Ibid
4. Il est à remarquer qu'il n'y a jamais eu de trompette k clés, mais seulement à coulisse ou à pistons.
OU clairon chroiimtique.ovt encore buijlc chromatique' ou enlin cor de Kent, selon les pays, ou les constructeurs de ces nouveaux instruments.
Ophicléides ou bugles à clés étaient des instruments à perce conique brève, par opposition aux cors qui sont des instrumenls à perce conique longue,et aux trompettes et trombones qui sont à perce cylindrique; c'était donc le timbrr doii.r enfin à peu prés ajusté, musicalist: si je puis ainsi parler, qui venait apporter son appointa la sonorité générale, et compléter la série des timbres de l'orchestre de plein air.
D'autre part, depuis 1821, Spontini saisissait toutes les occasions de l'aire connaître en France les cors, les trompettes et les cornets à pistons inventés par BlOhmel en 1814, et il en avait envoyé d'assez nombreux spécimens.
Tous ces nouveaux instruments entraient peu à peu dans la composition des musiques militaires et des quelques musiques degardes nationales qui avaient échangé leur dénomination en celle de musiques de .iapeurs .pompiers ou en celle de musiques municipales, et qui continuaient de fonctionner et de s'améliorer comme les musiques de l'armée, leurs émules.
C'est ainsi que nous les retrouvons en 1844, non plus sur les ouvrages de Neukomm et de Kastner qui, eux-mêmes, se documentaient dans VHistoire de la mttsique et des musiciens de Fétis, mais sur les partitions mêmes des chefs de musique de l'armée; celles-ci commençaient de paraître gravées dans le Moniteur musical, édité par la maison Buffet, et nous offrent ainsi toutes garanties d'authenticité.
Ces partitions comportaient les parties suivantes :
petite pHlc- bassons (deux parties).
fliite tierce (c'est-à-dire en mi];}), cornets it pistons (deux parties).
grande fliite. trompettes (deux parties).
hautbois (deux parties). cors (quatre parties en deux petite clarinette. tonalités différentes).
grande clarinette (quatre parties trombones (trois parties).
divisées ainsi ; clarinette opfiieleides (deux parties).
solo, l''^, 2' et 3" clari- batterie.
nettes).
Peu de partitions comportent la flûte tierce, la grande thUe et les hautbois; la grande flûte était remplacée par la petite clarinette, qui se trouvait séparée des grandes, car la plupart des partitions de cette époque suivaient la disposition des partitions de l'orchestre symphonique, en plaçant les grandes clarinettes et basses à la région inférieure de la partition, comme les instruments à archet que ces clarinettes avaient mission de remplacer dans les transcriptions.
La partition se présentait ainsi :
peiite fiiite.
petite clarinette, hautbois, cors, trompettes.
f' clarinette.
3' clarinette.
3' et 4' clarinettes.
ophictéide basse eu si h*
bombardon en ini\j, contrebasse en
cornets, qu'on dénomme déjà w"'b).
pistons. grosse caisse,
ophictéide en ut ou basson, caisse claire,
trombones.
Quelquefois, on poussait. la symétrie avec la partition symphonique jusqu'à placer la batterie audessus des clarinettes.
Pour la facilité des comparaisons, je continuerai à placer les|instruments dans l'ordre le plus généralement adopté de nos jours.
En 1843, nous voyons apparaître les saxhorns' contraltos (bugles), altos et contrebasse mi h.
Toutes les mnsiques étaient d'ailleurs loin d'avoir un personnel et une instrumentation identiques, et voici, pour en juger, le tableau de quatre musiques entendues, le 22 avril 1843, au Champ de Mars à Paris, devant la commission chargée de réorganiser les musiques; celte commission avait à choisir entre la proposition de Carafa, directeur du Gymnase Militaire (école des sous-chefs et chefs de musique de l'armée), et la proposition d'Adolphe Sax.
If léger.
74" deligD».
l"dt ligw.
62» de ligne.
Pelili- tinte
Petite clarinette.. . .
Grandes clarinettes.
Cornets
Trompettes
Cors
Trombones
Bugles*
Altos
Ophicléides
Batterie
Comme on le voit, aucune de ces quatre musiques n'avait de hautbois et de bassons, mais les deux parties de bassons étaient exécutées par deux ophicléides en ut.
Voici quelles étaient les propositions de Carafa et d'Ailolphe Sax et quelles furent celle de Spontini, président de la commission, celle de la commission elle-même, celle qui fut adoptée par le ministre de la Guerre, le 31 juillet 1843.
