‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 4)Chapitre 194 sur 198 · V. dTndy, Fervaal (par autorisation spéciale de M. Durand · texte numérisé non relu

V. dTndy, Fervaal (par autorisation spéciale de M. Durand

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Exempte 26S.

Au deuxième acte, lorsque sur l'autel de pierre préhistorique s'amoncellent les nuages aux formes

primordiales, les voix des bugles se font entendre, très évocatrices de mystères sacrés, et les clarinettes

V. d'Indv, l-'ervaal. Introdwtion du li" acte (par aulorisatioii spéciale de M. Durand)

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Exemple 269.

basses el contrebasses semblent décrire un moment Kaito, le serpent formidable enroulé autour de l'autel...

Les saxophones, sur la scène répondent, et tout leur quatuor apparaîtra enfin, dans l'orchestre, au serment solennel des chefs de Gravann à Fer-

vaal, cil les cuivres sont traités de façon magistrale.

Dans l'introduction du Iroisième acte, les bugles réapparaissent, et la clarinette contrebasse atteint les profondeurs extrêmes. C'est là un instrument peu employé encore, de par la fatigue qu'il entraine

TECHNIQVE. ESTHÉTIQUE ET PÉDAGOGIE

pour son exécutant. D'I.n'dy en tire de beaux effets. Ici, les dessins onduleux des basses acquièrent, grâce à cet anpoit, quelque chose d'onctueux et de profond (e.>;. 269).

Et dans la scène finale, après la mort de Guilhem, quand la bise glaciale commence à soufller sur les hauts sommets que gravira Fervaal, les deux clarinettes graves feront entendre leur tortueux dessin chromalique. On trouvera même plus loin, lorsque Fervaal, presque fou de douleur, en présence des cadavres d'Arfagard et de Guilhem, voit dans le sang, des roses partout répandues, un véritable solo de clarinette contrebasse doublé des contrebasses à cordes.

Enlin les saxhorns, pendant la montée de Fervaal dans la lumière toujours plus éclatante, sur la mon" tagne haute, accompagnent le chœur de coulisse avec les gammes étincelantes des violons.

Paul Diikas.

Avec Salomé, avec Fercaal, avec Ariane et Barbe- Bleue, ouvrages, il est vrai, de trois symphonistes, l'orchestre dramatique est arrivé enfin à toule sa plénitude, à toute sa variété; sa richesse est considérable et lui permet les effets les plus colorés et les plus pittoresques, en même temps que la traduction des sentiments les plus divers. La rançon de telles qualités est la difficulté de réunir un si grand nombre d'instruments, quelques-uns assez rares, dans des villes autres que les capitales.

Comme celui de V. d'Indv, l'orchestre de Duras sera wagnétien; nombreux et varié, il empruntera aussi toutes les formules modernes, depuis celles de l'ai't russe jusqu'à celles d'un liichard Strauss, et ne reculera devant aucune difficulté'. Brillant, sonore

P. DuEAS, L'Apprenti Sorcier (par autorisation spéciale de M. Durand)

Exemple 270.

éblouissant de mille feux, comme un ruissellement de pierres |ii'écieuses, il sera, par-dessus lout, descriplif de sensations multiples. La hardiesse des harmonies, l'entrelacement volontaire des thèmes, et leurs 'rotlomi'uts un peu âpres, le mélange des rythmes les plus opposés, tout cela lui communiquera une vie nerveuse, un élan, une richesse sonore qui garderont quand même du style et ne verseront pas dans les excès auxquels aboutit parfois l'art d'un Maliier.

El VAppri'nti Sorcier deviendra classique dans toutes les salles de concert du monde entier, grâce à sa construction équilibrée de scherzo descriptif, grâce à l'esprit de ses combinaisons, à la verve entraînante de son rythme, à la joie de ses sonorités. Les étranges recherches du début, tenues harmoniques des violoncelles et altos, harmoniques des harpes, crépitements des Hâtes, elfets de glissando, soui'dines aux trompettes, notes bouchées des cors, tous les ragoûts, s'expliquent par les intentions du texte admirablement suivi, etl'esprit pétille à chaque page (ex. 270). Le motif principal, présenté par les trois bassons à l'unisson, est d'un comique achevé. La formule magique a été prononcée, le balai, comme

malgré lui, commence à s'agiter, gauchement, dans sa lourde dégaine, et accomplit peu à peu le service commandé.

Sons les appels pressants de l'apprenti magicien, il s'agite, s'anime, va, vient, rapporte ail logis l'onde bouillonnante... et le motif passe aux cordes, lourdaud encore, puis plus alerte, mais toujours comique, aux deux trompettes en sourdines, doublées par les pizzicali (ex. 271).

L'eau monte et envahit tout. Sur les arpèges des cordes et des bois en sens contraires, clarinettebasse, cors et pistons, clament le motif (p. 17). Et après le formidable coup de hache qui coupe le maudit balai, comme l'orchestre hésitant, coupé de silences, exprime bien l'effort des deux tronçons qui cherchent à se rejoindre.

Le motif, divisé en deux fragments, passe alors par tous les timbres, pendant que l'eau menace de submerger le vaniteux apprenti, et jusqu'à ce que le maître vienne enlin au secours de ce niais.

Page 60, les petites notes glissées des cors, appuient

l. Les premières œiiYres tic Dui^as sont conteuiporaines de celles de Stual'ss, qui étaient alors presque inconnues en France.

E,\'<:YCL0PI:DIE de la musique et dictionnaire du CONSEliVATOinE

sa,

l'intenlion humoristique du passage que des cornets à pistons soulignent mieux que ne l'auraient fait des trompettes.

La Symphonie en ut, quoique n'employant que l'instrumentation usuelle, est d'une sonorité corsée et nourrie. Les cuivres y ont (p. 80, 81, 83) une figu-

ration mouvementée. Ils prennent de plus en plus d'importance dans l'orchestre moderne. Ici, ils ont même tendance à dominer.

Cette prépondérance justifiera nécessairement le développement des instruments graves, bois ou cuivres, clarinette-basse, clarinette-contrebasse, sarru-

TECHNIQUE. ESTHÉTIQUE ET PÉDAGOGIE

P. Duras, Ariane et Barbe-Bleue. 1" acte (par autorisation spéciale de M. Durand).

Animé

O^'fl

Exemple 273.

sophone, trombone-basse, tuba, contrebasse tuba, et ] cédés favoris de Duras : multiplicité des figures

cela par préoccupation d'équilibre. L'auteur emploie rythmiques et des dessins contrariés. Elle fait partie

(p. 134, lo2, etc.) une tr'ompelte en j'e pour atteindre i de Vadayio (ex. 272).

le si, l'ut ei l'ut dfce aigus. Mais l'orchestre d'Ariane et Barbe Bleue appellera

La pa(,'e 60 donnera une juste idée d'un des pro- | surtout notre attention. Le deuxième acte, prêtant

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