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de son modernisme. Aucun' excès de sonorité, mais une entière possession de soimême dans toutes les œuvres de ce grand musicien.
Voir les partitions de Pénélope, Shylofi:, Pelléas et Mélisande, etc. (ex. 2oo).
La Siiniplionie Antiqiie de WiDOR ajoute le grand orgue à l'orchestre par trois. Energique et volontaire, elle a des tutti sobres et sonores.
Voir la belle rentrée du thème principal aux trombones {dans la première partiei, dont la sonorité énorme n'est pas sans âpreté (p. 7 et 8). Remarquer |p.20) l'unisson peu employé de la^ flilte et du cor. Page !)3 (ré ninjeiir), c'est un nouvel effet de plénitude. Le sextuple unisson des cuivres (trompettes et trombones) perce sans etlbrt toute la massivité de l'orcheslre. Les notes répétées des tiompettes, en sextolets de doubles croches, ilonnent à l'ensemble quelque chose de farouche.
L'orgue n'intervient qu'au final ainsi que le glockenspiel, le tamtam, la harpe et les chœurs (ex. 256).
Dans la Symplinnie Franraise. Th. Dubois confie au célesta une importante partie. Au n" 3, celui-ci dialogue avec les flûtes et les bois, soutenu seulement par l'accompagnement des cordes. La page HO présente une disposition intéressante: le premier hautbois, la première clarinette, le premier basson et un cor jouent à quatre parties dans le grave, sous quelques frémissements d'altos esquissant le motif primitif. Ce jeu se transforme page 1 12, le quintette a coides prenant le passage en harmonies liées, et le r\ thme de six doubles croches éiant martelé discrètement par les clarinettes, bassons et célesta.
La Rapsodie Cambodijienne de Bourgault-Ducoudray se signale par sa belle entenle des timbres et par l'art particulier avec lequel sont traités les cuivres. La sonorité en est souvent grasse et compacte, mais sans lourdeur aucune, comme dans le passage de la page ts où, sur les grupetli des bois et violons, tous les instruments gi'a\e3 reprennent le thème religieux du début en un bel unisson cor--é d'une pédale intérieure de dominante.
Page 2o, les gammes moulantes dns harpes en octaves font irn bel ellet sur la mélodie des llûles, cor anglais et clarinettes. El ensuite, lorsque le beau chant grave des basses est dit par les altos, violoncelles divisés, bassons et claiinelle basse, il prend un timbre particulier à se trouver doublé par lesharpes à l'unisson.
L'orcheslre devient plus nerveux et pluspiitores-
Charpentier, Louise. Prélude du 3" acte (par autorisation spéciale de M. Heiigel).
(Ii'r>lhme des Iiatnpelles dnil l'Iie Golpnjn
Exemple 25S.
ENCYCLOPÈniE DE LA MUSIQUE ET DICTIONNAIRE DU COVSEHVATOIRE
Charpentier, Iminessions d'Italie. A jnnlcs (par autor. spéc. de iM. Ileugel).
CD
donner encore ces deux exemples empruntés aux Iinpr'essions dltalie, et qui sul'lisent à nous montrer en CiiARpii.NTiKR un coloriste de l'orchestre (ex. 259 et 260).
La Symphonie de Chausson est remplie d'exquis détails dont la présentation est pleine d'habileté.
On y remarque déjà le large emploi des harpes et ce beau tutli, sonnant bien (p. 13), où le thème s'étale aux violons etaltos, doublés des cors, sur les trilles étincelants des flûtes et bassons, les trémolos en batterie des hautbois et clarinettes et les larges accords des trombones.
L'aisance et la souplesse sont remarquables. Voir le charmant dialogue du quatuor avec l'harmonie (p. 31), les jolis arpèges des llùles sur le chant des violons (p. 45), harmonieux et clair, les beaux dessins d'accompagnement des cordes dans rada(jio.
Tout cela est particulièrement musical, comme aussi cet exemple, oi^i la trompette soutient de ses douces mais claires tenues les parliesjolimentenlacées des hautbois, bassons, contrapuiitant le beau chant en octaves des violons (ex. 261).
Exemple 25'
que au n" 2. Signalons, page 52, la curieuse notation de la grosse caisse, seule et pianissimo, rythmant la mélodie en doubles croches jouée par deux bassons, un piston et la moitié des violoncelles à l'unisson absolu. Sonorité étrange, assez évocatriced'unelndo- Chine ignorée (ex. 237).
Citons encore (un peu avant la fin) le charmant effet où la harpe (que Bookgault-Ducoudray emploie sans arpèges ni glissando) fait entendre seule, en oclaves,le thème religieux sous un frémissement de violons réduits à six, avec le soutien d'une pédale alternée aux cors et aux flûtes.
Dans les pages finales, aux stridentes gammes de flûtes, hautbois et clarinettes, la harpe viendra encore renforcer le mélos.
Relevons, dans la Louise de Charpe.mier, ce délicat fragment du prélude du troisième acte, où les notes répétées, très fines, des trompettes bouchées s'ajoutent au crépitement des harpes que soulignent les purs arpèges du célesta. Un discret tintement du triangle ajoute à cette combinaison très neuve une fraîcheur argentine. Le murmure des violons enveloppe le tout (ex. 258).
Il ne sérail pas diflicile de Irouver dans Louise, h côté de détails tout pleins de cette finesse, des pages de sonorité chaude et vibrante; contentons-nous de
Vincent d'Indy.
L'orchestre de Vincent d'Indv nous arrêtera plus longuement. C'est que d'Indy est un des mailres de l'orchestre moderne. La forle construclion de ses œuvres, leur écriture à la fois polyphonique et polyrythmique, la puissance de leurs développements, tout cela appelait une orchestration robuste et variée, souple autant que sonore, nerveuse et expressive. La qualité de l'inspiration a tout naturellement sa répercussion sur la qualité des combinaisons instrumentales. Ce n'est pas cela seul qui fait la valeur des oîuvres symphoniques de ce maître, mais aussi sa profonde connaissance des timbres, l'étude qu'il a faite de leurs alliances et de leur valeur, qui lui permettent d'en tirer fout le parti possible avec tonte la hardiesse et la nouveauté désirables. Certes, l'art deWAGMERest la source première de cette musique, on l'a souvent fait remaïquer; on eut dû, pour être luste, en signaler aussi les qualités nationales, bien françaises : la clarté et la concision entre autres, et l'indéniable originalité, dégagée peu à peu des intluences du début.
En ses premières œuvres, d'Indy se sert encore desj cornets à pistons qui ont si longtemps régné enl France. 11 les accompagne toujours de deux trompettes chromatiques.
Charpentier, Impressions d'Italie. Napoli (par aulorisalion spéciale de M. Heugel). Tins lent
11'*' FI
Exemple 260.
ENCYCLOPEniE DE LA MUSIQUE ET DICTIONNAtRE DU CONSERVATOIRE
CiiAissoN, Syinphoiiii' (par autorisation spéciale de M. Rouart, édit.).
lent J; 58
En^rcssaut un peu ,^ ffit