Dès VAlmira de
9. Haendel avait fait jouer son Almira, au commeocemont de i705. et son Nerone, en février 1705, avec un succès considérable. Keiser, jaloux, reprit les deux poèmes et les remit en musique.
3. L'Octavia de Keiser (rééditée par M. SeiCfcrt dans les Suppléments à la grande édilitm de Haendel, 190-2, Leipzic) fut une des partitions manuscrites que Haendel emporta en Italie, à lu fin de 17(jB. Il s'en inspira dans plusieurs de ses œuvres italiennes : SilUi, Amadir/i, Agrippina, Rodrigo, Aci e Galalca, Il Trlonfo dcl Tempo, La Rcsurresione, les Cantates Italiennes.
4. Les airs sont accompagnés, tanlùt par les violons et les hautbois, tanLùt par les violette ou les violons et flauti dolci, ou 2 bassons et basse, ou même 5 bassons {un air de jalousie). Les cors de chasse alternent, dans les airs et les chœurs triomphaux, avec les cordes et les bois. L'ouverture, en 3 parties, à la française (avec des indications en français : Vistement, Lentement), a pour orchestre 2 violons,
'2 hautbois, violons et basses; les hautbois, par moments, forment un pelit concert isolé, auquel répond et s'oppose lo tutti.
ô. Die neueste Untersucimng der Singspiele, 1744, Hambourg. — Kern melodischer Wissenschaft. 1757, Hambourg.
6. Parmi les dix règles qu'il édicté, les plus importantes sont : qua le récitatif soit toujours naturel, au point de sembler presque parlé, — que l'émotion soit exprimée sans aucune altération, — que l'accent des paroles soit scrupuleusement noté; — et cependant, il faut toujours que le récitatif parde un caractère mélodieux.
Barthold Feind, en 1708, admire la souplesse avec laquelle lo récitatif do Keiser suit toutes les inflexions du discours, traduisant jusqu'aux nuances les plus fines de la ponctuation.
7. Les premières grandes cantates de J. S. Bach suivent do très près ces opéras de Keiser. Aua der Ticfe fut siins doute composé entre 1707 et 1712; Gottcs Zeit, aux alentours de 1712.
HISTOIRE DE LA MCSIQUE
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det nieht mehr euer Strahl.îhr habt michiwar ge ehret, doch auch be
schweret, fahrt wohl , fahrt wohl, da tdich ein Schicksal trifft!
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Gift, dasdein vermeint beJeidigterGemahl fiir so viel Lieband Treu'du liisslzii
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Weg, Scepter, weg! weg! Dor
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nen, schwangre Krone!
De telles scènes prêtaient au jeu des acteurs et à l'expression dramatique. Aussi Keiser y attachait-il une grande importance'.
En même temps, il était un mélodiste-né ; et ses airs sont d'une beauté et d'une variété admirables. Ce Mozart du commencement du xviu<= siècle était, par excellence, le musicien de l'amour. « En la peinture de cette passion, je doute, dit Mattheson, que jamais personne l'ait surpassé, ou le surpasse jamais. »
Tous ces dons trouvent leur emploi dans la scène étonnante de l'acte III, où Néron, fugitif et déguisé, se lamente dans la campagne déserte. Peu de scènes lyriques de la première moitié du xviii" siècle ont une telle profondeur d'accent : c'est la grâce plastique et la gravité religieuse des plus nobles œuvres de Haendel ^.
Tant de force se dépensait en vain. Keiser, acculé à la ruine, cherchait inutilement un mécène, qui lui assurât la tranquillité du travail '. Le théâtre de Hambourg fit faillite, et Keiser, traqué par ses créanciers, disparut pendant deux ans, de la fin de 1706 au commencement de 1709. Mais il était d'une élasticité extraordinaire; les malheurs glissaient sur lui, sans l'atteindre. En 1709, il rentra tranquillement à Hambourg;, avec 3 opéras nouveaux; puis de 1710 à 1717, il lit jouer 21 opéras. De plus, il écrivait des cantates* et des Passions, qui inaugurèrent le genre des Passions dramatiques, immortalisé par J. S. Bach ''. II débordait d'invention. Cette période, de 1709 à 1717, est celle du plein épanouissement de son génie; il nous reste de ces années une dizaine de partitions manuscrites. Lindner a réédité, en appen-
dice à son étude sur l'opéra de Hambourg, un air de VOrpheus de 1709, avec violons, hautbois, et deux bassons, qui est de la plus grande beauté. M. FuUer Maitland a publié, dans le quatrième volume de YOxford History of Music, deux remarquables airs de rhiganno fedele de 1714 : l'un, une aria con affctto, pour basse, est un chant d'adieu, d'une émotion concentrée; l'autre — un duo — est le premier type, semble-t-il, d'une des formes musicales les plus caractéristiques de J. S. Bach : ses dialogues amoureux entre le Christ et l'âme humaine. — Le Crœsus de 1711, dont nous possédons une copie au Conservatoire de Paris, est une des plus belles œuvres de l'opéra allemand, au xvm" siècle. Il débute par une ouverture en trois parties, dont le premier mouvement (un 3/8 éclatant, ivre de vie triomphante, écrit pour 3 clarini en ré, 2 timpani, zuffolo, violons, violes et basses), rappelle, par endroits, VAcù de Lully, et, d'une façon plus curieuse encore, des sonates de Domenico Scarlatti". Le chœur qui fait suite à l'ouverture est, comme elle, d'une ardeur magnifique : les voix et les violons exécutent des dessins triomphaux, que rehaussent les sonneries éclatantes des trompettes, tandis que les basses marchent à larges enjambées héroïques. C'est le style de Haendel. On le retrouve encore dans l'air d'Elmira : lloffe noch, gekrànztcs Hcrz, que précède un délicieux petit prélude instrumental pour hautbois solo, violons, violoncelles et basson, — et surtout dans l'air de Crésus au troisième acte: Gôtter ùbt Barmherzigkeit, un des plus majestueux que Keiser ait écrits.
CRŒSUS.