Sur les Noi'ls, Toir l'annexe a la lin
Orlande de Lassls, né à Mons vers lo30, a écrit des œuvres religieuses en grand nombre, enlre autres des motets d'une forme parfaite.
Cyprian dk Rore, né à Anvers en lolO, a produit des œuvres fort belles pour les diverses parties de l'office, et une Passion selon saint Jean. Il fut un novateur hardi. Hubert Waelrant, Philippe dr Monte, Berchem, Jacob dit Clesiens non papa, Nicolas Gom- BERT, Johannes Tinctoris, Adrian Willaert et beaucoup d'autres se sont l'ail remarquer dans la composition des motels.
Espagnols et Portngais.
Le Portugal ne donna guère le jour qu'à deux maitres intéressants ; Damian de Goës (1301) et Lope/. dit LoBO (vers tjo5); Fernando d'Almeida, né à Lisbonne vers 1618, célèbre dans son pays et dont on connaît une messe à 12 voix et des lamentations, ainsi que Jean IV, roi de Portugal, appailiennent à une époque déjà plus avancée. Ces maitres se distinguent, eux aussi, par le nombre et la variété de leurs motets.
Par contre, l'Ecole espagnole fait preuve d'une rare fécondité. Ivo de Vento, Diego Oktiz (dans la première moitié du xvi= siècle) et surtout Cristofano Morales et Francisco Guerhero son élève, tous deu.x nés à Séville, ont laissé de nombreuses compositions pour les diverses parties du culte. On peut citer aussi Bartholomeo Escobkdo qui écrivit un Mi!>erere, un Magnificat et des motets, et, dans les temps modernes, don Francisco Saverio Garcia, un des réformateurs de la musique religieuse en Espagne, et don Miguel Hilarion Eslava; mais ils furent tous distancés par Tomaso LuJovico da Victoria, né à Avila vers lo4.ï. Ce grand maître, l'émule et l'ami de Palestrina, élait venu fort jeune en Italie. Outre ses messes, Victoria a laissé d'admirables répons et des raolets, dont le célèbre 0 vos oinnes, qui ont immortalisé son nom. Ses œuvres, d'une ligne moins pure, d'une pensée moins profonde, moins idéale, que celles de Palestrina, nous touchent davantage; elles nous paraissent, à nous modernes, plus expressives, plus humaines.
Allemands*
L'Ecole allemande, au temps de la Renaissance, ne promet point tout ce qu'elle a tenu dans les siècles suivants. Néanmoins, des musiciens comme Handl Gallos et son célèbre Ecce quomodo moritur justus , les deux Reiner (Jacob et Ambrosius) , Hans Léo Hasler et ses messes de 4 à 8 voix, Ludwig Senfl, Sixtus DiETRicH, ÎVikolaus Forster et sa messe à 16 voix, tant d'autres encore, ne doivent point être oubliés dans l'énumération des maîtres qui ont bien serri l'Art et l'Eglise.
Italiens.
Au contraire de l'Ecole allemande, l'I'xole italienne de la Renaissance, formée par des maitres étrangers, (Uamands, français, espagnols), attirés en Italie par le prestige des centres intellectuels et artistiques, Rome et Venise, l'Ecole italienne du contrepoint vocal et des plus parfaits modèles d'art religieux qui existent, vit son plein épanouissemeul au xvi^ siècle avec Palestrina.
Sous l'impulsion de l'Italien Marcbetto os Padoue
et du Français Jean de Mûris, théoriciens avancés du xiVsiècle, du maître Uamand Guillaume Dupay qu'on voit, en 1428, chanteur de la Chapelle pontificale et qui mourut chanoine de Cambrai en 1474, des élèves d'OcKEGBEM, entre autres Josquin Deprès, qui vécut longtemps à Rome, de l'Espagnol Morales, qui vers 1340 était chanteur de la Chapelle pontificale, et des Français Firmin le Bel et Robin Mallapert, l'art s'acclimate en Italie et y produit déjà de grands résultats. Bornons-nons aux suivants :
Giovanni-.Matteo Asola, né à Vérone, mort à Venise en 1609, se fait remarquer par un grand nombre d'oeuvres religieuses de toutes sorles. Il fut l'un des premiers à adopter le basso-continuo pour l'accompagnement à l'orgue, ce qui, du reste, n'était pas un progrès surles habitudes polyphoniques des époques précédentes. Giovanni Auimuccia, né à Florence vers 1300, mort à Rome en 1370, peut être considéré comme le maître précurseur de Palestrina. On lui attribue la création de l'Oratorio'. Costanzo Festa, mort à Rome en 1343, fut un des maîlres italiens les plus renommés avant Palestrina, un des précurseurs du chef de l'Ecole romaine. Son Te Deum est encore au répertoire de la Chapelle pontificale.
Felice .\nerio, né en 1360 à Rome, où il mourut en 1614, est l'auteur d'un AitorcjoKjs et aussi d'un Slabat à trois chœurs qui furent longtemps attribués à Palestrina Son œuvre : hymnes, cantiques, répons, motets, psaumes, etc., est considérable; il fut d'ailleurs le successeur de Palestrina comme compositeur de la Chapelle pontificale.
Giovanni-Fraiicesco Anerio, frère de Felice, né à Rome vers 1567, et mort en cette ville, est, lui aussi, un remarquable compositeur de messes, motets, litanies, etc. Sa réduction à 4 voix de la Messe du Pape Marcel de Palestrina est célèbre. Ludovico Agoitini (1334-1390); les deux Garrieli (Andréa et Giovanni I, ce dernier ayant laissé des motets de 6 à 19 voix et beaucoup d'autre musique d'église à deux et trois chœurs, tous deux nés et morts à Venise. Giovanni-Maria Nanino (1343-16071; Ludovico Via- DANA (1364-1645); Ruggiero Giovanelli, de Velletri (vers 1560, après 1613); Claudio .Mkrulo (1533-1604), tous ces maîtres et une foule d'autres, dont on ne saurait assez admirer les travaux, font cortège à celui dont le nom caractérise toute une époque, fixe définitivement un genre et auprès duquel, comme à une source éternellement pure, sont venus se retremper, depuis bientôt quatre cents ans, les musiciens épris de leur art... j'ai nommé Giovanni-Pierluigi Palestrina, né à Palestrina en 1526, mort à Rome le 2 février 1394. Successivement maître de chapelle de Saint-Pierre de Rome, de Saint-Jean de Latran, de Sainte-Marie-Majeure, et nommé compositeur de la Chapelle papale, il eut toute liberté pour écrire ces œuvres fortes et longuement méditées qui vivront tant qu'il y aura des hommes pour comprendre le langage des sons. Mais ce qu'il faut proclamer bien haut, parce que le fait paraît aujourd'hui contesté, c'est qu'en dehors de ses immortels chefsd'œuvre : messes, motels, hymnes, répons, offertoires, lamentations, litanies. Magnificat, etc., Palestrina, à la suite de la composition de la Messe du Pape Marcel, et grâce à la situation prépondérante qu'il occupait à Rome, eut le bonheur de sauver le style polyphonique d'église que des abus de tout genre avaient compromis.