Bibliothèque Sainte-Geneviève (réserve, i", V, G
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significative des mélodies de choral'. Les compositions de l'organiste de Breslau, Tobias Zeutschner, témoignent des mêmes tendances expressives, avec plus de vérité dramatique dans la mélodie. Je citerai
la belle phrase passionnée qui s'élève à la (in de celle invocation : " Seigneur, en larmes je te cherche, avec Marie-Madeleine je tombe à tes pieds pour les baiser en pleurant : »
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Nurinit Thraneu,rnilThranenmitThiauen,milThrâueDsie zii kîis-seu.
Ce passage est tiré d'un recueil de 1652, formé de pièces à 3, 4, 5 et 7 parties, avec violons ad libitum-. Dans une collection de 1661, le même auteur présente des œuvres écrites pour 4, 5 et 6 voix, avec 2 violons, auxquels s'adjoignent 3 trombones, et, dans certains cas, 2 trompettes {clarini], dont, à défaut
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d'instrumentistes, l'on peut se passer. Zeutschner se modèle évidemment sur Schiitz. Comparez, par exemple, le début du motet Es ei'lnib sich ein Streit , «il s'éleva un combat » (n" VI), avec les premières noies de la Symphonie sacrée de Schiitz Es steJÎ Gott auf (que Dieu se lève).
Es er hub sich ein Streit,
Et voyez, dans Resonent organa (n° IX), les imitations instrumentales analogues à celles que nous avons signalées dans mainte composition du maître de Dresde.
D'autre part, Andréas Hammerschmidt s'applique à rendre accessibles aux chapelles dénuées de grands artistes les motets à voix seule ou en duo, et les œuvres vocales accompagnées d'instruments. S'il ne se manifeste pas constamment comme un maître de très haute valeur, le « bon Hammerschmidt », comme on l'appelle au xviii" siècle avec ironie, eut du moins ce mérite, nous dit Johann Béer, d'avoir entretenu la
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musique dans presque toutes les églises de campagne, ce que n'auraient pu faire mille compositeurs de renom, avec leurs coutrefugues et leurs étrangetés, car les bizarreries de style par lesquelles ils se font valoirne sontpas aisément comprises par le peuple^. Il se contente d'être expressif dans ses soli, où la déclamation n'est pas enrichie, ni obscurcie par des tournures de chant recherchées; mais il est parfois un peu monolone. Ses phrases mélodiques manquent de contour et de mouvement : il psalmodie. On peut juger de son uniformité dévotieuse par ce passage de VO bone Jesu* :
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Mais ce défaut même de variété le sert, s'il ne veut être qu'édifiant et facile. La Symphonia de sa quatrième il/esse, sans être d'ailleurs d'une écriture irréprochable, est d'une convenance religieuse parfaite. A
la bien considérer, elle ne se compose que d'accords à peine ornés de la plus simple des broderies, mais c'en est assez pour donner l'impression d'une musique à la fois pleine et intriguée.
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I. Varii variorum tani in Ilalia qunm Germnnia excellentissimoram musicoriun Concentus, ab u»a, x', S et 4 vocibus, adjnnrto basso ijenerali : guos pnrthn Jtnlia noiuUun divuh/avit nec Germania piiblicaios vidit, coUccti et jurispnblici facti a quodam hujus studii umatore, Dresdae^ sumtibus Seyfferthiis i6i3 (Bilîl. nat., Vm*, 9li0).
2. Decns prima... (liibl. nat., i^-scrvc Vm', '.M). — Musicaliiche Kirchen- und Haiis Freude.., (Uibl. nat., K-s. Vm', IH)).
3. Johnnn Uccrens..., musirati.tr hc Oisrio'se , 1"I!1, p. 72 (Bibl. du Conservatoire, n" I2345'().
4. Motettae 11/(111.1 et dwirnm vorum (Drcsilo, 1652), Lilil. nat., Vm», 97.Ï.
HISTOIRE DE t.À MVSIQUE
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On comprend aisément que cette gravité réelle et que cette science apparente aient été fort goûtées. Nul magister de Thuringe et nul caiilor de village saxon qui ne fussent à même de diriger de telles œuvres, exécutées par des musiciens de bonne volonté. Malgré la médiocrité de la facture, les uns et les autres y gagnaient, tout en restant fidèles à une musique digne, de se familiariser avec les éléments de la composition et de se former un langage harmonique fort rudimentaire certes, et même non exempt d'impuretés, mais, en somme, suffisant. C'est à des maîtres comme le « bon Hammerschmidt », que des provinces entières doivent une culture musicale assez profonde déjà pour que, du terroir ainsi préparé, surgissent des artistes qui n'auront pas besoin de s'attarder aux premières études et s'épanouiront à leur gré, presque sans apprentissage. 11 ne faut pas oublier que les Bach ont vécu dans une des régions où les œuvres de Hammerschmidt étaient très répandues. Spilla observe que, dans son motet sur la victoire de l'archange Michel, J.-Christoph Bach s'inspire d'un motet fait par l'organiste de Zittau sur le même sujet'. Encore que l'on puisse attribuera M. Altenburg l'invention du motif commun à ces compositions-, on ne peut méconnaître l'influence de Hammerschmidt sur le développement de la musique dans les moindres bourgs voisins de Gotha et d'Krfurt^.
Instituteur des paysans, Hammerschmidt n'est cependant pas privé de qualités brillantes. Si l'on peut lui reprocher quelques négligences de style, négligences communes à toutes les œuvres du même temps, il se montre cependant à son avantage dans des compositions telles que ce double chœur, habilement
1. Johann Sébastian Bach, I (1873), p. 49. La composilion de Hammerschmidt est la 2i> du recueil iiililulé Aiider Theit (leisHicher Oesprdche ùber die Erangelia (Dresde, I60G).
2. Voyez lY-tudc publiée par M. L. Moinecke dans les Sammelàànde der inlei'nationalen Mnsikqeseîlsclia ft , V, p. 41 (lfl03).
3. Spitta observe que les exemplaires dœuvres de Uammerschmidl conservés dans la biblioUièque de l'église d'Arusladt portent la trace d'un usage conlinu \J.-S. Hach, I, p. 37). Dans sa Muaikaiische Handleitunij (3' partiel, publ. par Mattbeson en 1717. F.-E. Niedt renvoie, pour l'eiplication de ce que sont les niolels, aus paysans de Thuringe, chez lesquels ils persistent depuis Hanimerschmidl (p. 34).
4. Vterter Tlteil musilcalisclter Andachtea ijeistliclier Motetten ujid Concerte {Freibcrg, 1G46, n" 22).!