Op. cit
1 1. En Allemagne on créa l'expression de Zopfmusik, musique à perruque.
13. A 18 ans il publie une traduction mélriqued'une pièce de Térence. A 21 ans il traduit en vers des sonuets du Dante, de Boccace, Cecco Angioliniet Cino.
14. Élève de Fasch, qui lui-môme avait étudié sous Jean-Séb. Bach.
15. U étudie simultanément l'instrumentation, la fugue, le violon et l'orgue.
partout où elle se trouve. 11 revient au pré-romantisme de Lessing, Herder et Schiller, lit Sophocle, Racine, Shakespeare. Au théâtre de VVeimar, avant 1860, n'avait-on pas joué Phèdre à côté de Macbeth? Le romantisme de Mendelssohn n'y perd point ses droits. Il ne néglige aucun des apports de ses devanciers, il s'éclectise, et l'art intellectuel fortifiera avec lui son internationalisme superbe.
11 n'est pas étonnant que les premiers produits d'une éducation aussi raffinée soient des impressions de littérateur. A 17 ans Schubert avait écrit la Marguerite au rouet. Avec une précocité plus surprenante encore, Mendelssohn cisèle à 17 ans une merveille d'orfèvrerie orchestrale : l'ouverture du Songe d'une nuit d'été de Shakespeare. 11 possède un sentiment inné de la justesse des timbres, et les occasions ne lui ont pas manqué de l'exercer dès l'enfance grâce aux fréquents concerts de la maison familiale. En 182.T, — à 16 ans, — il s'est essayé dans une symphonie' et il a donné sa mesure d'originalité dans le scherzo de Voctuor à cordes op. 20-, Pour Mendelssohn, le scherzo n'est plus l'éclat de rire sardonique et formidable de Beethoven, c'est un frémissement d'ailes chatoyantes, c'est l'adoption au concert des génies aériens de Weber qu'idéalise encore une allure de souveraine pureté classique.
Notons que le fameux scherzo du Songe d'une nuit d'été fut écrit, avec les autres morceaux de cette partition, 17 ans après l'ouverture, et cela sans la moindre diminution dans l'élégance et la fraîcheur du coloris. On a profité de cela pour avancer que Mendelssohn était resté stationnaire. Mais cette remarque n'est pas tout à fait exacte, car on peut aisément reconnaître dans la carrière de Mendelssohn plusieurs étapes progressives.
La première, celle de l'enfance et de la prime adolescence, trahit nécessairement de louables empreintes : celles de Bach, Beethoven, Weber, dans la musique de piano, de Mozart dans la symphonie, de Schubert dans le Lied ^. C'est le moment où notre néophyte applaudit chaleureusement le Vreischiitz, copie de sa main la Passion selon saint Mathieu, improvise en public sur des thèmes de Haendel. Il étudie le violon avec Eduard Ritz et perfectionne son jeu de pianiste sous la direction de Moscheles; il joue avec prédilection le concerto en mi bémol de Beethoven et le concertstijck de Weber; il approfondit le style de la sonate : ses premiers quatuors* et son sextuor à cordes^ en bénéficient.
Dans la deuxième période le cercle des influences s'élargit. Mendelssohn achève avec succès ses études universitaires; il lit et traduit Térence, les poètes italiens, Shakespeare, Thomas Moore ; il fréquente dans les salons paternels une foule d'hôtes distingués : les poètes et les écrivains Holty, W. Millier, Rellstab; Heine, qui lui fournit déjà des textes de lie-
i. Op. 11 en ut mineur.