Lettre du 12 novembre )778, Irad. de Cur7.on, p
2. Parmi la « K^gion » de musiciens qui 6rrivirent des mc^lodrames, de 1780 à 1810 environ, l'on cilc IIolzb:mcr, Ncefe, Rcieharill, Vogler, Rust, Cannabich, Eberwcin, clc. — Voyez Fritz Briickncr, G. Benda xmd lins rlcHlsrhc Suif/spid (G. Benda et la comédie musicale nllomande), dans le Hcnieil de la Société iiiteriuitiminle de musiiiue. t. V, l«o:i-r.iO'i, p. U7I cl Buiv.; crititiUB do ce travail par M. Islel. et réponse de M. Bruckuer, idem, t. Yl, 1904-l'.i05, p. 1 et p. W6; — et
l'étude de M. Istcl, Ulc Enstehimii des deiUschen Melodramiis (l'ori],'ine du mcilodramc allemand) dans Die Musilc, '6' ann^c, n" Il il lï, des I" et 15 février, l"' et 1 ;i mars 11106.
3. Il s'agit ici du col6 musical seulement : H. Max rricdliinder, dans la préface do son beau livre : Uns denlirlie Lied im .Wlll. Jiihrliunderl (le Lied allemand au xvni« sièclel, Slutlg^irt et lierlin, 1002, 3 vol. in-H", a reniaripn'- que la dualité ilu sujet, a l.t lois littéraire et musical, en entravait l'élude. On ne saurait aujourd'hui l'a-
HISTOIRE DE LA MUSIQUE
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Dans la hililiographie du lied allemand, qu'a dressée M. Friediunder, et qui, pour la période anlérieure à 1190, contient plus de 500 numéros, l'on remarque comme particulièrement importants par le mérite ou par le nombre de leurs ouvrages : Ch.-Phil. -Emmanuel Bach, qui mit le premier en musique, à partir de 17a8, toute la série des odes et pièces religieuses de Gellert, maintes fois traitées ensuite séparément par d'autres compositeurs; — Johann André (17-il-17!i0), qui publia treize recueils de lieder, et dont une mélodie surtout, sur les paroles « Bekran/.t mit Laub », est restée ic classique » et véritablement populaire; — Adolph-Carl Kiintzen (1720-1781), dont les premiers lieder, destinés à « l'innocent passe-temps » des amateurs, dataient de 1748; — Johann-Friedrich lieichardt (17.')2-1814), qui n'a pas laissé moins de vingt-huit recueils; — Joh.- Abr.-Peter Schulz (1747-1800) et Christian Gottlob INeefe (1748-1708) appartiennent à une époque un peu plus récente, où le lied revêtait des formes plus variées, depuis la simple petite mélodie en couplets, avec refrain, jusqu'à la scène déclamée et la « ballade ».
L'introduction du lied populaire ou artistique dans des pièces de théâtre, qui avait produit en France i< l'opéra-comique en vaudevilles », puis la « comédie à ariettes », fit naître en Allemagne le <t Singspiel » ou opérette, dont les premiers essais originaux furent tentés en 1766 et 1769 par Joh.-Adam Hiller avec les deux partitions de Lisuart iind Darioleltc et
Moderato
de Lotlclwn am Hofe. dans l'intention formelle d'adopter, pour le plan général, le modèle français, et pour les formes mélodi(|ues, le goût italien, parce que celui-ci, en musique, » se rapproche davantage du goût allemand, mais que, en fait de disposition dramatique, les Français l'emportent sur les italiens'. » En confirmation de cette opinion, llillcr emprunta directement au répertoire français les sujets de deux de ses meilleures opérettes, et plus d'une fois ses successeurs agirent de même. Avec des lieder très simples en couplets, les partitions de Miller contenaient de petits airs, des duos, des chœurs, dont certains passages exigeaient des exécutants un réel apprentissage de chanteurs; à en croire lieichardt, les troupes ambulantes qui avaient la spécialité de jouer les pièces de ce genre ne donnaient guère que des représentations misérables-; leur succès était tel, cependant, que l'on voyait se multiplier avec une incroyable abondance le nombre des « Smgspiele »; dans la seule ville de Berlin, on en vit jouer environ cent vingt en une quinzaine d'années; à Vienne, « la consommation étail encore plus rapide «. Beaucoup n'étaient que des traductions, des arrangements d'opéras-comiqnes français, d'opéras bouffes italiens; un peu moins de moitié provenaient de compositeurs allemands. Comme pour saluer en Hiller le créateur du genre, Chr. -Gottlob Neefe lui dédia, en 1772, son opérette Die Apotlieke, à laquelle nous emprunterons, comme spécimen du gein-e, une petite mélodie:
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border sans recourir à ee pr^-cieux ouvrage. On pourra consuUcr en outre : Olto Lindner, Oeschirhte des dculsclien Liedes im IS. Jnhfhundert (Hisloire du Lied allemand au xvlii" sièclci, Leipzig, 1871, in-S»; UD arliclc de M. B. Scyfcrl. Daa tniisikuliscli-mlksl/uimliche Lied l'Oii mO-ISOO (le Lied populaire musical de la période 1770-1800). dans la Vierteljnhrssclirift fur Musi/cn-isseiischnft, 10" année, 189i, p. .■13 et suiv. ; les correclions et additions à ce travail, par 11. Friedl.-iudcr, dans le même recueil, p. 234 et suiv. ; el les monographies sur les compositeurs de lieder, qui seront citées plus loin. A l'heure où nous corrigeons les épreuves de cet article, ou auuoucc la publication
du Inme premier d'un ouvrage considérable de M. Ilcrmann Krelzschmar Sur l'hisloire du lied allemand.
