‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 5)Chapitre 233 sur 297 · LiUiM-alcur, I7ti · texte numérisé non relu

LiUiM-alcur, I7ti

3. CEuvre musicale du même genre (\uEffmotit ci liosemonde, Preciosa fui nioiilie à Builiu eu 1821. Le sujet 6tail tiré de Cervantes par Wolff, acteur à Weimar.

puisant à pleines mains dans les coutumes exotiques. Déjà Abou-Uassan et Turandol avaient évoqué l'âme turque et l'âme chinoise. Avec Preciosa, Eurijaiithe, Ohiron, il ressuscite la chevalerie espagnole, les épopées romanes et orientales. Le romantisme élargisseur, émancipateur, entré dans le monde de la musique par le portique gigantesque de la IX° symphonie, se manifeste comme le digne héritier de la Uévolulion l'rançaise.

Weber était aussi bon illustrateur que grand peintre d'après nature. Dans les mélodrames de Preciosa' il fit de la couleur locale, employa fort habilement des airs espagnols et des rythmes tziganes, sans rien perdre de la personnalité allemande de son génie.

En 1823 vint le tour d'Euryaiitlie, qui, nous l'avons vu déjà, précéda de peu à Vienne la Hosemonde de Schubert. Ici Weber rompit avec les habitudes du Singspiel et écrivit une musique continue, sans parlato, ce qu'il n'avait osé faire pour le Freischiitz. Futce la cause de la médiocre faveur avec laquelle son ouvrage fut accueilli? N'est-ce pas dû plutôt au livret d'Helmine de Chézy, jugé par Goethe des plus médiocres''? Il contient cependant des situations et des ambiances pour lesquelles Weber avait créé un langage. Mais l'heure du succès était passée pour un artiste ayant le souci de se perfectionner, de faire mieux et différemment. Ce n'est point là ce que veut le public. Malheur à celui qu'il a pris sous sa protection s'il ose lui apporter des produits trop dissemblables de ceux auxquels on a daigné accorder de la célébrité.

Eunjanthe n'était plus un opéra populaire allemand proprement dit. Le sujet en était puisé à une source médiévale française : le Roman de la violuttc, d'où Shakespeare tira sa pièce intitulée Cymheline. Si l'on ouvre la partition d'Eurijanthe, on se trouve en face d'une œuvre puissante dans laquelle Weber tendait vers une union plus intime entre les trois éléments du drame : la poésie, la figuration, le décor, — anticipant ainsi sur la réforme wagnérienne. L'interprétation du poème est d'une minutieuse fidélité; la musique, selon l'appréciation de Schumann, est une collection de pierres précieuses ». Cependant c'est la frivolité de Rossini qui captivait alors l'engouement du public viennois. Lorsque Weber apprit à Dresde, où il fut capellmeister pendant neuf ans, que sa pièce, écrite avec tant de soins, n'obtenait qu'un maigre succès d'estime, il tomba dans un état de dépression qui fut une épreuve de plus pour sa santé chancelante, et il demeura de longs mois sans composer.

Les applaudissements chaleureux de Rôchlistz à Leipzig et de Tieck à Dresde adoucirent un peu son amertume, et sa réputation grandissante lui valut la commande d'un opéra pour le théâtre de Covent Garden de Londres. 11 jeta son dévolu sur un poème anglais tiré de l'Obcron de Wieland, et il se mit encore une fois au travail, donnant un adn)irable exemple d'énergie, car il était poitrinaire et savait ses jours comptés.

Oberon est une sorte de poème épique avec de fréquents changements de scène. Weber se plaignait de ce que ce livret de coupe anglaise" ne laissait pas à sa musique tout le déploiement pathétique dont elle était susceptible. Mais de ce côté il avait fait ses preuves; le sujet d'Dbrron lui permit de s'élever plus haut que jamais dans le fantastique et le pittoresque, au moyen de l'individualisation et du groupe-

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