Petite flûte
Proposition
de
Spontini.
Proposition
de la Commission.
Décision
du Ministre.
Petite clarinette
Grandes clarinettes..
Clariuettes altos. . . .
Clarinettes basses.. .
Saxophones
Cornets
Trompettes
Cora
Trombones
Petits bugles
Bugles
Altos
Barytons
Ophicléides
Basses i
Contrebasses en mi\r.
Batterie
Kastner, qui était secrétaire de la commission, ne dit pas si ces deux saxophones étaient des altos, des ténors ou des barytons, mais il semble, à voir les
1. Je rappelle que le terme snxliorn n'est usité qu'en France. On dit bugle en Belgique, flugelhorn en Angleterre et en Allemagne. Tuàa me paraîtrait être le meilleur terme à généraliser.
î. Il est entendu que dans toutes les partitions françaises les termes petit burjle = sailurn-soprano; bugle = satliorn contralto; alto = saxhorn alto; baryton = saxhorn b.iryton ; basse =: saxhorn basse; contrebasse = saxhorn contrebasse.
partitions des années suivantes, qu'il s'agissait des saxophones barytons, pour lesquels d'ailleurs on écrivait des notes aiguës qu'ils ne pouvaient pas faire.
Les trompettes et les cors olfraienl un mélange d'instruments avec et sans pistons, et les trombones étaient mi-partie à pistons et mi-partie à coulisse; je n'ai point signalé ces détails dans le tableau, attendu qu'au point de vue de l'orchestral ion actuelle, cela n'olfre aucun intérêt.
Sax supprimait le timbre vibrant des anches doubles (hautbois et bassons) et le timbre spécial des cors; c'était là une faute grave.
Quoi qu'il en soit, la décision ministérielle de 184S apportait une grande amélioration dans la composition du personnel et dans la composition et la répartition instrumentales des harmonies et des fanfares militaires; en outre, elle préparait l'unité d'orchestration, je dis qu'elle la préparait, parce que la nouvelle lépartition instrumentale ne devait se faire qu'au fur et à mesure du remplacement des instruments anciens par des niuiveaus, et sans qu'il y eût de fonds alloués pour le remplacement immédiat.
Ci-dessous, le tableau similaire pour les fanfares.
Cornets
Trompettes
Cors
Trombone»
Petits bugles
Bugles
Altos ,
Barytons
Ophicléides
Basses . , ,
Contrebasses en mi\^ Timbales
Proposit. de la commission ratifiée par le Ministre.
Giralerie.
Cbasseurs i. pied.
Artillerie.
Voilà les premières fanfares capables de jouer autre chose que de la musique unitonique.
Maintenant, si nous suivons les progrès de ia transformation, d'après les partitions gravées des chefs de musique qui écrivaient évidemment pour les instruments qu'ils avaient et qu'ils désiraient conserver, nous voyons que ces chefs disposèrent d'une seule petite fltUe jusqu'en 1834; mais dès qu'on eut autorisé les musiques de la Garde, comme nous le verrons bientôt, à avoir deux flûtes, une petite et une grande, tous les chefs s'empressèrent d'imiter la Garde, et n'attendirent pas le décret de 1860 pour écrire pour deux thUes.
A l'inverse, tous ceux qui possédaient des hautbois et des bassons continuèrent à écrire pour ces instruments, jusqu'à ce qu'ils fussent redevenus réglementaires pour les hautbois, et jusqu'à 1833 pour les bassons.
Le saxophone baryton n'eut pas grand succès; quelques rares partitions portaientjla mention : saxophones ou bassons, mais ces parties écrites en clé de fa et souvent trop étendues à l'aigu ne pouvaient être jouées que par des bassons.
Ce n'est qu'en 1856 que, devançant là encore le décret de 1S60, tous les chefs de musique écrivirent pour la famille entière des saxophones et abandon- I nèrent les bassons.
2 cors.
3 trnmhones.
2 petits Imgles.
4 buijli'n.
4 (lltoa.
2 bartjtons.
4 /'fisses.
2 ciintrehnsses mi\t,
2 eniitrehfisses si\^.
I limliale.
\/A l'iiiiiille (les saxluiriis ii'pondiiit trop au besoin (le plt'iiituile et de puissance di^s musiques de plein air pour ne pas èlre iminédialernent employée partout ; cependant, les saxiiorns liai\tons ne vinrent prendre leur place sur la partition qu'en remplacement des bassons, de 1855 à 1856.
