m- ballade
2. Vo\c/, par exemple, le motif Je Vltitei'mezzo de liorodinc (petite suite), et comparez-le au l*"" tllème de Isl pulonaise-fantaisie. On pourrail multiplier les exemples.
3. Chez Gliuka llS04) comme chez Balakirew, R'rudit et l'intuitif se
ments sur sa vie intérieure. Comme Beethoven écrivant VlléroiiiHP, et d'une façon plus directe encore, il rend, en musique, le choc du monde extérieur sur sa sensibilité, il pense musiralement et sans autre médium plastique que le piano, l.a musique s'oll're à lui avec une si jaillissante abondance et cela dépasse tellement les capacilés physiques de sa fragile incarnation humaine, qu'on comprend à merveille sa naïve réponse à un inleinlant de Louis-Philippe le pressant d'écrire à son tour un opéra : « Ah ! Monsieur ! laissezmoi composer de la musique de piano... C'est tout ce que je sais faire''. »
Oui, son piano lui suffit à rendre des élans d';\me aussi passioimés et fougueux que ceux de Beethoven, aussi graves, élevés ou tendres paifois que ceux de Scliulicrt. Sans grandiloquence comme le plus souvent sans affectation, Chopin exprime tour à tour clans son œuvre la révolte, rabattement, la tristesse, le désespoir, la sérénité, l'humour.
Où peut-on trouver une mélancolie comparable à celle qui émane de la première polonaise en ut diijse mineur? Ou bien à celle qui volette, plus légère, dans les croches de ['étude op. 23, n" 2? Et les préludes élégiaques n"" i et 6! Kt la poignante hantise du prélude de la pluie'^l La sinistre hallucination du deu-riéme prélude! Nous -la retrouvons plus ell'rayanle encore dans le tourbillon à l'octave du finale de la sonate op.S.'i.
Cette page énigmatique que Mendeissohn abhorrait, Schumann n'y voyait qu'une boutade. On a dit poétiquement que c'était une rafale nocturne tordant les arbres du cimetière au-dessus des lombes des vaincus que vient de célébrer la marche funèbre. Seul un pseudo-oriental pouvait nous mettre ainsi face à face avec le néant : avec Maïa. Le scherzo de la même sonate extériorise la plus sardonique, la plus stridente harmonie. Ici l'ironie de Beethoven est dépassée. Chopin donne une signification analogue à son premier scherzo, offrant, à l'encontre de la ballade en fa. le contraste de deux mouvements passionnés, qui encadrent une vision céleste. Après une page tumultueuse survient un épisode très beetliovenien qui prend le tour d'une question faite à la destinée. Le deu.riènie scherzo commence de même par un triolet inquisiteur qui se présentera plusieurs fois dans le cours du morceau, comme le premier molif de la symphonie en ut mineur, comme le Muss es sei.n'? du célèbre quatuor.
Pour trouver de l'enjouement il faut feuilleter le quatrième scherzo en mi bémol. Il est couru dans une manière légère, féerique, donnant un avant-goùt de Helleret de Lalo. Le scherzo de la troisième sonate est animé du même esprit.
Parfois, Chopin aime à peindre l'indolence, le doux i< dégingandage » d'une exquise adolescence. Le scherzaudo de Schubert a quelque chose de cela, mais en plus fruste. Les études op. 19 n" S et op. 2o n° 9, le second thème de la ballade en la bémol nous représentent la fuite preste et féline d'un Arlequin gouailleur, avec un corps charmant et souple, sous l'ampleur du costume.
Parfois encore, Chopin nous découvre une âme sereine et comme exilée dans un au delà métaphy-
balancent. C'est au génial Borodine (fils d'un prince du Caucase) qu'il fut donné dii succéder a Chopin dans toute la saveur de son orientalisme.