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CHCEUR
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le ■vin, le jeu,le via.les lelles. voilà . voi-là, voilàmesseùlsainours! Le
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E.xeinple 76.
de sa mère... les pizzicali répétés des cordes à l'unisson sur le %ol à vide, avec leur écho au quatrième cor et à la timbale, décrivent bien toutf l'angoisse qui l'agite et sont comme les battements de son cœur. La mélodie, reprise parles flfltes, clarinettes et violoncelles dans trois octaves, est alors chantée par Alice qui relit d'une voix {ïrave les derniers conseils de la mourante à son enfant. Les supplications de Bertrara viennent se joindre à ces accents douloureux, les trémolos des cordes préparent enlin la reprise du même thème, en s; majeur, fortissimo par les trois interlocuteurs. Cette lois, l'orchestre s'alourdit des gros accords en notes répétées des trombones, cors, bassons, clarinettes et hautbois. Cela dure peu.
l'heure est tragique et sombre; le pianissimo règne de nouveau, tout s'assourdit, puis la mélodie linale, pleine d'élan, va s'élancer, grandir, monter et s'étendre dans tout l'orchestre, sui' les accords pleins, en notes tenues, des trombones. L'éclat ici est obtenu. Mais minuit sonne, sur une grosse cloche en si, dans la coulisse, lîertram est englouti. La scène change et, dans l'apotiiéose finale à l'église de Palei-me, l'orgue et la harpe ajoutent au tulti leurs mystiques accords un peu noyés dans la puissance de l'ensemble.
.SciiuMANN trouvait Vouvcrture des Huijiienots bien pauvrement écrite. Klle est, en tout cas, tort bien instrumentée. Une nouveauté s'y rencontre, qui
Technique, esthétique et pédagogie
devait être exploitée de nos jours par l'école moderne : les violons, altos et violoncelles, à un certain monieni, divisés chacun en deux groupes jouant à l'unisson l'un de l'autre, produisent le son les uns avec l'archet, les autres en pinçant la corde.
C'est à ce souci des détails d'exécution que se reconnaît surtout Meyehhker. Il ne sera jamais avare d'indications. Il multipliera les nuances, les accents; il soulignera : " L orchestre aussi piano que possible. » 11 placera des « à défaut », indiquera minutieuse-
ment les coupures possibles; il ira même jusqu'à avancer que, tel morceau n'ayant pas grand intérêt (sic), il vaut mieux le supprimer ii l'exécution! Que ne le supprime-t-il alors dans la partition?
A la fin du chœur des baigneuses, au deuxième acte des Hur/iienols, il recommande de ne jouer qu'avec la moitié de l'orchestre pour accentuer le diminuendo.
11 est d'un coloris charmant, ce chœur, avec ses traits onctueux de violoncelles et de bassons. Tout l'air'qui
Meyehueer, Le Prophète. Marche'du Sacre (par autorisation spéuialo de M. R. Deiss).
2Petits Saxhi>msraiTii ^ aigu 2 1'." Saxhorns en si b Contralto 2 2-SaxhoriisensibConlralto Ti etSl Comrtsà Cylindres en ait IVclStTromp a Cylindres enroib Z 1^'J Saxhorns A\iOB en mi b Z 2." Saxhorns Altos en mi b irtiZlSaxhornsBarylons en si b 4 Saxliorns£asseâà4Cj?1indre5enSi[T 2 SaxhornsConlrebastes en mi l> Z Tamhours militaires
Petite Flûte
2 Grandes Flûtes Z Hautbois Clarinettes en Si b Bassons
2 Cors en mi b 2 Cors en. si 1» ( ba s) 3 "fromb. et Ophicléide 2 Trompettes enmii> 2 Trompetteaensib 3 Timb.en mib ré Ij si b G"' Caisse et Cymbales Tambour militaire .
Violons <
Altos ^oloncelles st C.Basses
E.temiple 77.
EXCrr.IMPÈniE de la MVSIQVE et DlcriONNAlItE nu C.UNUEliVAIoniE
précède : « 0 beau pays de la 'louraiiie, » esl aussi d'une disposition habile, réalisaiU à la fois plénitude et léfjèreté.
Tout II' duo de Marcel et Valentine esl plein d'inlérèt orchestral. Les sauls d'oelaves, icpétés mystérieusement par les coi-s et les bassons alternés, avec les notes comme apeurées des timbales et des violoncell's en dessous, peif,'nent bien l'inquiélnde nocturne du vieux brave aux aguets. Les triolels agités des altos et violoncelles décrivent pins loin l'émoi de Valentifie, surprise, inlei-dite... Tout cela écrit avec un prand souci des nuances, de l'effet, et, celle fois, de lexpressioM juste. Le passage sur les paroles : « Mais j'implore un pardon et j'espère, " est plus nourri grài'e à ses arpèges de violoncelles, clarinettes et altos. Mais ici reparaît (sans e.xcés toutefois) un procédé que M ykrri eh a emprunté à Mossmi, et dont lui et ses successeurs abuseront singulièrement : le redoublement exagéré des formules d'accompaj;nement dans toutes 1 -s parties. Un autre redoublement, encore plus généralisé pendant toute une époque, communique aussi à cet orchestre une lourdeur f^ênante, c'est ci'lui qui consiste à faire suivre le chant vocal par un ou plusieurs instruments a l'unisson ou à l'octave.
