Lœwe et sa femme étaient chanteurs
14. Ou peut mentionner ici Franz Abt 118I9-8.H), dont la popularité, comme compositeur vocal, l'gala celle de Lœwe. Kcrivain musical élégant et facile, il a laissé plus de 400 u"» d'œuvrcs, comprenant surlouU des Licderà une ou plusieurs voix.
HISTOIRE DE LA MUSIQUE
genre. Sa musique de chambre, moins personnelle, laisse voir une intluence de Spolir dont il ne sut jamais s'émanciper.
Docteur en philosophie, savant théoricien et professeur d'une pléiade d'élèves distingués, Hauptniann prit part à Leipzig, à côté de Mendelssohn, de iMoscheleset de Schumann,à la renaissance de Hach,dont le bi'anle avait été donné par le vieux Zelter, aidé de Berger et de Klein.
Heinrich E. Dorn ' fut le disciple de ces trois maîtres avant d'enseigner à son tour. Ses opéras laissèrent peu de tiaces, mais sa musique de piano manifeste assez de vivacité et d'ironie pour que son élève Schumann le baptisât le Juvénal de la musique.
A ce moment, la décadence de la musique de chambre est complète. Spolir abandonne la polyphonie du quatuor. Lachner, Heissiger, Lindpaintner, ont les yeux rivés sur Beethoven et Sciiubert, sans pouvoir les suivre dans leur vol'-. Lœweel Marschner sont hantés par le style dramalique d'ouverture, à la Weber, et en outre ils versent dans un fâcheux cosmopolitisme germano-franco-italien; enlin Hauplmann le probe ne réussit pas à brocher assez fortement sur ces médiocrilés.
Après la mor( de Beethoven, et selon sa prédiction, le règne despotique du piano commence, et deux courants manifestes se dessinent. Le plus large est suivi par la pléiade des spécialistes effrénés qui s'adonnent à la virtuosité comme fin, cultivent la broderie à outrance, en bourrent leurs variations, leurs concertos, leurs fantaisies sur les thèmes d'opéra. A la suite de Gelinek, Vanhal et Pleyel, le terrible polygraphe Czerny donne l'exemple. Karl Mayer^, Kalk- ■ brenner, Fesca, Haberbier'', Hûnten-', Pixis, Kudenkamp, Aloys Schmitt'', Dreysch.ock'', l'entourent de leurs innombrables phalanges... phalangines et phalangettes. Leurs productions sans génie sondèrent du moins les capacités de l'instrument.
L'autre courant, beaucoup moins vaste, mais plus profond, nous valut quelques œuvres à la fois brillantes et poétiques : la Fantaisie hongroise de Schubert, les sonates de Weber et immédiatement audessous certains morceaux de Hummel et de Ignaz Moscheles, un peu son continuateur. Ce qui survit de l'un et de l'autre figure maintenant au programme de toute bonne éducation pianistique. Ce sont pour Hummel des sonates d'allure franche et solide, pour Moscheles des Études artistiques d'une réelle nouveauté offrant un heureux mélange d'inspiration musicale et de ressources techniques.
Moscheles écrivit d'autres morceaux d'une bonne tenue : plusieurs concertos, des œuvres de chambre avec piano, une ouverture d'orchestre intitulée Jeanne d'Arc. Dans -ses compositions comme dans sa maîtrise d'exécutant, il reste néo-classique. Reconnue à Londres par démenti et Cramer, sa virtuosité semble déjà caduque à Weber lorsqu'il l'entend'. Elle lui permet, il est vrai, d'inculquer une belle discipline à Mendelssohn et d'être appelé par son élève reconnaissant au conservatoire de Leipzig, où il ob-
i. De même pour Tiifflichbelt, Molique et Schubert, lequel donnait à une sonate ce sous-titre prometteur : Soui:enir de Beethoven,