‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 5)Chapitre 147 sur 297 · Où dois^jc fuir · texte numérisé non relu

Où dois^jc fuir

5. Notons enfin, dans ces cantates, une force et une splendeur qui passeront chez Hiindel. Il faudrait ajouter, a cette brève analyse, quelques mots sur les cantates inédites de tiuxtebude, sur sa cantate potir la semaine sainte, trad. allemande du Yçrt; lanffuoresr sur ses cantates de Pâques, de l'Ascension, sur ses Musiqw'S du soir. Je ne jjeui que renvoyer à l'ùtude publiée récemment (Dietrich JJuxtfhudt; libr.

sont admirablement traduites les paroles que Schûtz avait déjà si remarquablement traitées : « Venez à moi, vous tous qui souffrez, n etc. Les deux violons paraplirasent ingénieusement le chant : par des imitations contrapontiques, ils multiplient l'essor des quelques notes cadencées qui sont jointes aux invitations du Seigneur olfrant le «joug léger ». A la chute de la voix sur les mots qui annoncent l'humilité du cœur, correspond une ritournelle brève des instruments qui descendent, symboliquement aussi, et modulent doucement. Enfin, les chocs rythmicjues de l'impératif K/()p/'t;< an sont répétés à l'orchestre. C'est ainsi que, dans une prière de structure indélinie, se manifeste, par l'enchaînement des images et par leurs reflets, une sorte d'unité, d'origine pittoresque et expressive, et d'elTet purement musical".

Organiste à Nuremberg, Georg-Caspar Wecker (f 1695) a laissé quelques compositions assez développées, écrites pour les voix et les instruments. Je cite en particulier le beau chant de funérailles Ich ireiss. dass mein Eiioser tebet^. Ce « concert spirituel », daté de la dernière année du musicien, est accompagné de deux violons, deux violes et basse continue. Il contient une sorte d'invocation à la« douce tombe », d'un langage expressif, sans effort d'invention ni de technique, mais d'une simplicité émouvante et pieuse.

Johann Pachelbel, dont nous étudierons plus longuement l'œuvre d'orgue, nous est comm aussi comme compositeur de cantates et de motets. La cantate Was Golt thiit est faite sur le choral commençant par

Fischbacher, i!)I3). — De J. G. Conradi, qui vécut à Hambourg, dans le inéme temps, on peut signaler deux motets, l'un sur le ps. Bptttux vir {Bibl. nat.) composé sur une basse qui se répète, et liont ta lin {Siotl erat in principin), par une allusion facilement reconnaissable. est une reprise du conimencen)ent, avec quelques changements dans le rythme du chant, à cause de la dilTércnce des paroles. Dans 0 Jeutt dntiAssiîHC (Upsal, V. M. ;>3 ; IV), pour lénoi-, 2 violons cl basse. la déclamation, au début, mancpic un peu de souplesse ; plus loin, Conrad abuse de la répétition mécanirjue îles motifs. 6. H Je sais que mon rédempteur vil. »

niSTOIllE DE LA MUSIQIE

XVII' ET XVIII" SIÈCLES. - ALLEMAGNE Wl

ces mêmes paroles. C'est une sorte de suite de versets pour orgue, transci'ils pour les voix et les instruments. On doit remarquer cependant la strophe que la basse chante en arioso. la mélodie du choral étant donnée par le premier violon. Le style de cette œuvre est bon, mais la vigueur, la fantaisie et la profondeur d"un Buxtehude, ou le pathétique d'un J.-P. Krieger, y manquent pour la vivilier. La même élégance facile et la même absence d'audace se remarquent dans un motet à deux chœurs, de style clair, sans aucun ell'orl d'intrigue, où les groupes vocaux dialoguent, puis s'unissent en grandes harmonies consonantes, articulées comme d'amples phrases de faux-bourdon'.