L'injonction « pavillons en l'air » reparaîl au quatrième acte, dans la scène de la Bénédiction des poignards. Les cuivres y jouent naturellement un rôle important, avec des oppositions conliuuelles de forlisnmo et de pianissimo qui ne laissent pas d'être fatigantes.
Ce soùt des oppositions violentes se montrera encore d.ins l'orchestration du grand duo entre liaoul et Valentine, d'ellet si intensément ilramatique. Le romantisme un peu artiliciel de Meykiibi:eu alti-intici une frénésie qui ne laisse guère l'auditeur respirer'.. Au début, les accords brefs et piano des Irombones communiquent à cette scène un accent sombre et menaçant jusqu'au tutti formidable qui suil.
La lui te des deux amants, les supplications de Valenline, le désespoir de Uaoul, tout cela est fort bien tiaduit par un orchestre mouvementé et coloré; les plaintes des instruments à vent, les cris de ,rage des cuivres, soulignent admirablement le dialofiue haletant. Le bel accompagnement en snl bémol de la cavatine fait valoir la phrase célèbre du ténor, trop souvent hurlée par des interprètes peu soucieux de respecter les indications du maître, qui prend soin d'insci'ire sur la partition, au-dessus et au-dessous de la partie de chant : ■■ avec tendresse » et » très doux ». Sous le trémolo des violons en doubles cordes, les notes da chalumeau de la clarinette sonnent comme un glas. (Pour atteindre le rê bémol grave, MEVERHEEn emploie une claiinette en la, conjointement avec la clarinette en si bémol, et dont le mi donne un do dièse enharmonique du ré b'mol.) Les violoncelles chantent, reproduisant les intlexions du chanteur (ex. T8).
Plus loin, les accords très doux des trombones soutiennent le chant, puis ce sont les arpèges de violoncelles et de clarinettes qui nous amènent à la reprise du motit, avec, celte fois, la doublure aux flfltes, clarinettes el violoncelles. Il y a là avec le ravissement de la passion exallée, je ne sais quelle inquiétude souide, quel elfroi intérieur, que vient expliquer la suite tragique de cette scène. La cloche, signal du massacre des calvinistes, relentit au loin.
1. Cet incandcsceTil duo lu', pa-:iî:-;l, f'critL'toroh stre en u.ie nuil.
I.e liallani de celle cloche en fa grave doit êtrei demande l'auleur, enveloppé d'un tampon. Ce son funebie est doublé par l'accord de quinte diminuée, conlié aux clarineltes et bassons, auxi|uels répondent, pai- un sforzando aussitôt éteint, les cors, trombones et ophicléide. L'agitation grandit, bdrame se précipite, tout est mouvement et fureur. Les gammes chromatiques des trombones accen- Inent cette noie énergi(|ue el haletante. Tout cela esl brutal, certes, de sonorité un peu réche et criarde quelquefois, mais tout de même 1res vivant et d'une réelle puissance d'action extérieure.
Nous ne pouvons analyser en détail toutes les nombreuses œuvres de Mevkrreer. Relevons, dans le Piophctc, la division des violons en trois partieset le rôle des trois tlùtes et du cor anglais dans le quatrième acte, au moment où Jean prononce les paroles ." '< Que la sainte lumière descende sur ton iront... » Cela est lumineux el pur; dans l'Africaine, la ritournelle du grand prêtre, confiée aux timbres graves : deux clarinettes, deux clarinettes basses, trois violoncelles, avec, plus loin, les accords plaqués des cois et Irombones, se signale par son oiictuosilé, sa sonorité pleine el comme recueillie (ex. 79). C'esl la première fois que l'on osera employer en double un instrument d'usage aussi rare que la clarinelte basse- Les llùtes sont fréquemment triplées, elle trémolo des trois tlùtes (dans l'A/'cicaùifi) est encore un elfet assezneuf. On sait que Meverrekr écrit pariois jusqu'à quatre parties de bassons (Le Prophèle). On peut voir là une Lendance à reconstituer les familles, tendance que Wag.neu accentuera par la suite. L'usage des quatre bassons ne s'est pourtant pas généralisé. On ne saurai! quitter V Africaine sans nnter le fameux unisson de si intense sonorité.
