‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 5)Chapitre 264 sur 297 · Scènes forestières, op · texte numérisé non relu

Scènes forestières, op

2. Nous avons vu comment Mendeissolin et Chopin jalonnèrent le chemin. Depuis, les compositeurs contemporains, Liszt, Grieg et surtout César Franck, tirèrent un grand parti des ressources psycliologiques de la variation.

3. Les 3 sonates (dont l'une porte le titre « éditorial w de concerto sans orchestre, le concerto, Vintertude rondo et finale, sont dans ce cas.

sique de chambre de Schumann, ce qui ne l'empêche nullement de compter parmi ce que l'Allemagne a produit de meilleur.

Ayant écrit presque exclusivement du piano pondant dix ans, Schumaïui se passioiuia successivement pour d'autres genres, qu'il prit d'assaut avec toute la fougue de son génie. Après une incursion d'une année entière' dans le lied et une autre dans la symphonie", il s'adoima tout à coup à la musique de chambre, et pour ses débuts'' il écrivit dans un même mois ses trois quatuors à cordes''. Le poncif Hauptmann, en les enlendant, s'émerveilla de l'essor évolutif de l'auteur des Kinderscenen et de la façon prodigieuse dont il s'était assimilé le style de Beethoven pour le rendre apte à traduire l'allure ultraromantique de ses propres pensées. Mais, plus encore qu'à Beethoven, Schumann est redevable à Bach de la formation nouvelle et plus objective de son style que ces quatuors manifestent. A côté de Mendeissohn il fut pour ainsi dire l'introducteur du génie de Bach dans le romantisme. Dès l'année 1828 il fit du Clavecin bien tempéré une étude presquejournalière, grâce à laquelle il acquit peu à peu, dans l'art de conduire ses pensées, une concision que Haydn etMozart avaient rarement atteinte. Les beaux quatuors de Schumann ne contiennent guère plus que le reste de sa musique de longs sujets largement développés, mais, à part de rares réminiscences du style pianistique, les quatre instruments y sont employés avec un parfait équilibre, laissant un libre jeu à leur éloquence respective. Grâce à leur sobre couleur, grâce à la langueur charmante de leurs thèmes et à la vigueur passionnée de leurs rythmes, ces quatuors et les autres pièces pour piano et cordes* voient leur faveur grandir sans cesse dans l'esprit des artistes et des amateurs éclairés.

L'année 1845 marque encore une intéressante étape du sens artistique de Schumann. C'est alors qu'il se dédia presque exclusivement à la composition des pièces scolastiques,dont les plus belles sont Six Etudes en forme de canons, pour le piano pédalier', et Dix fugues d'orgue sur le nom de BACH. Dans cette dernière œuvre Schumann se montra le digne émule de Mendeissohn. S'il fit preuve d'une habileté moindre dans l'appropriation de l'écriture à l'instrument, il alla plus loin dans l'expression idéale, dans la sainte et sublime ferveur qui plane au-dessus de l'encens dans les nefs des cathédrales. Et c'est ici le moment de faire remarquer qu'avec Schumann, penseur libre de tout joug doctrinal, philosophe rétléchi, ésotériste profond, la conscience artistique du monde fait un grand pas. 11 nait une musique sacrée qui n'est pas forcément de la musique d'église, mais qui proclame en un siècle agnostique les droits impresci'iptibles de l'idéalisme, balaye la poussière matérialiste sous le vent de ses ailes'".

L'œuvre entière de Schumann abonde en pages augustes. Les citer serait accumuler ici une quantité

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