‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 5)Chapitre 196 sur 297 · M""» de Stai.'!, De l'AUcmnijiie, cliap. xxxir · texte numérisé non relu

M""» de Stai.'!, De l'AUcmnijiie, cliap. xxxir

-. Delille, l'Homme des champs ou tes Géorgiques françaises, 4* chant.

3. M. KulTcratli, tes « Saisons » de Hnyd», à Liège, dans le Gmle musical du 8 mars 1896. — La célébration solennelle du ccnlciiiiir,' de Haydn, à Vienne, en 1909, a ^-16 le signal d'un mouvement prononcr d'interût en faveur des œuvres d'un maître injustement négligé. 11 est

blancs » de Haydn, a été délicatement exprimé par M. Maurice Kulîeralh, dans un article occasionné par une audition des Saisons. ISous en reproduisons un passage, dont les justes conclusions résument notre pensée, mieux que nous ne saurions nous-même l'écrire :

« Sans doute, celte pastorale nous paraît, par endroits, un peu diluée; des développements s'y rencontrent qui sont de pure forme et qui n'offrent plus grand intérêt; de petits thèmes d'une invention bien naïve, aux rythmes guillerets et sautillants, surprennent noire goût, qui n'a plus assez de simplicité pour s'en délecter; le sujet même est un peu fade. Mais quand on considère l'œuvre en elle-même et abstraction faite des prodigieuses impressions que l'art des sons a pu produire depuis, grâce au génie d'un Beethoven, d'un Schumann ou d'un ^Yagner, n'est-ce pas une pure merveille d'art que cette succession de pages dont la vérité, la vigueur de coloris et la justesse d'expression ne montrent pas une ride, ne trahissent pas une faiblesse?

« Il me semble, à ce point de vue, que, dans notre pratique musicale actuelle, Haydn n'occupe pas la place qui lui revient. On l'a relégué dans les salles d'études; ses symphonies, comme celles de Mozart, servent maintenant d'exercices dans les classes d'orchestre; ses trios et ses quatuors ne se jouent plus guère, la génération nouvelle d'instrumentistes les ignore même complètement. De ses lieder, de ses airs d'oratorio ou d'opéra, les chanteurs ne font plus aucun cas, probablement parce qu'ils sont incapables de les dire convenablement. Et, en somme, il a presque complètement disparu du répertoire des grands concerts publics.

« C'est là un regrettable, un injuste oubli, car, parmi les grands maîtres de la musique, Haydn est une figure souverainement intéressante et à jamais admirable^. »

Les esthéticiens du xix"^ siècle qui ont essayé de définir en peu de mots le rûle de Mozart dans l'histoire générale de la musique sont arrivés à des conclusions complètement opposées. Brendel, dont le livre, plusieurs fois réimprimé', a été en son temps l'expression d'un important courant d'opinion, salue en Mozart le premier c< compositeur universel » (Weltkom2ionist), représentant le principe « européen » et par conséquent pouvant parvenir à une domination générale sur tous les peuples, tandis qu'avant lui n'existaient que des écoles musicales séparées. En désignant ainsi l'internationalisme artistique comme un progrès ou une supériorité, Hrendel se met en contradiction frappante avec les tendances plus tard confirmées de la critique germanicpie : avec les théories de Wagner et son ardente volonté de doter son pays d'un art absolument national; avec les jugements de Nohl, qui voit eu Mozart le créateur de la musique allemande", ou de l'h. Wolfrum, qui se réjouit de trouver ce créateur en Joli. -Sébastien Bach". En fait, le point de vue de Brendel est erroné, puisque

il espérer (jue la publicalion conuncnrée do ses œuvres complètes maintiendra désormais son souvenir pi-ésenl à l'oreille des jeunes générations.

i, La première édition de la Gesrliirlile der .Musiic. de Bren<lel parut il Leipzig en 185'i; nous sui\'ons ici la sixième édition, 1878, iu-fi", i>. i87 et suiv.

S. L. Nohl, Moziirt's Leben, 3» édit., Berlin. 1906, in-S», préface.

Cl. Ph. Wolfrum, J.-S. Uacli, Berlin, s. d. (1900), tomes XIU-XIV de la collection Die }fusi/i.

HISTOIRE DE LA MISIQCE

XVIII" SIECLE

immédiatement apiès Mozart, la musique allemandi", au lieu de s'alTirmorde plus en plus un art ^ mondial », se spécialise au contraire et accentue, combien magnifiquement, sa nationalité, avec Beethoven. 11 faut donc conclure avec, entre autres, M. H. RatUa', que « si la jouissance de la musique est universelle, sa créalion est nationale ». S'il a été possible tourîi tour de revendiquer Mozart au prolit d'une seule école et de le placer au-dessus de toutes, c'est que, né Allemand, mais Allemand du Sud, doué d'ime ùme claiie, tendre, ouverte, doucement passionnée, et que l'on pouriait dire en quelque sorte la plus latine des âmes germaniques, il a semblé réunir en lui les aptitudes de toutes les races, les propriétés de toutes les écoles. Les incessants voyages de sa jeunesse d'(( enfant prodige» l'avaient initié de bonne heure à la connaissance directe des œuvres de chaque peuple, ou plutôt même de chaque coterie musicale; aucune des leçons fortuitement rencontrées ou volontairement cherchées n'avait été perdue pour lui; et parce que cet immense travail d'assimilation s'était accompli en lui sans effort, et presque « nécessaiiement », au lieu d'ère, comme chez Meyerbeer, le résultat laborieux d'acquisitions calculées, Mozart devait être et rester partout uniquement lui-même, ayant renouvelé à son image toutes ces images étrangères, une h une imprimées sur la « plaque sensible » de son intelligence.

Peu de biographies d'artistes sont tout ensemble aussi simples et aussi merveilleuses que celle de Mozart; peu encore sont aussi connues et aussi faciles, en apparence, à retracer pour la centième fois. Il n'est pas un musicien véritable qui n'en connaisse au moins les grandes lignes, qui ne se plaise à en apprendre les détails, qui ne se prenne, en les étudiant, d'une affection sincère pour cet enfant miraculeu.x, d'une admiration profonde pour ce maître extraordinaire. Notre tâche, dans un chapitre d'histoire générale, ne saurait être que de choisir quelques faits en guise de points de repère, et de porter, s'il se peut, le lecteur à vouloir compléter son étude par la consultation de meilleurs guides, et par celle surtout des œuvres mêmes de Mozart-.

Il était né à Salzbourg le 27 janvier 17o6 et avait reçu au baptême les prénoms de Wolfgang-Amédée. Son père, Léopold Mozart (1719-1787), bon violoniste, auteur de quelques œuvres de musique religieuse et de musique instrumentale et d'une méthode estimée^, sut distinguer dès leurs premiers balbutiements les facultés exceptionnelles de l'enfant, et ne négligea rien pour les développer, non plus que pour en tirer au plus tôt tout le profit et toute la gloire possibles. De là ces longs voyages à travers l'Kurope, ces fatigues, ces démarches, ces sollicitations auprès des gens d'importance, ces présentations de

Page 1