Les clarinettes basses, je ne sais pour quelle cause, ne lirent que quelques bien timides apparitions et disparurent.
Fin 1852, à la formation du régiment des Guides, SAxIutcbargé de créer un corps de musique modèle suivant ses idées; il le composa ainsi :
1 petite flfile.
1 grnniie flûte,
2 luiulf'ois.
2 pelilcs elarinetles.
i ijriindes etivinettes.
1 saxophone soprano.
1 saxophone alto.
1 siixopliooe ténor.
1 Mixnpfione f'fisse en si);>.
2 cornets.
i trompettes.
Comme toujours, dans les propositions ou dans les créations de SAX,les cuirrea, les saxhorns surtout, sont trop nombreux eu égard aux instruments à anche, et il sera intéressant de voir ce que l'expérience aura amené de modifications dans ces proportions, quinze ans après, lors du concours de musiques militaires de l'Exposition universelle de t867.
Remarquons encore que, malgré tous les éloges qu'on a donnés à la clarinette basse inventée par A. Sax, Sax lui-même ne la proposa jamais.
Nous voyons apparaître ici la coniivftasse grave en si}^; elle prend une place qu'elle ne quittera plus désormais.
Moins de deux ans après, le décret du 16 août 1854 donnait la réoiganisation du personnel des musiques de la Garde, dans laquelle les musiciens sont divisés en quatre classes correspondant aux rangs de soldat de i" classe, caporal ou brigadier, sergent ou maréchal des logis, sergent-major ou maréchal des logis chef; celte organisation subsiste encore dans lesmusiques de la Garde républicaine et des K.quipa-
Musique d'Infanterie.
Musique de Cavalerie.
Petite Aille
Garde
Ligne.
Garde.
Ligne et légère.
fi
Grande flûte
Petites clarinettes
Grandes clarinettes ....
Saxoptiones sopranos . .
— altos
— ténors
— barytons . .
Cornets
Cors
Petit bugiR aigu en si\).
Petits buglis en mi\, . . .
Bugles
Altos
Basses
Contrebasses mi'^
Contrebassos-s(>
Batterie.
ges (le la Hotte; elle a toujours donné des résultais excellents pour le recrutement d'artistes de la plus grande valeur.
Ce décret fixait la composition instrumentale des musiques de la Garde; cette organisation fut étendue, par le décret du 26 mars 1860, à toutes les autres musiques avec quelques modifications de nombre.
.Nous en donnons ci-dessus le tableau.
.Aiussitôl le décret de 1860 p:iru, toutes les partitions furent conformes à la nouvelle réglementation, et on ne vit plus, ou très exceptionnellement, de cors ou de bassons y figurer, sauf, bien entendu, les partitions des chefs de musique de la Garde qui avait conservé les cors.
La collection des partitions éditées par la maison Buffet, puis Biffet-Crampon, aujourd'hui maison EvETTF,, est encoi'e assez complète (bien que les planches d'un certain nombre de numéros aient été fondues) pour nous permettre de nous rendre compte du répertoire des musiques militaires en 1844, et d'ensuivre l'évolution jusqu'à 1860 d'abord, puis jusqu'à nos jours.
Dans les quarante partitions de l'année 1844 du Moniteur Musical, nous trouvons :
20 pas redonl'lès. i marrfie.
4 valses.
5 harearottes.
2 boléros.
1 giilop.
4 fantaisies.
Arotiile (grand duo d'J.
Ce duo d'Aniiicle et Le Tocsin, allegro militaire pour clarinette, comptaient chacun pour deux morceaux.
Il parait étiange aujourd'liui de rencontrer un pas redoublé comme Le Tocsin avec solo de clarinette, mais c'était la mode alors de placer des solos partout, et même dans les morceaux destinés à être joués à la tète des régiments en marche. Cette mode était en quelque sorte justifiée par deux raisons :
1 o Le Gymnase musical militaire', dirigé par Ca- RAFA, recevait des enfants de troupe et de jeunes musiciens des régiments. .\près une ou deux années d'études, cet établissement rendait aux régiments d'excellents solistes et les futurs sous-chefs et chefs de musique de l'armée, qui ne demandaient qu'à briller et à se faire apprécier comme instrumentistes.