MEYERiiERs ose aussi employer des movens particuliers d'exécution, car il ne recule devant aucune recherche. Un des premiers, il remplaça le trémolo des cordes sur une seule note par le trémolo en batteries sur les doubles cordes, plus agile, plus ondulanl, plus pathétique; elîet employé bien av;mt lui certes, mais de façon tout exceptionnelle. Dans la ballade d'Adamastor (de \' Africaine), il prescrit aux violons, pour plus de fantastique : u Avec le bois de l'archet. )i Beiilioz avait déjà indiqué celte façon fantaisiste d'attaquer la corde.
Halévy (I ':»»-18GS).
L'orchestre d'IlALÉVY présente de nombreux points de ressemblance avec celui de Meyeriieer. C'est le môme amour do l'elfet brûlai, des oppositions violentes, le même abus des doublures dans les ensembles et le même fracas un peu vulgaire. Si l'on y trouve une moins grande mai Irise, une moins grande force dans les passages dramatiques, on devra y reconnaitre assez souvent dans les délails un peu plus d'élégance el de délicatesse. A cet égard, on consultera avec fruit la partition des Moiisqnetaires dr la riHne. Le soin de l'écriture s'y m.'uiiieste en plus d'un endroit. Les bois, adroitement employés, y ont le plus souvent un langage dilférenl des cordes. Certaines pages, traitées dans une |iolyphonie limpide, évitent soigneusement les trop nombreux unissons. Tel ce passage de l'air d'Olivier, au début (ex. 80).
Tels aussi certains fragments de l'air d'Alhénaïs, on encore la charmante conclusion de la pelite ronde de nuit qui clôt si linement le premier acte.
TECHNIQVE, ESTHÉTIQUE ET PÉDAGOGIE
HISTOIRE DE L'ORt.HESTRATION 2521
VIkvkii'iker, Les Huguenote. 4'" acte Canatine (par autorisation spéciale de M. R. Deiss). l^'v. A rirla rite amoroso M. Ir: J -60
KxciiiiiIl' 7S.
ENCYCLOPÉDIE DE LA MIJ^IQVE ET DICTION NAIHE DU CONSEliVATOlHE
MF.YEnnEER, L'Africaine. N° 11, i' acte (pai- autorisation spéciale de M. R. Deiss)
Altos
Certains ensemblessonttraitésdans lemèmeesprit. Malheuieuseraent, les trombones finissent toujours par intervenir d'assez fâcheuse façon, le plus souvent pour accentuer le rythme en marquant le temps fort d'un accord bref, bien inutile dans une œuvre de caractère léger et enjoué.
La partition de la Reine de Clujpre paraît plus inégale. IJes vides fâcheux s'y remarquent. Si de piètres formules d'accompagnement y provoquent une certaine maigreur d'écriture orchestrale, par contie, les ensembles y sont massifs et pesants à l'excès. L'abus du trémolo des cordes (qui sévit dans tous les ouvrages de cette époque) ne contribue pas à relever
l'intérêt de ces pages où nous ne pouvons guère citer, à titre de curiosité, que l'éciiture assez neuve de la partie de harpe doublant à l'aigu les flûtes et clarinettes, dans le chœur dansé du premier acte, l'entr'acte un peu maigre c|ui précède la deuxième partie, avec sa cloche en /</ grave et ses gammes en pizzicato des violoncelles, et la division (au (|uatriéme acte) des altos et violoiicelK's en huit parties, pour soutenir de leurs graves accords le récit du héraut d'armes annonçant l'ariivée de la Hotte.
Des inégalités choquantes, nous en rencontierons dans tous les ouvrages d'llALÉ\ v, et nous nous garderons d'y insister. Glanons plutôt çà et là les formules.
TECHNIQUE, ESTHÉTIQUE ET PÉDAGOGIE
heureuses où le compositeur a témoigné d'un art plus évident Elles sont assez, nombreuses pour nous nionliei' en lui, quand même, unartisie le plus souvent soucieux de l'etfet produit et respectueux des exigences instrumentales.
Relevons, dans l'introduction de Charles V[, l'itigénieuse disposition du début; le chant des hautbois
sur les arpèges de clarinette et les douces harmonies des violons, altos et violoncelles (ex. 81).
Tout le chœur suivant est très délicatement accompagné. De fréquents passages sont confiés à l'harmonie seule, quelquefois avec adjonction des violons et des altos. Halévy }' montre une grande connaissance des instruments et de leur écriture; il
Halévy, Les Mousquetaires de ta Reine. 1" acte (par autorisation spéciale de M. Lemoinel ^■ndantino
Exemple SO.
EXavCLOPÈDIE DE LA MUSIQUE ET DlCTtOSNAlUE DU CONSERVATOIRE
ll.u.KVY, Charles VI. Jiitniduction (par autorisation spériale de M. Lemoine).
G*' FlÙtc .
P-'FIiite.
Ilaiiihois .
ClariiU'lU's tn S! 9.
Trompettes en çi '> Cors en r* .
Cors en mi l^.
BilSSOIl .
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3MlOUlb:tt Oplli:|'/lJM''^
en^uiîe /\. SI Violons .
Alto .
4 Cors cil s\ sur le Uifjlrc.