‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 5)Chapitre 212 sur 297 · Ce fait est rapporlé par M. Nagel, t. Il, p. «, note · texte numérisé non relu

Ce fait est rapporlé par M. Nagel, t. Il, p. «, note

3. Il est même douteui tjue l'opéra de l'aër ait été joué à Vienne. "V. Thajer, t. Il, p. 263 et suiv.; — G. Servièrcs, les autres opéras de Léonore, dans le Guide musical îles S et il mars 1899. — On doit noter qu'une partition d'orchestre, on copie, de la Léonore de l';ier, est nicnlionnf-e d.uis l'inventaire mobilier de la succession de Beethoven, ■y. Thayer, Verzeichniss, \i. 180.

i. Sur l'histoire de Fidelio, outre les ouvrages généraux, cf. Otto

propre ressemblance. C'est ainsi que dans le choix du sujet de son unique opéra, et dans les accents prêtés à ses personnages, s'exprime également sa propre sentimentalité, avec d'autant plus de force que sa droiture absolue et sa rude sincérité lui eussent rendu à peu près impossible la composition d'un opéra dont le livret serait resté pour lui antipathique ou seulement indill'érent.

Une légende cent fois répétée veut que Beethoven, après avoir entendu à Vienne l'opéra de Paër, Léonore, ait dit au maestro italien : i< Votre opéra me plaît, je veux le remettre en musique. » Cette légende, comme beaucoup d'autres, est démentie par les faits. A l'époque où l'ouvrage de Paër fut représenté pour la première fois, à Dresde, le 3 octobre 1804, Beethoven était déjà en pourparlers avec Sonnleithner pour l'arrangement d'un livret tiré directement de la pièce française de BomWy, Léonore ou l'Amour conju(jal, qu'\ avait été jouée à Paris, sur le théâtre Feydeau, le 19 février 1798, avec la musique de Gaveaux, et qui avait servi de modèle à l'opéra de Paër''. Le sujet de ce drame, quels que fussent les détails de sa mise en œuvre, devait plaire à Beethoven, puisqu'il y voyaitglorifiersa propre conception de l'amour, dans ce qu'il a de plus profond et de plus pur. Il se mit donc volontiers au travail, et dans l'été de 1803 acheva sa partition pendant quelques mois passés à la campagne, à Helzendorf. La première représentation fut donnée le 20 novembre 1805, au théâtre c< an der Wien ». L'affiche portait : « Fid'^lio, oder die eheliche Liebe, eine Oper in 3 acten, — Fidelio (et non pas, comme il a été dit, Léonore) ou l'Amour conjugal, opéra en trois actes, librement imité du français par Joseph .Sonnleithner; la musique est de Ludwig van Beethoven '*. »

Jahn, Léonore oder Fidelio, dans l'Alliiemeine musikalische Zeltunij, de Leipzig, des 27 mai et 3 Juin 1S63, et dans ses Gcsammelte Aufsdtze, Leipzig, 1SG6, in-8" ; Alb. Levinsohn, Die Entstehumjszeit der Ouverture zu Léonore n" 1, dans Vierteljahrsschrift fiir Mnsika-issenschaft, t. IX, 1893, p. 128; iMa\ Hchcmann, Léonore. die ersie Eassunf; des Fidelio, dans Z*f'e Musik, 5" année, 15 novembre lîlOo ; 11. de Curzon, le Centenaire de Fidelio, dans le Guide musical du 19 novembre 1905; — pour les représentations à Bruxelles en 18S9, avec récitatifs de M. Gevaert, un article de M. Evcnepoel dans le Guide musical da 14 mars 1889; pour les rcpréscnlations île la version originale :'i Berlin en 19U5, le Bulletin mensuel de la Société internationale de musique, vol. VU, 1905-1906, p. IDI ; pour les questions d'intcrprétalion : LiUi Lehmann, Studie zu Fidelio, Leipzig, 1904, in-S", et Hugo Conrat, Vorsclilâfic zur Au/fultruni/ des Fidelio, dans Die Musik, 3" année, 15 novembre I9il.i; — pour quelques jugcmcnls portés à diverses époques sur Fidelio : Berlioz, A trnners chants (article do 1860); Roycr, Notes de musique (id.); T. do Wyzeva, Jlectiumen et Wai/ner, p. loi (article de 1889); Bruneau, .Vusiques d'hier et de demain, p. 193 (arliclo de 1898). — Otto Jahn a publié en 1832 une édition de Fidelio. piano et chant, d'apW'S la version en 2 actes, avec variantes; en 1S69 a paru a Lei])zig une édilion illustrée, avec les livrets en 3 et en 2 actes; eu 1905 utie nouvelle édilion critique (Leipzig, Brcilliopr et lliirlcl) préparée par le docteur K. l'rieger.

