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Ce qui tHonno dans cette musique légère d'opéracomique, dont ci'rt.iines parties Irisent niftnie l'opérette, c'e>t de trouver (ou jours les troni pelles, pistons, trombones, grosse caisse cl cymbales au premier plan, dès le moindre forte. Kt c'est un peu agaçant de voir ces instruments pompeux ou tragiques ravalés au rAle d'accompagnateurs ordinaires de quelque refrain sans façon. Cependant les tutti d'AuBFR sonnent mieux que ceux d'HÉROLD. Rien disposés, ils manquent toutefois d'intérêt dans les parties intérieures, qui se bornent le plus souvent à redoubler les accords du quatuor. Ce quatuor esl, d'ailleurs, bien écrit, avec quelque abus du pizzicato. Kniin, Aiuier sait faire parler les instruments à venl. On renconlre dans ses partitions de charmants passages pour la petite harmonie, comme ce fragment servant d'introduction au chœur villageois du dernier acte de Fra Diavolo (AuliER a plus d'une fois de ces élégances) (ex. 89).
Citons aussi, dans le même ouvrage, la jolie ri-
louinelle de la romance de Lorenzo, au dernier acte, et, dans le Domino noiv, le bel accompagnement du petit chœur des nonnes : « Les cloches argentines pour nous sonnent matines, » d'une ligne bien simple, mais très pure et d'une fraîche sonorité.
Avec la Mui-tti' de Portici, Aubeb voulut hausser le ton jusqu'à la tragédie lyrique. 11 y réussit en quelques endroits, mais son souffle s'épuise vite. L'orchestration devient très lourde et d'un éclat assez ordinaire. Toutefois, un certain souci d'écriture se remarque en quelques passages.
Des intentions dramatiques se précisent môme. Et lorsque Masaniello, pensif, paraît en scène, les deu.v clarinettes et les deux bassons (à l'unisson dans le grave) marquent bien de leur teinte assombrie les inquiétudes amères du révolté. Dans le rythme énergique du fier duo, les coups brefs des trombones sont parfaits, très en situalion; plus loin, les unissons des cordes mouvementées mettent une agitation fiévreuse; cela bouillonne, c'est incandescent, et si
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AuRDR, Fra Diavolo. 3' acte (par autorisation spéciale de M. R. Deiss).
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Exemple SO.
l'on n'avait pas tant abusé des gros cuivres là où ils n'étaient pas de toute utilité, quel effet puissant ils apporteraient à cette scène vraiment inspirée! Telle quelle, la scène a encore de la grandeur et de la puissance rythmique (ex. 90 et 91).
Rien de remarquable dans l'instrumentation d'Adolphe Adam, copisle un peu pâle du bon Aubiîr. Musique alerte et sonnant assez bien, mais, avec çà et là, des empâtements et des outrances de cuivres l)ien inutiles. Abus des pédales de basses et des trémolos de violons. De temps en temps, quelques passages à découvert pour les bois, écrits avec aisance. Rien de bien neuf dans tout cela. De plus en plus, l'orchestre devient lâché, lourd et encombré de formules. Il est temps que Berlioz vienne enfm changer ces usages regrettables.
Douizctti (l'ÏU8.1848).
Italien, Donizetti se gardera des exagérations des disciples de MEYEuiiEER. Son orchestration un peu facile ne sera pas sans pureté, mais la simplicité en ira parfois jusqu'à une trop complète nudité, l'ai' contre, les ensembles seront de grands placages il'accords où tous les instruments se doubleront à l'envi l'un de l'autre. Au moins, Donizetti apporterat-il dans les accompagnements des airs et des duos toute la clarté et l'ordre nécessaires, et segardera-t-il de scander une langoureuse romance par d'énergiques et brefs accords de trombones et quelques coups de grosse caisse; une certaine appropriation des timbres au caractère des scènes se remarquera dans
ses ouvrages. L'introduction et le chœur des moines de la Favorite seront congrûment soutenus par les voix les plus graves de l'orchestre (ex. 92).
Remarquer que le ré grave des contrebasses était impossible sur les contrebasses à trois ou à quatre cordes alors seules en usage. Beethoven avait déjà fait descendre ses contrebasses à Vut grave. Les exécutants en étaient quittes pour transposer à l'octave. Le ré giave est ici pour l'œil I
La ritournelle précédant la l'omance émouvante : c< 0 mon Fernand, » prendra un accent mélancolique, du fait du timliie voilé des deux cors chargés de l'exposer sur les arpèges de la harpe, auxquels ils se marient si heureusement. Donizetti traite un peu la harpe comme une partie de piano.
La cantilène de Balthazar devra un cachet de mysticité monacale à son curieux unisson de violoncelles, bassons et cors anglais.
La Fille du Régiment, opéra-comique écrit sur un livret français, le plus réellement français des opéras-comiques, disait Wagner, est orchestré avec un peu plus de brillant que les opéras italiens de Dom- ZETTi. Donnons ce passage de l'ouverture, où les trompettes en si bémol sont traitées tout à fait mélodiquement. On commençait donc à s'apercevoir (|ue les instruments à pistons permettaient de recourir à des dessins plus mouvementés que les simples accords et les formules en usage avec les trompi'tles et les cors simples. Mais ne s'agit-il pas ici de cornets à pistons? C'était assez l'usage à cette époque de se servir de ce timbre vulgaire et cascadeur, mais les compositeurs, ou tout au moins les graveui's, indi-
TECHNIQUE, ESTHÉTIQUE ET PÈDAHOGIË
AuBER, La Muette de Portici. 2« acte. Dio (par autorisation spéciale de M. R. Deiss).
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