‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 5)Chapitre 262 sur 297 · ErncsUne von Frickcn · texte numérisé non relu

ErncsUne von Frickcn

7. Aulremenl dit l'esprit bourgeois, conventionnel et conformiste.

8. Le Grossimtertaiiz (Danse du grand-pa[ja) qui concluail toujours les fèlcs de mariage.

9. Li^zt. parlant de ret ouvrage, lui donne la préférence, pour la richesse inventive, sur les 32 variations de Beethoven (liiographic Hamann ) .

iO. 1"' volume des IcUres de Schumann.

11. Chopin, à iNoliatit, s'amusait a tirer à plomb sur du papier à musique, puis il .ajoutait des (picut's aux ti-ous ci'iblanl les portées... de fusil. Je tiens l'anecdote d'Edouard Cndol, a qui George Saud l'avait racoutéc.

— à de la musique à programme! Il n'en est rien cependant. Schumann nous apprend lui-même"' que jamais, dans son œuvre instruminlale, il ne mettait les paroles ou les scènes en musique : c'était la musique qu'il mettait en paroles. Autrement dit, il ne lui donnait de titres ou de sens précis qu'après coup, après avoir obéi à une logique impérieuse et secrète, à lui particulière, qui lui faisait classer, avec une science consommée du contrasie et de l'antilhèse, ses thèmes, lumineux et serrés comme des aphorismes, vifs comme des épigrammes, suggestifs comme des peintures. Ajoutons que plusieurs des compositions de Schumann, notamment ce Carnaval, étaient construites sur des acrostiches. Ce jeu avait déjà souri à Bach, prenant comme sujet de fugue les letti'cs de son nom. Qu'importe au génie de puiser des notes au hasard, comme des boules de loto"? A peine transcrites sur le papier, elles prennent d'éloquentes inlle.xions, un tour qui nous subjugue'-. Quoi qu'il en soit, ces ingénieuses analogies de thèmes et certains rappels de motifs contribuent certainement à donner au langage de Schumann une unité plus vivante que celle qui rampe dans tant de froides et scolastiques sonates de l'école allemande.

Aux diverses époques de sa vie, Schumann revient à ce genre de fantaisies dont il fut le génial inventeur. Ses Inlermezzi'^, ses Fanlaslefliiclie'^, ses Davidsbfindler'", l'Arabesque"", la Blamensiùrli^'', etc., sont généralement des morceaux pleins de fragments d'un assemblage imprévu, comme la mosaïque changeante et colorée d'un kaléidoscope. Et quelle diversité de sentiment s'y exprime! Dans l'admirable Pièce jlnirie un motif tendre et pressant reparait sans cesse avec l'insistance d'un personnage variant ses supplications pour toucher notre cœur. La première Novclk'ttc semble peindre les joyeux vouloirs et les espérances incertaines... L'Arabesque fait un heureux usage des arpèges brisés aux deux mains que Mendeissohn avait employés dans sa première romance sans paroles. Nulle part autant que dans celte pièce on ne s'avise aussi clairement de l'aftinité subtile, métaphysique, unissant des motifs en apparence étrangers.

Le Carnaval de Vienne ",\)\ein de vie et de couleur, se voit troublé par la malicieuse intrusion de la M.\n- SEiLL.^isiî, que le gouvernement autrichien avait prohibée comme séditieuse... Et les Kiiidersccni'n! Qui ne connaît ces célèbi'es pièces pour les enfants? En les écoutant ne nous sentons-nous pas ramenés tout à coup en arrière, dans la maison familiale, au temps où les événements les plus futiles inquiétaient ou captivaient nos âmes tendres'"?...

A côté de ces croquis, quelles interprétations de la nature! Dans la première des Nachlslftche-" nous percevons des pas fut tifs, des feuillages qui bougent

i-l. Le carnaval est construit sur les 4 notes Irt. mi [t, ilo. .vi Ù. c'est-àdire A, S, C. Il, qui sont le nom d'un village et reproduisent en mémo temps les pi'incipiles lettres du nom de Schumann. Voyez aussi les Vnriatioiis sur AiJEGG, le Kinder album ; pièce sur Gade, les fugues sur le nom do tîaclt, le canon an Alexis, etc.

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