directement toutes ces transcriptions qui, si longtemps, ont fait fureur dans nos maîtrises. Qu'elles soient

5. Motu proprio. — C'est selon cette forme condamnée par laulo. rite ecclésiastique qu'ont été conçues, notamment, la inesso en si mineur de Bach et la messe deRos^isi.

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