Voyez plus haill, p
3. Voyez, dans le lliirh-J:iUrbnch do 1907, l'analyse thématique de plusieurs autres motets de ces eomposilcura, avec les remarques de M. .Max Schneider.
niSTniRE DE L\ MVSIQVE
XVII'' ET XVIU" SIECLES. — ALLEMAGNE i)r,9
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Sofalit mir aiif das Herzein S Le in so fil lit mirauf'dasHerzeinSlein
Le rythme devient agité, il y a comme des soubresauts ilans le chant et dans la basse continue, à ces mois : « Et je suis environné de crainte. » Quand l'espoir succède à la terreur, le mouvement change,
une
cadence alerte (JJ J) anime les phrases dé-
ployées par le soprano.
Dans un cantique de Noël in" 19), dont le commencement contient des passages qui sont d'une déclamation très juste et à peine enjolivée, Franck célèbre le Christ enfant par une sorte de prière lyrique, doucement balancée' :
Wie herz lich se- he ich mich nach dir, du fieu den.
rei - ches Kind, wie herz lich se he ich mich. nach dir, du
r- c^'ir
freu - den reiches, du freu
-den rei ches Kind, etc
'• Le même recueil de Wolfenbûttel renferme un duo en forme de chaconne pour deux sopiv»;/, avec 2 violons et basse continue de Dietrich Buxlehude, orga-
niste à Lûbeck. La « basse obstinée » de la chaconne est faite de ce motif :
m: LiIj I [rH- ^
Cette composition est d'un tour aimable, plus mondain peut-être que religieux. Il ne faut point trop l'en blâmer : Buxtehude a parfois le mérite bien rare de captiver ses auditeurs en laissant s'épanouir, dans sa musique, une sorte de sourire. Mais ne croyez pas que ce rayonnement témoigne d'une joie vulgaire : rien de plus délicat au contraire que les joies de Buïtehude. Jamais elles ne nous choquent, mais elles s'insinuent en nous et nous possèdent. C'est ainsi que le début de l'une de ses cantates a telle grâce que l'on ne saurait y demeurer insensible : on n'oublie point cette musique tout unie qui accompagne les mots : Ailes was ihr liait, mit Worten oder mit Werken, das Ihul ailes im Namen Jesu^. Un peu plus d'accent, et elle serait saccadée; une redite encore, et oq la trouverait commune. El cependant, on ne regrette point que le tour trop facile de celte mélodie l'ait rendue obsédante : la sincérité, la naïveté de l'expression, rachètent ce que le chant aurait de trivial, si tout autre que Buxlehude l'avait écrit. La cantate qui commence ainsi est précédée d'une sonate formée d'un grave exorde, aux harmonies subtilement enchaînées, et d'un Presto en style
1. Witlkommen,liebst^s Jesulf^in. Dans la citation musicale, au lieu de se-heg lire se/m' (CombieD, du fond du cœur, je soupire après toi).
d'imitation. Après l'espèce de cantique populaire que nous avons signalé, la basse déclame, en phrases répétées sur différents degrés du ton : « Aie la joie dans le Seigneur, il te donnera ce que Ion cœur désire. » Cet arioso {mi mineur) est suivi par un admirable intermède d'orchestre. Comme si, par l'enchantement de la musique pure, se réalisait déjà la promesse de béatitude, la « symphonie » s'élève soudain, ample, radieuse et tendre : de l'accord de sixte de mi mineur, largement énoncé, jusqu'à l'accord parfait de sol majeur, se déploie une série de modulations lentes. Du si de la quatrième corde, les premiers violons descendent, degré par degré, jusqu'au sol de la deuxième corde. Alors les instruments se taisent; seulement accompagné de la basse continue, le soprano entonne : « Je laisse à Dieu le soin de décider. » Le chœur dit la seconde strophe de ce cantique, puis, vers la fin, l'orchestre se joint aux voix, après avoir d'abord joué des interludes. Une autre Sonata précède la reprise du premier chœur, par laquelle se termine la cantate. Dans ce dernier épisode instrumental, Buxtehude donne une nouvelle preuve de son goût pour les sonorités pleines :
2. « Tout ce que vous faites, en paroles ou en actes, faites-le au nom de Jésus. »
Adagio
Alleg
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Adagio
i^epi
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r ''^m f^ïïm f
Spitta nous a laissé d'excellentes analyses de quelques cantates de Buxtehude, dans le 3° chap. du 2' livre de son Johann Sébastian Bach. En outre, M. Seiffert, qui a aussi écrit sur Buxtehude (Jahrbuch der Musikbibliothek Peters fui' 1902), a donné, dans le 14° vol. des Denknmler deutscher Tonkunst (iWi),'p^\MW\.\ri compositions de ce maître. Je renvoie à ces publications, où l'on trouvera des renseignements détaillés sur les cantates et les Abendmiisiken. Je signalerai cependant quelques particularités dans l'orchestre de Buxtehude, l'emploi des trompettes bouchées, des trombones, les accords répétés qui semblent imiter le bouillonnement des eaux montantes, l'unité des phrases d'orchestre et des phrases de chant inspirées par les mêmes paroles. Dans la cantate Herr, ich lasse dich nicht (I)', dont le premier arioso a un caractère à la fois audacieux et tendre, le récitant fait entendre d'abord une suite d'exclamations violentes, qui forment comme un chant de trompette, qui va se répercuter, dans l'orchestre, en motifs de fanfare. Dans la cantate Golt, hilfmir (IV)^, les invocations de la basse sont redites aussi par l'orchestre qui, plus loin, dépeint les eaux grossies qui s'élèvent : au cours de cette composition, la mélodie du choral Dui'ch Adams Fuli'^ est jouée par les violes et les violons unis, tandis que le chœur fait au thème liturgique un accompagnement figuré. Après une introduction aux harmonies pleines, aux phrases larges, interrompues par des silences dramatiques, semés d'accords pesants et précis, le soprano expose le choral \Vo soll ich fliehen hin (V)* soutenu par les instruments. La basse répond à ce cantique où s'exprime l'anxiété du chrétien, par un air de forme libre où