1. Ce sont les idées cxpritnées par Hiller lui-môme dans ses Worhentlirlte JYachriclilen, t. l", Leipzig. 1766, p. 233, et t. III, p. M. — Voyez Eilncr, Die deutsche Komische Oper, dans les Monutshefte fur MusiJujesehicItte, t. XXIV. année 18!)2, p. 37 et suiv. ; Karl Peiser, Jiih.-AiJ. hiller, Leipzig. 1804, in-8» ; G. Calmus, Die ersteii deutschen Siiifjspiele von Stfiitdfuss und Hiller (les Premières Comédies musicales allemandes de Slandfuss el Hiller). Leipzig, 1908, in-S".
2. Reicbardt, Briefe eines aufnierksamen lieisendenj t. II, p. 94.
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Joh. André était un des plus productifs entre les compositeurs d'opérettes; camarade de jeunesse de Goethe, il mit le premier en musique la petite pièce Erivin und Elinire.
National par sa langue, populaire par la simplicité de ses formes musicales, le « Sinjïspiel » était réaliste par la nature familière et contemporaine de ses sujets. En cela, comme en France la comédie d'ariettes et en Italie l'opéra buffa, il contrastait avec l'opéra sérieux, où l'on n'osait faire parler que des demidieux ou des héros antiques. Le premier <c grand opéra » en langue allemande, représenté à Weimar en n73, fut un Alceslc dont Wieland avait éci'it le poème et Anton Schweitzer la musique'. Cet ouvrage médiocre n'avait d'autre mérite que la priorité. Le second essai, qui eut lieu à Mannheim en 1777, fut le " Gunther von Schwarzburg », d'Ignaz Holzbauer; le librettiste Klein revendiquait fièrement dans sa préface le droit de placer sur le théâtre les personnages fameux de l'histoire d'Allemagne, et contestait que « les cendres des Grecs et des Romains ", seules, fussent précieuses. Cette tendance commençait à s'enraciner dans beaucoup d'esprits. Mozart, qui connaissait l'œuvre de Holzbauer, avait piobablement lu le manifeste de Klein; l'idée d'un opéra nationallui était chère, et il l'exprimait nettement dans une lettre du 5 février 1783 : <c Moi, je suis pour l'opéra allemand; quoique cela me donne plus de peine, j'aime encore mieux cela. Chaque nation a son opéra ; pourquoi, nous autres Allemands, n'aurions-nous pas le nôtre? Est-ce que l'allemand n'est pas aussi facile à chanter que le français ou l'anglais, et plus que le russe-".' » Quoiqu'il ne fit allusion qu'à l'idiome employé dans l'opéra, Mozart évidemment n'entendait pas seulement par « opéra allemand » une onivre composée, comme celles de Schweitzer ou de Holzbauer, à la mode du jour, c'est-à-dire à la mode italienne, sur des paroles allemandes : c'était la musique elle-même qu'il tendait, avec le livret, à rendre
1. Burney, qui ne prôLnit fïuêro fraltcnlîoii qu'aux spectacles italiens des résidences souveraines, n'avait pas devine l'avenir du u Singspiel ». En 1772, à propos d'une repr^-scntalion de Zihnirs et Azur, de Grélry, en traduction allemande, chez l'électeur palatin, il (écrivait : K En v6rit(!', les Allemands sont si avancés dans la musique et ont tant et de si Iialiiles compositeurs nalionaui, ([ue je ne puis comprendre qu'ils n'aient pus de drames originaux, mis en musique par des Allemands. »