Hn partie publié par H. Expert
niére a une voix de plus que l'ciisenible île la messe, et est écrite à cinq voix pour une messe ;i quatre parties vocales
Pai.kstiiina liéi'ila de la solide technique des maîtres du .Nord et s'appropria leurs procédés. Ses messes se divisent en deux catégories : celles qui sont écrites pour le service liturgique courant, et celles qui sont destinées aux offices de la Cliapelle Sixtiueou à des fêles solennelles, et qui se reconnaissent immédiatement à leurs vastes dimensions; elles correspondent en effet à un développement extraordinaire des cérémonies du chœur, tel qu'on peut l'observer au sacre des évêques, dans les fonctions papales, etc. Dans les unes et les autres, on remarque un travail thématique très serré — et déjà beethovénien — fait sur le motif principal de la messe qui joue le rôle de leit-motiv l\ la fois architectural et expressif; pour prendre un exemple, dans la messe Sine nomine, bâtie sur la chanson française : Je suis désiu'ritre, ce ti'avail tient plus des quatre cinquièmes de l'œuvre, et présente fréquemment des superpositions de deux et Irois fragments du thème. Ce travail, très facile à analyser d'ailleurs, varie d'une messe à l'autre et n'obéit à aucune règle fixe. Gomme dans l'école française, les trois invocations du Kyrie sont diliérentes; le Gloria est découpé aux mots Qui tollis et Quoniam tu solus. Le Credo est régulièrement divisé à Et incarnatus, à Et in Spiritiim et à Qui cum Pâtre. Le San'-tus, Pleni sunt et Hosanna forment un ensemble; mais le Benedictus compte une voix de moins, tandis que la dernière invocation de l'Agnux Dei est toujours écrite avec une voix de plus que le reste de la messe.
Les émules et imitateurs de Palestri.na, quelle que soit leur école, modilièrent très peu la tradition. On remarquera fréquemment dans le Gloria un changement de mesure à Gratias agimus, et le verset Cum Sancto Spiritu forme régulièrement une coda agogique. Dans le Credo, une reprise de mouvement se fait toujours à Et resurrexit. Le Benedictus tend à conserver le même nombre de voix que le Sanctus ; quant à \'A(jnus, il oll're assez de diversité : les invocations sont tantôt pareilles, tantôt différentes; elles admettent ou non une partie vocale de plus que la messe, selon la fantaisie du compositeur.
Les Introils, Gradueh, Offertoires et autres parties du « Propre » de la messe, quand ils sont revêtus de la polyphonie cliorale, obéissent aux lois de construction du motet.
Les messes des morts offrent quelques parlicula rites : presque toujours, les « intonations >> sont empruntées au chant grégorien; le propre de la messe, en partie mis en polyphonie, alterne, ainsi que l'ordinaire, avec le chant grégorien; fréquemment, les trois invocations de VAgims sont diliérentes. La messe, au lieu d'être bâtie sur un seul motif, utilise à tour de rôle tous les thèmes grégoi'ieiis de la messe de llcquiem.
La trailition du style vocal de la Renaissance s'est perpétuée jusqu'à nos jours, où le \Motu proprio de Pie X l'a remise en honneur. Des œuvres comme la messe Ad majorcm Dei gloriam de Gaui-ra (1700), laïUtssa quadrayesimalis et autres de Fux, qui offrent toutes les combinaisons possibles de l'écriture en canon, la Messe de Jeanne d'Arc de Gol'nùd, sont de bons exemples de la survivance des anciennes recettes.
Mais, au cours du xvii= siècle, une évolution se produit dans le style de la messe : l'emploi des ins-
truments — primitivement soutiens discrets des voix mal assurées ou irisuriisantes — se généralise et a pour terme normal l'usage de rorcheslie, masse sonore distincte du chœur, tantôt accompagnant ce dernier, tantôt contrastant avec lui. D'autre part, les mêmes causes qui ont transformé le madrigal en solo accompagné, agissent ici pour introduire l'habitude de conlier certains fragments, • — variables selon les écoles et les époques, — d'abord à un trio ou quatuor de solistes, puis à un seul soliste. Enfin, le développement harmonique amène progressivement un emploi systémali(iue de la modulation, utilisée de plus en plus comme moyen expressif destiné à rehausser le coloris des œuvres; jusqu'ici, en effet, la jiolyphonie s'était bornée à dégager, approximativement, l'harmonie élémentaire latente dans le chant grégoi'ien ou la mélopée profane.
Dès lors, la forme de la messe ne variera guère ; à part les différences du style qui caractérisentchaque époque, — les compositeurs se servant toujours du langage musical en usage de leur temps, — la messe n'est qu'une sorte d'oratorio pour l'église, avec soli, chœur, orchestre et orgue. Les amateurs de statistique pourraient vérifier que le texte liturgique est généralement coupé par tout le monde aux mêmes endroits, que certains passages sont confiés presque 'immanquablement aux solistes, d'autres au chœur, que certaines parties sont toujours lentes, — telles que le Qui tollis du Gloria, ou l'El incarnatus est du Credo, — d'autres ordinairement vives, — telles que le Quoninm du Gloria ou ÏEt resurrexit du Credo; mais de telles constatations sont d'un mince intérêt, et seuls, ceux qui s'appliquent à des minuties susceptibles de remplir inutilement des volumes y arrêteront leur esprit.
La messe de Benevoli, écrite pour la consécration de la cathédrale de Salzbourg (1628), en dépit de ses proportions considérables et des masses imposantes nécessaires pour son exécution (deux chœurs à huit voix, trois orchestres, deux groupes de trompettes et timbales, deux orgues), ne change rien aux dispositions habituelles. La première invocation du Kyrie est imposée par les chœurs ; les solistes, au nombre de huit, exposent le Cliiislc, et la réunion de toutes les forces instrumentales clame le Kyrie final, en de grands accor'ds très peu modulants, pour ne pas produire de confusion harmonique entie les orchestres et les orgues placés en des point différents de la cathédrale.
Dans le Gloria, le tutti s'arrête au Gi'alias agimus tibi : les solistes disent le texte jusqu'au Qui tollis, repris par le chœur; le Quoniam est exposé successivement par les seize solistes jusqu'au Cum Sancto Spiritu, où renire le chœur; l'.lmfn forme une petite coda.
Dans le Credo, après le tutti du début, les solistes récitent le texte à partir de : Et e,r Pâtre; le chœur s'introduit dans la trame au Qui p}-ûptrr nos; Vlncar- 7iatus est est confié aux solistes. Le chœur reprend à Et unam; le Confiteor est confié aux solistes et le chœur conclut l'Aynen.
Le Sanctus commence par le tutti ; les solistes alternent avec le chœur' pour Vllosanna et le Benedictus. Dans l'Agnus Dei, après le tutti, le I)a nobis pacem, exposé par les solistes, est repris et terminé par le chœur.
Toute la messe se maintient en ut majeur, avec fort peu de modulations : par endroits, on observera des basses obstinées qui s'apparentent au système de la