‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 5)Chapitre 263 sur 297 · Op. se · texte numérisé non relu

Op. se

19. Outre les 14 scènes d'enfance, Schumann ^-crivitun Albinn pour la jruiiisxr rempli ilo liiblnaui sinqdes, \6ritable imagerie pour les petits. Il publia aussi un Uni d'nifauls (a 4 mains) cl 2 smialines d'uu art coiisomnié.

-iK l'ièccs nooturnns, op. 23.

HISTOIRE DE LA MUSIQUE

à peine, de rares boull'ées de vent et des étoiles qui clignoleiil, lointaines. La première des Waldscenen^ jette sur nos épaules ce manteau de fraîcheur et de silence qui nous accueille à l'orée du palais feuillu. La première Fantasisliick évoque la roseur évanescente d'un soir mystique où toutes les formes s'idéalisent, impalpables. Celte page hyper-romantique, faite d'un chant qui plane sur des accords brisés, se pourrait comparer à mainte production de Chopin : la vaporeuse étude eu la bémol, par exemple. L'un comme l'autre, les deux maîtres surent baigner parfois leurs harmonies dans un lialo d'étrangeté calme dont ils ont emporté le secret.

Jusqu'ici nous avons éludiéSchumann dans sa manière la plus personnelle et la plus spontanée. Nous avons vu, dans ses pièces de caractère d'une construction et d'une essence si nouvelles, l'homme et le musicien parler un même langage, aussi plein d'élan — sinon de naïveté — que celui de Schubert dans le lied. Les moyens techniques employés par Schumaim marchent de pair avec sa conception. Comme harmoniste il est presque aussi téméraire que Chopin; de plus, il traite le piano polyphoniquement, l'étoffe de thèmes superposés, l'enrichit des ressources élaborées à l'école de Bach, de Beethoven et de Mendelssohn. Avec de tels moyens qui sont du domaine musical de tous les temps, Schumann n'édifie plus, comme sesprédécesseurs, des architectures suivant des plans consacrés; il imagine des développements dans lesquels se confondent curieusement le lien poétique et le lien musical. Or, quel est le style qui pouvait s'offrir à Schumann comme le mieux apte à rendre la fantaisie prime-saulière de sa pensée? Le plus ravalé, le plus démonétisé de tous, celui de la Variation, dans lequel un ou plusieurs thèmes se présentent sous des jours différents, avec des significations diverses. Produit naturel de l'évolution de la science harmonique, dont la complexité et les facultés expressives ont grandi sans cesse, la variation devient l'auxiliaire habituel du génie de Schumann, elle joue un rôle important dans la plupart des œuvres que nous avons examinées jusqu'ici, et lorsqu'elle accuse franchement ses formes, comme dans les Etudes sijmplionirittes ou ÏAmlante varié à deux pianos, c'est pour traduire à merveille une somptueuse série d'étals d'âme'-.

Mais l'ambitieux génie de Schumann ne se suffit point d'avoir ciéé la pièce de caractère, ni d'avoir porté la variation au zénith de sa destinée. Il aborda résolument des œuvres de longue haleine et de vastes proporlions, pour lesquelles l'unité d'inspiration lui lit défaut. Sauf sa beWe Fantaisie qui est presque une sonate et fut écrite d'un seul jet, Schumann conçut toujours à part les divers morceaux de ses suites classiques^. Souvent plusieurs années mettaient entre eux leur intervalle. La juste popularité du Concerto en la et de la Sonate en sol mineur lient sans doute à la beauté de leurs mouvements détachés plutôt qu'à leur cohésion. On pourrait en dire autant de la mu-

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