2" On ne demandait pas aux musiques, alors, de jouer pour faire marcher en cadence tout le réyinient, mais on les invitait h jouer de jolis morceaux en tête du régiment pour le faire admirer. Les colonels de ce temps ne considéraient pas leur musique comme un objet d'utilité rythmique, mais comme la parure, le joyau du régiment. Les temps ont bien changé.
Nous trouvons encore, au n° 22 de cette première année. Le Venr/eur, titre qui semble devoir- promettre tontes lesrages des cuivres, et qui est suivi de la mention : pas redoublé (petite llûte et petite clarinette).
Ces quarante partitions sont signées : Klosé, l'inventeur de la clarinette à anneaux mobiles, dite clarinette Rok.hu, Blangoi', Remet, Banda, Berr-Ennès, lioGUELAT, Lice, Garroi ste, Cai'pon, (;a.\DiNF,r, et le fameux Gi'rtner, dont les magniliques pas redoublés se jouent encore.
En supplément ou plutôt en marge du Moniteur musiciil, la maison Biffet publiait quelques autres partitions, parmi lesquelles j'ai à signaler plusieurs
1. Ce GymiKise musical militaire fut institue à P.iris pour rf^prondTe la suiti- du Coiiservaloire de musique qui. tonilé p.ir Sahbettf, en 1789, aGn de former des ai-tisles musiciens pour l'armée, ne formait plus que des artistes civils : compositeurs, musiciens, cbanleurs, tragédiens et comédiens pour les concerts et les théâtres.
TECHNIQUE, ESTHÉTIQUE ET PÉDAGOGIE
DE y ORCHESTRATION MILITAIRE 2149
/*«.< rciUiublé iiiHUiâre fiuRTNiiR.
Le Ctimp de Sutory (ouverture militaire) . . Docard.
Somenir des zoiiares (valse militaire) Ernst.
Le Trophée (fantaisie militaire) Pillard,
Polbn mUitaire, avec clairons Rafpara.
. Je n'invente rien, ces partitions rtf^urent toujours sur le calalogue de la maison Evettë, sous lus numéros 15, 16, 139, 30 et 168, et l'on pourrait composer quantité d'autres programmes tout aussi militaii'i's avec les partitions encore existantes de cette époque.
Cela nie rappelle la boutade d'un lieutenant-colonel qui me disait un jour :
« Quand je serai colonel, je dirai à mon chef de musique : ■( Vous allez composer votre programme ainsi : 1° Pas redoublé, i° Mnrclic nulilaire, 3^' Allegro militaire, 4° La eliaryc. Quatre morceaux, c'est bien assez. »
En 1886, ce ne pouvait être et ce n'était qu'une boutade; ce même lieutenant-colonel, devenu colonel, disait :
I' Je n'aime pas la musique, mais j'en ai une et il faul qu'elle soit bonne. »
Jai pourtant connu, quelque vingt ans plus tard, un colonel qui avait écrit dans les notes d'un chef de musique de ma connaissance : « S'occupe de son service avec toute l'activité nécessaire, tient bien son personnel, mais joue trop de miKique civile dans les concerts. ■>
lîetournons à l'année 1847. .Nou< y trouvons :
1 5 pas redvublès. 3 valses.
S marelles. 2 polonaises.
1 miirche funèbre. 4 barcarolles.
2 boléros. 2 fantaisies orii/inales.
1 ff.ï/o/).
Don Juan de Mozart (mosaïque), par Berr-Ennés. Armide, de Gluck (chœurj.
Ne touchez- pas à la reine, de Boissrlot (fantaisie), par Luge. ye toucliez pas ù la reine, de Boisselot (ouverture), par Sarrus.
Parmi les chefs de musique qui travaillaient à créer le répertoire, à le renouveler au fur et à mesure que de nouveaux instruments étaient inventés et adoptés dans l'armée, ce qui rendait souvent inutilisables les partitions du répertoire précédent , nous trouvons de nouveaux noms; ce sont ceux de .: fBLA.NCtMANN, Bendeu, Jancoirt, le professeur de basson du Conservatoire, qui dirigeait l'une des meilleures musiques de la Garde .Nationale de Paris; Sarrus l'inventeur du sarrusophone; de Camas, Ernst, Quantin, Bonnot, Remault.
