l'ji franç.Tis dans l'original
3. Krutschek, Der Meiseiitypus von Haydn bis Scfnibei'l, dans lo Kirchenmusikfilist,lies Jahrbuck fiir tins Joltr ISOiî, p. lOUet suiv.
que doit inspirer ce qui est saint », que son humeur paisible ne pouvait, dans l'opéra, lui permettre de traduire les emportements des passions. Il faut donc conclure, avec M. Bischof ', que n l'inconvenance de ses messes pour l'usage liturgique, est aussi hors de doule que l'intégrité de sa foi », ou bien, avec M.Kretzschmar'', les juger « épicuriennes » et donner raison au prélat qui jadis en interdit l'exécution dans les églises de Vienne. Une autre composition religieuse de Haydn, h^ Stabat Main-, composé vers 1773, servit, avec ses symphonies, à établir sa renom-
4. L. D. (I.aus Uco), ou S. I). G. (SoH Deo gtoria), ou N. D. et H. V. M. {Laus Veo et Ueatae Virgini Marine). — PohI, /. //aydn, I. I", p. 2i9.
5. JViedtnTlipiiiiscItP .Mnsilizcitunfi, 18j8, n* li, cité dans le Kirchpumusilcalisclu's Jiiftrbuch, 1887, p. Ei2.
0. Krctzschmar, FUlirer, 11, Ahth. 1 Theil, ■■:>' AnII., p. 163.
HISTOIRE DE LA MUSIQIE
XVIII" SIECLE
mée dans les coiicerls. C'était « une sorte d'étude dans le style italien «, où se faisait sentir l'influence de Pergolèse'.
De 1766 à 1790, Haydn ne s'éloigna d'Ksteihaz que pour faire, à la suite du prince, de courts séjours d'hiver à Vienne. Il se retrempait avec joie dans la vie musicale, qui avait pris dans cette ville une grande activité. Sa nature ouverte et bienveillante lui faisait regarder avec sympathie les jeunes talents qui grandissaient autour de lui. Dans une rencontre avec LéopoUl Mozait, en 178."i, — un an avant les Noces tlf Figaro. — on l'entendit prononcer ces paroles solennelles : « Je vous déclare devant Dieu, en honnête homme, que votre fils est le plus grand musicien que je connaisse de personne et de réputation; il aie goût, et en outre la plus grande science de la composition-. » Mozart sentit le prix d'un tel éloge et le reconnut par la dédicace c< al niio caro aniico Haydn » de ses six quatuors, op. 10. Haydn prit sans doute part plus d'une fois à leur exécution dans l'une des réunions intimes de musique de chambre où il tenait le second violon, et qui étaient pour lui l'un des attraits des semaines passées à Vienne-'.
Une association de musiciens viennois, la « Tonkiinstler Socielât », avait pris naissance en 1771. Dans ses séances et dans les « Académies » qui se donnaient soil par séries, soit isolément, les symphonies de Haydn paraissaient fréquemment et jouissaient d'une vogue à laquelle le bruit de leur succès à l'étranger n'avait pas peu contribué. On savait à Vienne que Legros, directeur du « célèbre Concert spirituel de Paris >>, avait écrit à Haydn, en 1781, une lettre de compliments, après que son Stabat mate)' avait été exécuté quatre fois, avec de grands applaudissements. Quelques années plus tard, les entrepreneurs du (> Concert de la loge olympique » lui demandèrent six symphonies nouvelles. Les éditeurs parisiens s'empressaient à graver quantité de ses quatuors et de ses symphonies, et, les désirs du public étant à son égard irréfléchis autant qu'insatiables, on imprimait ou jouait sous son nom des o?uvres apocryphes, dont les auteurs véritables étaient Vanhal, Cyrowelz, Pleyel et d'autres, et qu'une spéculation ignorante ou indélicate lui attribuait comme au maître fécond et célèbre dont toutes les productions étaient assurées d'un débit considérable.
Le nombre d'œuvres authentiques annuellement composées par Haydn eût suffi cependant à défrayer les concerts et le commerce de musique. Dans la tranquillité d'Esterhaz, il écrivait en moyenne au moins trois symphonies par an, et une foule de divertissements pour petit oichestre, de sérénades, de pièces pour musique d'harmonie-, de quatuors, de sonates, de menuets, de composilions pour le baryton.
« 'foute musique, pour peu qu'elle soit nouvelle, demande du temps pour être goûtée par le vulgaire. » Si le succès des œuvres de Haydn démentait cet aphorisme, c'est que sa clarté parfaite la maintenait constamment accessible; c'est aussi que sa nouveauté, son originalité, ne se présentaient jamais sous un aspect brusque et révolutionnaire. Les formes extérieures auxquelles la foule était accoutumée semblaient intactes, les progrès ou les innovations portant principalement sur le développement interne
1. Krelzscliniar, ouvr. cité, p. Ï81. — Pobl, /. Haydn, t. II, p. 05 cl 336.