Finale de la .'i" symphonie
i"2. Finale de la '*• symphonie.
l;{. On se demande comment Schubert a pu laisser inachuvéc une œuvre d'une telle valeur, réalisant encore, telle qu'elle est, lu pcrfoclion. l 't. Celte école avait formé un orchestre d'élèves. 15. Les .Si/tyt/itionistes tiepuis Iteetltoven. 10. L'exp,ressioii est de Schumann.
J7. I.e manuscrit de la '.>", daté de 182.'», a été perdu! 18. Kubinslciu, ouvrage précité.
HISTOIRE DE LA MCSIQCE
XIX' SIECLE. — ALLEMAGNE long
rudoie les tessitures, bouleverse les rythmes, entrecoupe sa trame polvplioiiique île silences j;éniaux et bizarres. Schubert aspire toujours à la plénitude sonore, il reste dans les limiles de l'éloquence humaine, un peu oratoire, avec une teinte de bonliojuie et un penchant quasi enlantin pour les récils léfjendaires dans lesquels il s'écoule parler. C'est la nionaie d'arf;ent qu'il lui faut paver au roniaulisnie, après avoir emprunté tout son or. Eeoutc/.-la clairement tinter sous l'archet de Scliuppaii/.i;;li', soit que ce {jraiid violoniste doinie la réplique aux belles mélodies de VocIhoi-, soit qu'il conduise le quatuor en la niiiifur^, ou le solennel et dramatique (juiulctlc dans lequel Schubert revient à la disposilion des deux violoncelles^, tant usitée par lîoccherini.
Peu de génies ont eu plus de choses à dire que Schubert, et nul n'a écrit autant que lui pour soi seul. De là vient son intensité poétique, libre de toute extériorité, défrayée de tous arlilices esthétiques tels qu'ingénieuses recherches de thèmes, piquants fugalos ou mélanges de rythmes. La forme extérieure est celle de Haydn, le ton mélodique égale Mozart, les oppositions de nuances prolilent de l'école de Heethoveii, les surprises de modidalion et d'orchestration sont absolument personnelles et d'un pathétique qui emporte tout.
Expression culminante d'une race dans laquelle le génie musical est pour ainsi dire à l'état endémitjue, Schubert épuisa son énergie totale en quinze années d'intense labeur. Lorsqu'il mourut, à 31 ans, il était encore presque inconnu. Ce furent certainement ses lieder qui, en pénétrant dans les salons musicaux, attirèrent l'attention sur l'autre partie de ses œuvres, grâce à laquelle nous pouvons saluer en lui un des musiciens les plus complets qui aient existé.
L'art perdit ici de grandes richesses.
Et des espoirs ptus grands encore,
écrivit Grillparzer sur la pierre tombale de Schubert. J'aimerais y voir ajouter ces simples vers d'u[i de ses poètes favoris, llœlty, fauché comme lui dans sa fleur :
du redtiches Jimstinj;
"Waruni barg dicli die Gruft su friih^?
AVeber et l'opéra roniantiqnc.
« En 1807, la paix de Tilsitt avait mis l'Allemagne sous le pied de Napoléon... Longtemps immobile sous le bâillon, elle se redressa un beau jour, sombre, frémissante, armée... On vit une nation entière debout sous les armes. Fonctionnaires, artisans, bourgeois, nobles, paysans, professeurs, artistes, marchaient côte à côte... Dans les tavernes on ne chantait que des refrains belliqueux, dans les villages on ne jouait que des fanfares de guerre... Des nuages où elle s'était perdue la poésie descendit un beau jour comme un coup de foudre sur le champ de bataille pour remplir les soldats de son feu sacré. C'est alors qu'apparut la supériorité du Lied... Portés sur les ailes de la mélodie, des chants simples et vigoureux
1. L'inlcrprèle favori de la musique do ctiainbrc de Ijcelliovcn et de Scliubert.
2. Daté de 1824, l'uu des meilleurs, avec le quatuor en ré mineur (1825) et celui en sol majeur (1820).
3. En géoéral moins heureuse que celle des deui altos, clioisie par Beelboven. Mais Schubert se garde d'alourdir sa base harmonique, grâce à sa précaution d'écrire un des violoncelles dans son registre aigu, procédé dont il était coutumier, ainsi qu'on peut le remarquer dans ses deui jolis trios avec piano, op. 99 et luu, écrits l'année pré. cCdenle(en 1827).
