‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 5)Chapitre 229 sur 297 · Conversation de Goethe avec Eckermann · texte numérisé non relu

Conversation de Goethe avec Eckermann

10. Avec M'"" Maurice Gallet dans son livre Schubert et le Lied.

M. 11 av.-iit offert en 1823 un poème d'opéra romantique {.Méhtsitu')ii Beethoven, qui s'en fût servi s'il avait trouvé un directeur pour l'accueillir.

J2, Miriam s .Sief/esfjesang.

13, Plusieurs ont été orchestrés ultérieurement par Spîna.

sa pensée. Il dota le piano à quatre mains d'une àme. Ses marclies héiiiiqur^', son divcrtisa^ctricnt hoiKjroia, son grand duo, en sont la preuve. Ce dernier morceau, qui a tout le caractère d'une symphonie, fut orchestré plus lard par Joachim.

Schubert n'eut ni le temps ni le souci d'être virtuose. Il jouait du violon en quartetlisle, et du piano avec un toucher chantant et assez de technique pour exprimer la fougue de ses œuvres. Son plaisir était d'improviser des danses nationales-, dont plusieurs albums furent publiés. Schumann les appelle » une erreur esthétique» 3, Rubinstein les admire*, et Liszt donna de plusieurs d'entre elles» une transcription étofTée. Ces délassements comptent peu dans l'œuvre de Schubert, mais ils nous permettent une lois de plus de noter son penchant romantique pour laveine populaire. Ayant été appelé, à deux reprises, à vivre en Hoiigrie, il reçut de la musique magyare une impression que plusieurs de ses œuvres répercutèrenf'.

On rapporte qu'à l'âge de 13 ans Schul)ert s'écria un jour : « Que peut-on faire après Beethoven? )j II était, certes, impossible de le dépasser dans le domaine de la musique purement instrumentale. Aussi voyons-nous la sonate romantique décliner de l'altitude beethovenienne. Schubert ne renonça point à en écrire; son catalogue compte une vingtaine de sonates, dontdix ont été répandues par l'édition Peters. Exception faite pour quelques mouvements séparés, on y trouve de la monotonie engendrée par des thèmes sans relief, des répétitions, des triolets bavards et un abus d'octaves lourdes, plaquées ou brisées. Il faut cependant mettre hors de pair le n" 10 en si b, composé en 1828. Ici on ne peut que louer la qualité des sujets, la sobriété des développements, la clarté des enchainenienls harmoniques et rythmiques. Cette sonate ne suffirait pas à investir Schubert d'une place importante dans l'histoire du piano, mais des pièces d'un caraclère libre ont su la lui conquérir. Je ne veux pas parler des Fantaisies, d'un éclat un peu tendu, mais de ses Impromptus et de ses Moments musicaux. On y sent battre le cœur du musicien poète, tour à tour rêveur ou passionné, enjoué, sombre ou mélancolique. Schubert avait la main particulièrement heureuse quand il écrivait de nonchalants scherzandossur une petite allure de marche à deux temps'. Dans ce genre, le célèbre moment musical en fa mineur, op. 94, n» 3, est un chef-d'œuvre; et puisque j'en suis aux citations, je ne puis me défendre d'évoquer ici l'impromptu n" 1 en ut rimicur (op. 90). Jamais avant Schubert l'espoir et la résignation n'avaient été traduits, au clavier, de cette manière sublime. Par la façon dont il sut concentrer une vive impression dans un court mouvement, Schubert se montra réellement novateur : il ouvrit la voie où Mendeissohn, Schumann, Chopin, Heller, s'aventurèrent à sa suite, si poétiquement.

Si Schubert ne logea point son génie dans la so-

1. Auxquelles il faut ajouter les marches militairf.'i et les marclii:-i caracti'rtfitiquefi.

Page 1