Pendant l'inipressiou de ce ciiapitrc est apparu le volunu' de M. Knfferatli sur Fidelio, succé.hiut a la repiise littérale du chef-d'œuvre, dans la version du 1814, au Ihéàtrc de la iMounaic, de Bruxelles.

HISTOIRE DE LA MUSIQUE

La première version de l'opéra se divisait donc en trois actes. Dans l'intention de Beethoven, elle était procédée de l'oLiveitiirt^en ut, publiée comme op. l'iS, parmi ses «'uvres posthumes; pressé par ses amis,el lui-même n'étant qu'à demi satisfait de ce morceau, il lui substitua, pour la représ(Mitation, l'ouverture dite de Lt'onoie, n" 2, qui tut de nouveau écartée l'année suivante et remplacée par celle dite w 3, qui en était le remaniement'. D'autres retouches importantes lurent opérées en même temps dans le livret et la partition et motivées par la froideur du public, qui n'avait permis de donner tout d'abord que trois représentations-. I.e texte primitif de Sonnleithner, revisé par Stephan von Breuning, se trouva réduit en deux actes, par la fusion des deux premiers en un seul, et par de nombreuses coupures, nécessitant de la part du compositeur le sacrilice, « souvent nuisible », de morceaux entiers ou de l'ra;:menls de morceaux : sous cette forme, Fidi'lio n'obtint encore que deux représentations''. Huit ans )ilus tard, une tentative nouvelle fut faite encore par Beethoven pour imposer au public l'œuvre où il avait mis tout son cœur. Encore une fois, il eu recommença l'ouverture*; encore une fois, il ajouta ou raccourcit de nouveaux ou d'anciens fragments. Fidelio, opéra en deux actes, — le sous-titre avait été supprimé, — reparut sur le théâtre « près la porte de Carinthie », le 23 mai 1814. Cette fois, les amateurs viennois parurent enlin s'accoutumer à ce chef-d'œuvre de beauté et d'émotion, à cette» merveille suprême» de musique dramatique, dont l'éloquence était à la fois trop simple et trop profonde pour devenir jamais populaire". Aucune autre « initiation » quecelle du sentiment, aucun autre effort que celui de croire que le plaisir esthétique peut être fjoûté au théâtre sous une forme grave et moralisatrice, ne sont nécessaires pour aimer et admirer Fidelio : c'est assez pour expliquer comment la foule, àson égard, demeure encore réservée, etcomment aussi la plupart des historiens et des critiques qui en ont parlé ont donné presque forcément à l'expression de leur admiration le sens plus ou moins découvert d'un plaidoyer en faveur d'une œuvre jusqu'à un certain point méconnue.

Une rapide énumération des œuvres les plus connues, parmi celles que Beethoven composa depuis l'année de la Symphonie héroïque jusqu'à 1808, rappellera aux lecteurs tant de créations magnifiques, et qui leur sont familières, et leur fera embrasser l'étendue et la variété de la production du maître pendant cette époque moyenne de sa vie. Ce sont, en 1803, les six lieder sur les poésies religieuses de Gellert, op. 48; les sonates pour piano, op. 53 et 54, et pour piano et violon, op. 47; — en 1804, la sonate pour piano, op. 37; — en 1803, Fidelio; — en 1806, les 3 quatuors à cordes, op. 39; la quatrième symphonie, en si bémol, op. 60; le concerto pour violon et orchestre, op. 61 ; le concerto pour piano eu sol, op. 58; — en 1807, l'ouverture de Coriolnti, op. 62; la messe en ut, écrite pour le prince Mcolas Ester-

1. M. Vl'eiagarUier a pulilit- tians VAlIf/t'nteiite Musik-ZHtrm(j, de Berlin, 28" année, 1901. n"* 32-:i3, un article préconisant l'emploi de l'ouverture n" t pour les représentations lie l'Opéra.

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