Pour les années suivantes, nous pouvons sans doute nous dispenser de dénombrer les compositions militaires; non pas que les compositions des élèves du Gymnase soient sans valeur, bien loin de là, car beaucoup de ces compositions peuvent supporter aisément, sinon avec avantage, toutes comparaisons avec beaucoup de compositions de nos chefs de musique actuels; mai s, main tenant que nous savons quel était, dans son ensemble, le répertoire militaire d'alors, nous pouvons nous borner à signaler les principales des compositions de ce répertoire, les noms des nouveaux venus parmi les compositeurs ou les transcripteurs, et suivre d'une façon toute particulière le mouvement des transcriptions et des arrangements de la musique civile des maîtres; cette dernière constitue, en somme, la partie importante de l'évolution de l'orchestration pour harmonie et pour fanfare qui nous occupe.
Kn 1848, nous trouvons un pot-pourri sur LaStraiiierû de Bellini, une grande fantaisie pour piston
transcriptions et arranrjemeiits sur des opéras ou des opéras-comiques :
Bonsoir Monsieur Panlatoi (ouverture), de Grisar ;
Bonsoir Monsieur Pantalon (fantaisie sur), transcrite et arrangée par Biiei'S\nt.
Gilles Rauissew'ifa itaisie sur), de Grisar également, par DiAS.
Joseph, de Méhul (fantaisie sur), par Brepsant.
Je dis transcrite pour l'ouverture, parce que les ouvertures étaient déjà, comme aujourd'hui, réorchestrées pour harmonie sans changements de l'œuvre originale autres que la tonalité el les timbres des instruments; conséquences forcées de l'abandon des instruments à archet pour les seuls instruments à vent.
Je dis arrangée pour la fantaisie ou la mosaïque sur un opéra, parce que, à cette époque, les chefs de musique ne craignaient pas de relier les divers motifs d'un opéra par d'autres motifs de leur cru, qu'ils appelaient des enchaînements, de même qu'ils n'hésitaient pas à introduire des variations qu'ils composaient pour faire valoir leurs solistes, sur les motifs originaux. On avait donc raison de dénommer ces transcriptions : fantaisie arrangée par... On aurait tout aussi bien pu dire : arrangement fantaisiste sur... Toutefois, il ne faudrait pas voir dans cette remarque la moindre critique sur le sens ou le savoir artistique de ces chefs de musique, bien loin de moi cette pensée ; ces artistes n'avaient pas de répertoire, et ils créaient un gejire, c'était déjà bien du méiite.
En 1845, le Moniteur musical publia :
23 pas redoublée.
I iirande marche (duo de Tuner éde] .
1 marche funèbre, 1 bolèr .
3 valses.
1 mazurka.
1 polka.
1 galop.
2 polonaises.
1 andan!e.
2 fantaisies militaires.
Moïse (duo de Rossim) pour piston et ophicléide. Norma (fantaisie sur), de Bellini.
Puis en supplément :
La Promise de Cl.vpisson (deux partitions). Le Freijsehnt: de Weber (marche et air). Le Barbier de Rossim (grand air).
Aux noms précédents des auteurs de partitions, nous trouvons à ajouter ceux-ci :
Briatte, Fessy, Soland, Basch, Brunet qui se montra toujours en tète du progrès, Borrel, Viallon et Léon Chic, qui débute ici avec deux partitions sur La Promise, et que nous ne retrouverons plus que dix ans plus tard; il doimera alors, d'une façon continue, les plus excellentes productions durant un demisiècle.
L'année 1840 nous apporte :
10 pas redoublée.
1 marche.
2 barcarolles.
1 valses.
1 fandango espagnol.
1 ijuadrille.
3 fanlaisies originales.
2 ouvertures originales.
1 fantaisie sur // Giurainenlo de Mercadante.
Nous ne trouvons dans le supplément qu'une fantaisie sur Ernani de Verdi.
Si la production des pas redoublés diminuait, les traductions d'opéras diminuaient aussi, et, malheureusement, les fantaisies, les ouvertures originales, les valses et barcarolles n'étaient pas de nature à élever le niveau artistique des programmes exécutés dans les concerts publics.
Ces concerts justifiaient bien leur titre de concerts militaires, et l'on pouvait lire des progammes ainsi composés :
E.\r.YCLOPÈniE DE LA MUSIQUE ET DICTIONNAIRE DU CONSERVATOIRE
suv '/.aire de Sella de MKiir.,\nANïF,, mit scène dranialiqiie du Faust de Si'Ohr, toiiles trois arrangées par Hkrh; et une deuxième suite sur le Giurainenlo de Mercadante par Bemier.
Nous ajoutons les noms de IIknhicet et de Raf-