Mtiiiwires de Berlioz
2. A ceUe 4» période correspondent une foule d'œuvres de i"' ordre : i'oralorio Saint Paul, divers psaumes, la musique d'Antiifone, l'ouverture de Buy Bhis, la symphonie avec chœurs [Lo/>r/esau(/ ou chant laudatif), plusieurs quatuors, les sonates de violoncelle, les caprices op. 33 et les variations fiérit^imes, le 2» concerto de piano, des romances sans paroles, les 6 chœurs de plein air, les 6 duos op. 63, le scherzo du Songe d'une nuit d'été, etc.
3. Autres ouvrages de celle dernière phase : musique pour les deux Œdipe, Festiiesami (cliant de fête;, op. 6S. Lnuda Sion, quintette à corde» en la \r>, quatuor en fa mineur, Trio en ut mineur.
4. Les 6 premiers cahiers seuls ont été publiés du vivant de Mendels-
timent juste et profond du volUslied germanique. Mais on peut aussi y remarquer en général une certaine monotonie de modulation et un maniérisme mélodique auquel ne se rallia que trop la laveur du bon public. H }■ a là des formules sentimentales qui ne sont pas encore démonétisées à l'heure actuelle.
k côté des Homances sanx paroles je voudrais parler d'œuvres aussi ignorées que celles-ci sont célèbres : les romances avec paroles, les mélodies pour voix seuli'S avec accompagnement de piano. Ici la spontanéité mélodique est souvent du meilleur aloi,et d'un tour qui ne se banalise point. Mais on trouve rarement celte qualité qui fait Schubert si remarquable : la musique ne nous frappe pas par sa coi'respondance lldéle avec les mots. Le texte n'est plus qu'un prétexte, la devise d'une romance sans paroles. Quoi qu'il en soit, Mendeissohn i-esie, avec Weber, le plus notoire représentant du lied entre Schubert et Schumann. Sur ses quatre-vingt-trois mélodies il en subsiste une vingtaine qui ne méritent aucunement l'oubli dans lequel elles se fanent^.
La musique de chambre de Mendeissohn voit peu à peu diminuer la vogue qui l'inscrivit sur tant de programmes. Aux meilleurs quatuors, à l'octuor, aux deux quintettes à cordes, le caractère des thèmes, l'emploi des Irémolos, donnent en général uneallure trop orchestrale. Nous ne sommes plus en présence de la polyphonie de Beethoven ni de la plénitude sonore de Schubert. Dans les trios un autre équilibre se trouve rompu. Le piano a trop progressé déjà; il déroule au premier plan des arpèges de paraile, et lorsque s'apaise sa continuité rythmique parfois obsédante, nous découvrons des mélodies plus langoureuses que passionnées... Spohr ne serait-il pas quelque peu mêlé à leur ascendance?
Ainsi soit-il dit, sans exagérer une généralisation qui deviendrait irrévérencieuse et incorrecte. Dans la seconde partie de sa vie le style de Mendeissohn se virilise et prend une mélancolie plus austère^. La sonate et le duo pour piano et violoncelle comptent parmi les meilleures pages dédiées à ce dernier instrument, et son concerto de violon' a conquis les honneurs du répertoire classique, tant au concert qu'à l'école. On peut en dire à peu près autant du meilleur des deux concertos de piano, le premier, en sol /«tïicuc. digne suite au concerstiick de Weber*.
Ceci nous ramène au piano de Mendeissohn. Il sut prendre avantage de l'avancement technique de cet instrument, mais il se soucia peu de l'augmenter. Dans ses compositions comme dans sou jeu, il le traita en virtuose subordonné au musicien. 11 toucha peu au genre de la fantaisie sur des thèmes vocaux : il ne s'en servait guère qu'au cours de ses improvisations, dont la science et le charme tenaient du prodige. Il n'abusa pas non plus des variations; lorsqu'il coula dans cette forme une de ses plus nobles inspirations, il dut prendre le titre de Varia/ions sciieuscs pour se distinguer de la foule des jongleurs qui, du
sohn, avec son assentiment et ses soigneuses revisions, qui ne négligeaient aucun détail, pas môme Tordre tonal dans lequel ces petites pièces étaient présentées.
5. 11 faut tirer hors de pair l'op. 9, n^ 1 (Fr/ii/e), deux lieder de Heine (op. y, n- 10, et op. 8(i, n" -i), Friihlinijslie'l (Lliaut de printemps, op. 19 n" i), Erste Veilchen (Première Violette, n" 2), Der Moud ilai.une, op. 86, n" 5), .Sun of the sleepless (Soleil d'insomnie) et Wuldsc/iloss (Château sylvestre).
6. Quatuor en fa mineur, trio en ut mineur. S' sonate de violoncelle.