‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 5)Chapitre 253 sur 297 · La ci darem la viano, np · texte numérisé non relu

La ci darem la viano, np

6. Citons le trio op. 8y d'allure presque classique, une polonaise, une sonate et un duo concertant avec violoncelle (en quasi-collaboration avec Franchomme), des variations, une krakoiviak, une polonaise avec orchestre et les 2 concertos que ni leur éloquence pianistique ni les réinstrumentations de Tausig et de Klindworlh n'ont pu sauver du dédia,

7. Le récital n'existait pas encpre. Il fut créé par Liszt vers 1840. S, Danse nationale polonaise.

ENCYCLOPEDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIONNAinE DU CONSERVATOIRE

définitil' de son lyrisme romantique. Il déguise, sous ces titres sans prétention, les impressions diverses que la vie lui transmet. La célèbre étude en ut mineur' est écrite à Muiiicli en 1831, au moment où Varsovie tombe aux mains avides des Russes. l£n 183o, un simple tempo di valse- exprime un adieu mélancolique à une femme que Chopin aimait et qu'il ne sut pas retenir'. En 1838 toute la série des préludes est écrite à Majorque, où il s'était exilé avec George Sand, alors qu'un hiver hostile et tempétueux vint traquer et circonvenir leurs modestes amours dans cette île méridionale.

Quand l'impression se présentait trop grande pour se concentrer dans une brève pièce de caractère, Chopin employait un slyle narratif qui lui est propre et qui se déroule à l'aise au cours de ses ballades, ses scherzos, certaines polonaises, certains impromptus et aussi ses sonates. Dans ces grandes pièces, Chopin nous conte des épopées mystérieuses. Il fut le créateur de la ballade. Mais ce genre n'entraîne pas avec lui de formes fixes. Toutes ses composilions, sauf les sonates et les concertos, sont des fantaisies libres. Cependant qui donc a réalisé la ballade romantique comme Chopin? Le voilà, le geste sublime de l'âme, d'une âme dominatrice et que le verbe d'une race n'aurait fait qu'alourdir''.

Les sonates de Chopin^ sont encore des récits. La tendance esquissée par Schubert y est pleinement réalisée. Weber a créé la sonate dramatique, Chopin crée la sonate lyrique. Pour elle il puise dans les richesses de son terroir, prodiguées aux mazurkas, aux valses, aux polonaises. Entre ses mains leurs simples rythmes populaires devinrent des chefs-d'œuvre de mélancolie, d'entrain ou d'audace; il acheva de libérer leur puissance occulte, que déjà Eriedmann-Bach et Weber avaient soupçonnée^.

Un autre genre inauguré par un pionnier du romantisme, Field, vint s'oifrir de lui-même k la pensée délicate et rêveuse de Chopin. Ses premiers Jioclwnes rappellent indubitablement ceux de son modèle', mais déjà Chopin s'y essaye en l'art des vaporeuses broderies qui exaltèrent tant et si bien la petite âme artiticielle et sentimentale du clan féminin de Paris, pour ensuite s'imposer au reste du monde comme un colifichet du bon faiseur. Toutefois Chopin le vrai, l'impétueux, se trouve vite' à l'étroit dans la forme fîeldienne, et dans son quatrième nocturne nous voyons la rêverie s'interrompre soudain pour laisser tonitruer un superbe con fl'oco'.

Les autres formes abordées par Chopin sont la barcarolle, la berceuse, l'impromptu, le scherzo. Sur des rythmes de 6/8 et 12, 8 la berceuse nous berce doucement, et la barcarolle liouleusement. Il est curieux de comparer cette dernière pièce, si corsée, aux simplets gondellieder de Mendelssohn. Les impromptus n'ont de commun que le litre avec ceux de Schubert''.

i. Op. 10, n° 12.

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