I.e Conservatoire de Paris en possède un exemplaire
3. Rinuccinine fut pas un inventeur; il suivit, dans la voie tracée. Tasse et Chiabrera ; celui-ci lui fournit les modèles de ces mètres an.a- «réonliques dont Rinuccini usa fort heureusement; mais il avait le -don de verseggiare somratiiente. — Il avait subi l'inlluence de Ronsîird, U fit, de 1000 à lOOi, trois voyages en France, qui donnèrent
mes d'opéra. Ces poèmes furent traités tour ii tour par les plus illustres compositeurs. La seule Dafne fut mise en musique, quatre fois en dixans, jiar Corsi, Pcii, Caccini et Marco da Cagliano.
Le premier collaborateur de Uinuccini fut .lacopo Corsi, qui traduisit en musique quelques scènes de la Dafne''. Puis, Corsi ne se jugeant pas, avec raison, assez bon musicien, ils s'.adressèrent à JacopoPeri, directeur en chef de la musique du grand-duc, virtuose sur l'orgue et sur les instruments à clavier, fameux surtout pour son admirable voix de soprano et sa chevelure d'un blond rouge, qui lui avait fait donner le surnom de Znzzerino. Péri, guidé par eux, chercha « un chant modelé sur la parole, plus l'elevé que le parler ordinaire, et moins régulièrement dessiné que la pure mélodie, — à mi-chemin de l'un et de l'autre ». Pour cela, il étudia les accents de la langue italienne, les modes et les intonations de la voix dans les diverses passions. En un mot, il Ht tout un travail de transposition du langage parlé en langage musical''. Puis, quand il fut prêt, il aborda la composition de la Dafne: et on la fit entendre dans le salon de Coisi , en i^6^'^, puis tous les ans depuis lors jusqu'en 1397, en y ajoutant à chaque fois des perfectionnements nouveaux. La représentation de 1S97, à laquelle le grand-duc et la cour assistaient chez Corsi, eut un tel succès, que la cause de l'opéra fut gagnée. Ce fut une révélation. Chacun sentit, ce soir-là, qu'un art nouveau commençait''. — Uinuccini, encouragé par la victoire, écrivit l'Euridice, que Péri mit eu musique; et l'on profila des grandes fêtes de Florence, à l'occasion des noces de Marie de Médicis avec Henri IV, pour la représenter solennellement au palais Pitti, le 0 octobre 1000. La Camerata prenait part à la représentation. Corsi tenait le clavecin, et Péri chantait Orphée, avec « celte merveilleuse façon de réciter en chantant, que toute l'Italie admira »,dit Gagliano. Le retentissement de ce spectacle dans toute l'Europe fut considérable. — Caccini, de son côté, faisait jouer, trois jours après, une pastorale en musique : Il rallo di Cefalo, et écrivait aussi une Euridice. Enfin Eniilio de Cavalieri venait de donner, en février iOOO, son oratorio La Uapprcsentazione di Anima c di Corpo. L'année 1000 vit donc la fondation définitive du drame musical.
Il est intéressant de comparer les œuvres conservées des trois auteurs, pour juger des trois réponses différentes que Péri, Caccini et Cavalieri tirent au problème, qui leur était posé, de trouver en musique un style récitatif et expressif. — Péri fut, à vrai dire, le seul qui réalisa les théories de la Camerata et son idéal de déclamation notée, aussi sobrement, aussi exactement que possible'. Son style musical avait pour caractéristique une simplicité majestueuse et.
préteite à des biographes trop romanesques d'inventer un amour, p.artagé, de Rinuccini pour Marie de Médicis. — Il mourut en Itiil. — M. A. Solerti a publié ses Masclierale, Bulleiti e Melodrammi, dans le second volume de son ouvrage G/i Alùori del jnelodramnta.
i. On en a retrouvé à la Bibliothèque du Conservatoire de liruselles (|uelqufs fragments antérieurs .'i l.i94, que M. Alfred Wotqucnn.' a publiés dans son Catalogue de la liibl. de Bruxelles (1901), et M. Scilerti dans Gli Albori del melodramma.
b. Voir l'admirable préface de l'/Curidice de Péri.
6. Uinuccini et Péri retravaillèrent encore la Dafne, qui fut de nouveau donnée, chez Corsi, en l.'iîiy (ce fut la première re|)roseul:\l\on publique d'opéra) et en lOOli. — l.a partition s'est perdue. En ItiOH, Gagliano fit une nouvelle musique (conservée) sur le liviet de Rinuccini.
7. M Pcri, trovato modo cou ricerchar poche corde, e con csatla diligenza d'inlitare il parlar familiare, ncqnisto gran faina. n (PitRo
ENcvr.LnpÈniE de lx mvsjqve et nicTioxxAinE nr r.oxsKnvAroiiu-:
trafique'. Il arrachait les larmes, par son clianl pathétique. Son art est peut-être le plus difficile à apprécier pour nous, car il reposait essentiellement sur l'intelligence des paroles et le talent de celui qui les disait. Gagliano déjà notait qu' « on ne pouvait comprendre entièrement le charme et la force des airs de' Péri, si on ne les lui avait entendu chanter
lui-même, d'une façon qui lui était personnelle et qui bouleversait le public ». C'était donc un art qui n'avait toute sa valeur que sur la scène, joué par un grand acteur. — En voici pourtant un très beau spécimen, — les lamentations d'Orphée, — ^dont la noble douleur pourrait encore émouvoir aujourd'hui-.
ORPHEE.
Jacopo Prri. — EiiriiUçf'^ (IGOO),
F\i nesJe piag-ge,
oinJ3roLsi.,or ri-di
campi, che di sfelle.^odi
so le non vedeste gia-
mai scintilla, o lani
rimbomba te, doJen .
J jj- jvj j ij J'J'J-Jv:j ^
li, al su-on dell'angos
.cio.se mie pa roJe,
mentrecon mesti ac cen(i.
isi e-
il perdu -to mio ben con
voi
so
spi ro.
voi.
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deh! per pietà del mio marti re.
che nel misero cor dimo
ra eter no.
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ma te al mio pian to.
om
bre d'inf'er
no!
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-le-
(* I I If
fa
1. « Nel Pcri piii nobili pensieri e uiw stilr dirri pin Iragico. n