En 184C
tient la chaire do l'enseignement supérieur du piano'. Mais sa musicalité se déconcerte en l'ace des hardiesses de Chopin et de Schumann.
En somme Moscheles, coiilemporain de Weber et de Schubert, ne marcha point comme eux k la tète de son temps. Porté par son prestige à écrire mainte pièce pour la vente, il ne sut pas relever la variation de sa décrépitude, et il fut un des iiiaiigurateurs du pot-pourri d'opéra donnant au piano celte fausse dramatisation si inférieure au pathétique de Beethoven. « Sa veine romantique, énonce Schumann'", sans dépasser la culture contemporaine, peut s'appareiller à celle de Mendelssohn, avec cette dill'érence que celui-ci y apporta toute la verdeur de sa jeunesse. »
IHendelssohn cl la renaissance de Bach.
Au moment où la musique allemande fléchissait et menaçait de « s'emperruquer" », tni enfant de génie, un nouveau Mozart grandissait et semblait se hâter à. dessein de mûrir un des talents les plus complets et les plus sûrs qui aient jamais existé.
J'ai nommé Félix Mendelssohn -Bartholdy'-, Lorsque ce jeune Israélite surgit à l'improviste — tel Jésus parmi les docteurs — au milieu des maîtres de chapelle qu'il dépassait en inspiration et même en savoir, il courut une haleine de printemps sur les bourgeons desséchés de la forêt romantique. De 1830 à 1843 la sève remonte aux arbres Jaillis du fort terreau beethovenien, les feuilles verdissent dans une atmosphère de paix, à l'abri des invasions et des émeutes. Les querelles anciennes posent les armes, les conflits nouveaux dorment encore sous les plis du futur. Conservateurs et libéraux s'agenouillent d'un geste parallèle pour se confondre dans un culte égal de la nature et de la vie.
C'est le temps où fleurissent les aimables chansons de Ruckert, Eichendorff, Kerner, Mûrike; et Mendelssohn est la parfaite expression de ce calme lyrisme dans la sphère des sons. Son sens d'équilibre, la pureté de son goût et son culte sévère de la forme lui valurent l'appellation de néo-classique. Le fait est qu'à l'instar de Heine succédant aux premiers poètes du romantisme, Mendelssohn venant après Schubert et Weber retourne à l'excellence plastique et y apporte les puissantes facultés d'assimilation de la race juive. Son éducation, harmonieuse comme celle de Montaigne, au sein d'une famille aisée, unie et respectée, développe avec le même bonheur son intellect et son sentiment, ses aptitudes pour les lettres", le dessin et la technique musicale. Berger lui transmet sa virtuosité pianistique. Zelter'* lui inculque l'amour de Bach et le dote d'une science achevée dans la composition'». Le style des anciens maîtres n'a pas de secrets pour lui. A 15 ans il émerveille tous ceux qui l'entendent jouer du piano, improviser ou même causer d'esthétique. 11 charme la vieillesse de Gœthe,dont l'œil d'aigle plane au-dessus des écoles diverses du romantisme. A côté de l'auguste vieillard il apprend à discerner la beauté et à l'honorer