Ed. de la Hiintîet-Gesellschnfl, 27» livraison
désiraient, d'aulant plus qu'ils les avaient presque devinées, les ressources d'expression, fleurit liientôt chez eux. Us commencèrent par être des imitateurs scrupuleux desitaliens. L'étude assidue qu'ils faisaient de leurs œuvres, le goût des diletlanti pour ces pièces, si heureusement destinées aux concerts des Collegin miisica, se manifestent par maints témoignages.
Les compositions de Torelli et de Vivaldi furent bientôt en vogue. En 1709, J.-G. Pisendel faisait entendre, au Coltegiain imisicum de Leipzig, un concerto de Torelli. En 1714, J.-J. Quantz apprenait à connaître, à Pirna, les œuvres de Vivaldi. Telemann, de bonne heure, s'était exercé dans le même genre. Bach, pendant son séjour à Weimar, transcrit pour l'orgue ou pour le clavecin nombre de concertos de Vivaldi; Waltber arrange de même des pièces de Manzia, Gentili, Albinoni, Torelli, Taglietti, Gregori', et son élève, Johann Ernst de Saxe-Weimar, compose des concertos pleins d'animation, dont J.-S. Bach ne dédaigne pas d'adapter quelques-uns au clavier^. Dans le premier mouvement du concerto pour deux violons de Bach on trouve, d'autre part, comme des réminiscences de Torelli et de Vivaldi'. Mais l'étude qu'il fait de ces œuvres étrangères ne nuit en rien à son invenlion personnelle. Si quelques thèmes, quelquesdéveloppements, ontuneallureitalienne,il garde, en certaines parties de ses concertos, toute son individualité : c( Les pièces placées au milieu des concertos de Bach sont absolument isolées dans la littérature musicale du même temps, écrit M. le docteur Schering. Les images expressives qu'elles renferment sont de coloris tellement subjectif et d'elfet tellement intime, que l'on n'en trouve de semblables, jusquelà, que dans la Sonate. Presque ascétique dans l'andante du concerto en la mineur, le ton s'amollit, dans l'adagio du concerto en mi majeur, comme en une cantilène d'une douceur italienne, mais nulle part ne se montre le moindre souvenir des tournures en vogue dans les adagios italiens'*. »
Chrisloph Graupner, compositeur facile et inégal, enrichit l'orchestre de ses concertos d'instruments à vent. Joh. -Gottlieb Graun éciit, dans les siens, en violoniste virtuose. Joh.-Joachim Quantz, fidèle aux formes établies, sans rien innover dans les formes, montre cependant une invention mélodique remarquable et un sentiment pénétrant, dans ses nombreux concertos de flûte. Nommons encore J.-A. Hasse, I .l.-D. Heiniclien, J.-F. l'asch, Hurlebusch et Frédéric Il parmi les auteurs de concertos".
Le Concerto grosso des Italiens avait pénétré aussi en Allemagne. En 1701, Georg Muflat publiait àPassau une collection de cuncerti grossi où l'on observe l'alternance d'un groupe de trois inslruments avec les tutti écrits à cinq parties^. Les i< concertos de Brandebourg » de J.-s. Bach (B. G., XIX) appartiennent aussi au genre du concerto grosso. G. -H. Stôlzel a laissé un concerto grosso (ms. de la Bibl. ducale de Gotha) composé pour quatre groupes d'instruments :
deux ensembles de Irois trompettes avec timbales; un choHir d'instruments à vent, formé île la flilte, trois hautbois et basson ; quatre violons, alto, violoncelle et basse continue. Cette œuvre, où, comme dans beaucoup d'œuvres allemandes de la même époque, les instruments à vent sont employés avec richesse, est d'une merveilleuse variété, qui provient de l'opposition et de l'intrigue des dill'érents groupes et du mélange, avec les ensembles, d'épisodes joués en solo".