Friedrich Wilhelm Zachow (1063-1712), organiste à Ilallo di'puis iOS4, mérite d'être compté parmi les plus peniarquables compositeurs de cantates qui aient écrit avant Bach. De plus, il est le maître de Haendel. Dans plusieurs de ses œuvres on découvre l'esquisse de grandes fresques, achevées par l'auteur du Messie. M. Seilî'ert, auquel nous devons la publication de douze cantates de Zachow, note des motifs qui ont été repris et développés par Haendel et des passages dont il s'est inspiré. 11 y a du reste une sorte de parenté de génie entre le modeste organiste de la Hhn-ktlii relie de Halle et son disciple célèbre. La même noblesse, le même style lumineux, se remarquent chez l'un et chez l'autre. Je renvoie à l'admirable air de ténor avec violon, 0 du weiiher Freudengeist (p. 71 de l'édition moderne), où se déclare

magniliquement cette affinité entre les deux musiciens-.

Zachow ne manque pas d'ailleurs de traits communs avec Bach. Mattheson avait critiqué, chez tous deux, le môme défaut, la répétition inconsidérée des paroles. L'usage des motifs expressifs bien déterminés, fortement tracés, avec une marque de personnalité dans l'usage des formules traditionnelles, leur est aussi particulier, .le signalerai, par exemple, l'emploi de la suite chromatique descendante dans l'orchestre de l'air de basse Ach iind Wch (p. oC), la cadence vive et l'insistance des dessins de la flùto dans l'air de ténor Singt mich an (p. \ 13), les thèmes de batailles (p. 66, chœur Uollenhcer, schàrfc delne Feucrpfcile), le goût pour les notes répétées dans les motifs vocaux des chœurs, etc. '.

De Ph. Heinrich Erlebach, dont nous étudierons plus loin les airs profanes, on a conservé quelques cantates et une composition pour 1' « acte d'hommage » de la ville impériale de Muhlhausen à son suzerain, l'empereur Joseph. Dans la cantate Ach, diiss ichWassers geniig lialtc, il interprète les paroles avec une ingéniosité méticuleuse : non seulement il exprime, comme fait un des Bach, la plainte des premiers mots par un intervalle altéré, mais il ne laisse pointpasser le mot ^Vossec (eau) sans y mettra ce que Lecerf de la Viéville appelait un « roulement » :

Ach!

Ach!

Achldassich Was

sers ge nug

Plus loin, il adapte au mot Thranen (pleurs) la suite chromatique à laquelle le xvu" siècle italien et allemand demande si souvent de larmoyer :

■ni' ju j'' ^'^ 1- J-. r Wrir'rCr^iPP ^¥^

und dass ineine Aiigen Thra

Les Mu^icalia d'Erlebach, que l'on joua bet/ don actu homti g ia l i Mulhua inonde n 2S oct. /70à',contiennent un concerto destiné à la cérémonie religieuse. L'orches- Ire comprend deux tromp^tles, un basson, les timbales, deux violons, deux altos et la basse continue. Les vois sont divisées en deux j^roupes : le conccrtino et le concerto yrosso. C'est, avec des noms plus modernes, le renouvellement de la distinction entre le coro favorite et le chœur plein. Après une assez longue introduction de musique « brodée », les quatre solistes eiiiouttoni ï E.iiiUe/ftu:^. yinidramus, où les vocalises de .jubilation alternent avec les grands chocs

1. iVous ne pouï'ons que signaler ici les antres maîtres nureniborfTCois dont SI. Seiffcrt a fait coim.iilre les œuvres {Ih'iikmàler deittscher Tonkunst, II'-* Folye, VI, l, iQuo) ; Paul llamlein et Ilciuricli iîcliwemmer. Les œuvres de Wccker "^t de f'aclicibcl se trouvent dans le mùme volume. Il faut encore sig-naler, de Pacbelbel, un Mui/ni/icat pour 4 voii, 2 violons, 3 violes, basson et or^ue (Bibl. n:it., ms.). Ouelques versets sont d'un contrepoint remarqujible (en |iart. Quia fecit), d'autres fort expressifs [Et misericordia ; Quia fccit]. L'ne ritournelle est écrite pour le fagotto solo.

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