Voir plus loin le théâtre des Barberini à Rome
7. Surtout dans l'opéra vénitien, à partir de V I ncoronazione ai Poppea de Monteverdi, en 1042.
8. .. S\'el Péri... uito stile direi piii Iraijico, siccome gueW allro (ilontecerdi) ha piii di comico, esscndo çuelto piii oruato e gueslopiù semplice e maestoso. »
9. Il devait collaborer avec lui, dans la Flora lie 1028. — Péri témoigna d'ailleurs, avec une pai'faite bonne grâce, d'une joie aussi vive pour le sucrés de Gagliano, que si c'avait été le sien.
10. Gagliano insiste minutieusement sur le jeii des acteurs, auque il attache plus d'importance encore que l'cri. Il \eut la [ilus eiacte concordance des gestes avec la musique.
11. La Dafne di Marco da Oaijliano. nrlV AccademiadeijV Etevati l'A/fanuato, rapprrsoilata in Mantnva. — Florence, 1008, Marescotti.
Robert Eitncr a réédité l'a-uvre dans le même volume de sa collection de l'Ancienne Musique ([ue VKuridice de,Caccini. (Voir plus haut.)
HISTOIRE DE LA MUSIQUE
XVII' SIECLE. — ITALIE fiOT
un peu inassils. Enlin, apiès la mélamorpliose de Dapliné et les pleurs d'Apollon', s'élève un liimcnln général des pasteurs, comme à la lin de YEiiridice Af^. Caccini; mais au lieu que dans celle-ci la première place appartient aux soli qui chantent sept ou huit couplets, auxquels le chœur répond seulement par un refrain, ici le chœur est le personna^'e principal, et il trouve des accents traf,'iques, de larpes et pathétiques harmonies, qui donnent ;\ la scène un caiactère grandiose. — Ue plus, certains airs hien dessinés lentre autres 1 "airde l'amour : Chi da' liicci d'Amoi; il deux couplets, avec ritournelle) montrent les progrès accomplis déjà par la monodie. En dehors de ses opéras, Gagliano fut un des maîtres italiens qui.
dans les vingt premières années du xvii'' siècle, travaillèrent avec le plus de talent à dégager la mélodie du style niadrigalesque , et à lui imprimer un caractère individuel et expressif. Il écrivit nombre de Muaiclic à 1 , 2 e 3 voci; et telle d'entre elles jouit encoi'e aujourd'hui d'une cei'taiiie notoriété parmi les amateurs du chant ancien. Ainsi, l'air : Valii profonde, plus connu sous le nom : L<; Damné-, qui est en trois parties, non dépendantes l'une de l'autre, hien qu'elles aient entie elles des rapports de proportions, d'équilibre, de sentiment, et même que certains dessins se reproduisent de la seconde à la troisième partie. La première phrase est d'une beauté toute classique :
i pro fon
')\rJ i é
de
il sol
ne im
che!
Mais l'ensemble de l'air hésite, comme trop souvent chez Gagliano, entre l'expression vraie du sentiment et la virtuosité entre le chant naturel et les vocalises un peu conventionnelles, de même qu'il flotte incertain entre le récit et l'air, entre les tonalités anciennes et les tonalités modernes. — Gagliano, qui était un musicien excellent, n'avait pas une personnalité assez forte pour prendre parti et pour ouvrir avec décision un chemin nouveau à l'art. Il avait seulement une claire intelligence, qui comprenait la beauté des formes diverses, et qui la tit comprendre à la masse des musiciens encore hésitants. Mais jamais l'art nouveau n'eût triomphé avec la violence et l'univeisalité qui caractérisa au xvii» siècle la victoire de l'opéra, sans l'attrait irrésistible du génie de Monteverdi.
