‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 5)Chapitre 265 sur 297 · Op · texte numérisé non relu

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8. Le quatuor, le quintette (1842), le trio en ré mineur, op. C3, celui en fa majeur, op. 80, les 2 sonates de violon, op. 105 et 121.

0. Citons aussi les d^dicieuses Esquisses pour le niûme instrument, et leur remarquable arrangement à 2 pianos par .M. D. Yzelcn.

10. Schumann écrivit un motet, 2 hijMnrs, une messe et un Jleijmem. C'était pour lui des pièces d'occasion, adaptées au culte catholique de Dresde, un dernier rellet du romantisme médiéval dont Aovalis avait doté l'Allemagne.

de titres de piano, de lieder, de cliœurs, d'orchestre. Nulle part le seiUiiiient relij,'ieiix, correspondant au culte des belles hiérarchies de l'univers, n'est plus évident que dans la Symphonie op. 3S dite rhénane. Elle fut composée en 1860, à l'occasion des l'êtes de Cologne. Dannrenlher nous dit avec raison qu'elle évoque les scènes rurales et les mystiques légendes des bords du Hhin. On peut y voir plus encore. Les symphonies de Scbumanii ne nous ouvrent point, comme la Pastorale ou l'Ecossaise, le frais éventail des paysages terrestres; il s'y joue plutôt des perspectives d'âme où l'air serait irrespirable et la lumière invisible à tous ceux qui ne savent s'élever au-dessus des contingences.

C'est en 1841 que le grand maître se lance hardiment à la conquête de ce nouveau domaine : l'orcheslre; la symphonie devient la noble confidente de sa maturité. Il est depuis un an docteur en philosophie, il a fait acte de volonté virile en épousant sa fiancée malgré l'opposition de Wieck'. L'ère des impulsions lyriques individualistes est passée, après leur effusion dans une centaine de lieder. La carrière de Schumann se dessine, son milieu ambiant l'inlluence. Sous la magique baguette de Mendelssohn, l'orchestre du Gevandhaus a donné la vie à l'Italienne, à la grandiose symphonie en ut majeur de Schubert-. Ce sont ces illustres devanciers et l'incomparable Beethoven que Schumann prend pour modèles lorsqu'il crée sa première symphonie connue sous le nom symbolique du Printemps. Ce poème admirable d'ampleur et de carrure dut sembler aux contemporains l'entrée au port d'un vaisseau de haut bord, chargé des fleurs et des fruits d'une terre inconnue, où seul jusque-là le rêve avait fait voile. Jamais rien de plus grandiose ne fut dédié à la gloire du perpétuel renouveau.

Dans la seconde symphonie^, datant de la même année, on pourrait trouver que le musicien-poète chante à plein cœur une sorte d'épanouissement estival, une apogée des êtres et des choses, surpris dans leur impossible vœu d'éternelle jeunesse. Ces trois symphonies et les deux autres, moins connues du public, ont le double don d'exciter à la fois l'enthousiasme des auditeurs qui se laissent aller à leur émotion, et la critique sévère des pédagogues qui voudraient nous édifier sur les défauts de Notre-Dame de Paris inspectée en délail, par une nuit opaque, à la clarté d'une lanterne sourde. Ceux-là font observer que Schumann double souvent les parties de son orchestre, dont il emploie à chaque instant toute la masse massive. Ils en concluent naïvement que Schumann ignorait l'abc du métier et ils le renvoient à l'école, sans s'apercevoir que u son orchestration robuste et solide traduit éloquemment la pensée générale de sa musique* ».

En réalité, Schumann était parfaitement conscient de ce qu'il écrivait. Quand il aborda l'orchestre, sa nature patiente et studieuse avait depuis longtemps scruté et comparé cent partitions''. De plus, il eut maintes occasions de s'entendre exécuter; et l'on cite plusieurs inexpériences qu'il corrigea derechef, après une première audition. Reprendre Schumann sur ses effets voulus d'instrumentation me semble un

1. A qui le talent et l'avenir de Scliuniann paraissaient trop incertains.

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