atteignaient les esprits les plus ignoiants, car ils parlaient à tous la même langue primitive, la langue universelle à jamais victorieuse de la musiiiue. •>
Le vaillant poète 'l'heodor Korner se fit l'écho de cette ctl'ervescence si bien décrite par M. Edouard Scliuré^ iN'ouvoati Tyrtée, il s'engagea dans les chasseurs noirs et tomba en 1813 sur le champ de balaille de Gatlebuscli. l'n mtisicien de 28 ans s'offrit alors pour vengera son loin- tous ceux qui soutiraient de l'oppression napoléoriieinie. Il ramassa la lyie de Korner, et, l'ayatU accordée sur un mode plus ample, il s'en servit pour attiser le gotH de la liberté dans le cœur de loiit un peuple. Cet homme de génie n'était autre que le futur auteur du /''/■eisc/rû<^, Karl-Maria von 'Weber.
Né à Eutin, en 1786, il mena une vie aussi agitée et brillante que celle de Schubert fut concentrée et monotone. Après avoir suivi l'enseignement de Michel Haydn, puis la discipline sévère et méthodique de l'abbé Vogler''',il devint capellmeisterà Breslau, Stuttgart et Prague. Pianiste admiré, chef d'orchestre des plus compétents, il fit applaudir à Carlsrube, Mannheim, Darmstadt, etc., ses compositions pour piano et ses pièces de clarinette; à Munich et à Berlin, ses opéras Abou-Hassan'' et Silvana^. A Stuttgart il partagea les ébats de toute une jeunesse dissolue, parmi laquelle son titre de Freiherr' le fit accueillir; mais d'autre part il fréquenta en mainte occasion des hommes éminents tels que Voss, Hochlitz, Wieland, iieck, Brentauo, Holl'mann et Jean Paul, Spohr et Beethoven.
Influencé par la nouvelle poésie romantique, Weber fit une étude approfondie du Volkslied, et il médita bientôt d'en tirer parti sur la scène, d'en rafraîchir le théâtre qui parlait italien depuis la mort de Mozart, malgré l'effort superbe, unique et incompris de Beethoven'".
Le singspiel Silvana n'avait eu à Berlin qu'un demisuccès. Les nouveautés saillantes de cet opéra avaient passé presque inaperçues, et cependant il était construit sur un sujet attrayant", médiéval et romantique, avec des situations simples et fortes; l'illustration musicale en était juste et bien graduée, il n'y manquait ni abondance mélodique, ni puissance dans la comédie, ni grâce dans le pathétique. La caractérisation des personnages était lérraement dessinée dans l'orchestre. Mais l'attention du public était ailleurs. C'est vers le chantre de la guerre de libération qu'elle se tourna sans eiïort. Ainsi Weber, qui n'avait en lui aucun esprit d'intrigue, n'eut qu'à se laisser aller aux courants d'émotion dont chaque artiste est le sensitomètre, et il trouva les magniliques hymnes de la liberté de Leier und SchiverO-, Et lorsque la tyrannie fut définitivement écrasée à Waterloo, il composa, sous le titre de Kampf und Sieg>'^, une retentissante cantate qui est un véritable poème symphonique avec chœur, une fresque mouvante remplie d'éléments qui trahissaient déjà le don instrumental le plus rare et le tempérament dramatique le plus stir. Celte cantate dépeint d'abord la stupeur, la
4. " Loyal jeune homme, pourquoi la tombe s'est-clle sitôt fermée sur toi'? »