Claudio Monteverdi naquit à Crémone en Io67. En lb90, il entra au service du duc de Mantoue, comme joueur de viole et chanteur. En 1607, à l'occasion des fêles pour le mariage du prince héritier, il donna à Mantoue son premier opéra, Orfeo, bientôt suivi de l'Artfiiina 1I6O81, qui souleva l'enthousiasme de l'Italie, et dont il ne reste plus que quelques pages admirables^ En 1612, il allaà "Venise, où il devint maitre <le chapelle de Saint-Marc; il y jouit d'une renommée triomphale. Les souverains d'Italie se disputaient sa personne et ses œuvres. Les poètes et les musiciens italiens lui prodiguaient les éloges mythologiques. Les Académies étrangères s'honoraient de le compter parmi leurs membres. Les grands compositeurs allemands étudiaient sa musique, comme Piœtorius, ou
1. Le sujet de la bafne de Rinuccini, comme de presque toutes les Dafne italiennes, est double : d'abord la victoire d'Apollon sur le serpent, puis l'épisode de Daphné.
2. CeUe monodie, citraite d'un recueil de Miisiche a I, i, 3 mci de Gagliano, publié i Venise en 161S, a été rééditée par M. Gevaert, dans le second volume de sa collection Les Gloires 'le i/talie.
Gagliano écrivit d'autres opéras que la IJafne : le Medoro (1010-20), la Itappresentazioiie di Santa Orsolo, verijine e martire (ltj24), la Flora (ltJ2S). Ces œuvres semblent s'être perdues, sauf la dernière, qui fut écrite en collaboration avec Péri.
3. Le Lamento d'Arianna, dont la première page a été souvent rééditée, de notre temps, dans les collections d'anciens airs italiens, et que M. Vogel. dans son étude sur Mo/itecerdi, et M. Solerti, dans le premier volume des Albori del melodramma, ont publié in extenso.
venaient à son école, comme Schiitz. Huyghens en Hollande, Gobert et Maugars en France, le célébrèrent. Il entra dans l'Église, après la peste de 1030. Cela ne l'empêcha point de continuer à cultiver la musique profane''. Il vécut assez pour assister au triomphe de l'opéra, qu'il avait réellement fondé. Il vit s'ouvrir à Venise, en 1037, le premier théâtre public d'opéra, et il eut encore le temps, bien qu'Agé de 70 ans, de lui fournir quatre pièces musicales''. Il mourut le 20 novembre 164:!, à l'âge de 70 ans.
Il importe — si l'on veut se faire une idée juste du génie de Monteverdi — de ne pas le juger uniquement d'après ÏOrfco et l'Ariauna, comme on fait d'ordinaire. L'Orfco et VArtanna, si beaux qu'ils soient, ne suffisent pas à le caractériser. Ce sont des oeuvres d'exception, issues de circonstances douloureuses", auxquelles elles doivent un caractère tiagique, que n'ont pas les autres œuvres. Et surtout, elles appartiennent aux débuts de la carrière dramatique de Monteverdi, et elles ne permettent pas d'apprécier l'ensemble de son évolution, qui dura encore trente-six ans. Entre l'Orfeo, de 1607, et Vlneoronazione diPoppea. de 104-2, œuvres géniales toutes deux, il y a un monde. D'un côté, l'idéal de Florence, tel que Florence n'aurait eu jamais sans doute la force de le réaliser seule, — tel que Tasse pouvait le rêver. — De l'autre, l'idéal vénitien et napolitain, qui devait être poursuivi par Cavalli et Scarlatti. Orfeo est la fin d'une époque, le faite et le terme de la Renaissance italienne. Vlneoronazione di l'oppea est le commencement de deux siècles d'opéra.
D'un bout à l'autre de cette vie et de celte œuvre se maintiennent pourtant certains caractères essen-
La même année que VArianiia, Monteverdi donnait les intermèdes musicaui d'une comédie de Guarini : L'Idropica, et un charmant ballet chanté : H ballo délie Intjrate. que nous avons conservé.
4. Parmi les œuvres dramati<iues de cette période, la plus célèbre qui nous soit parvenue est un curieui essai de traduction musicale d'une scène de Tasse o en style représentatif » : le Combat de 7'oncrcde et de Clorinde, exécuté en 1624 chez le sénateur Mocenigo, à Venise, et publié en 1(J38, dans les Aladrif/ali f/uerrieri ed amorosi.
p. Le dernier, l'incoronazione di Poppea (le Couronnement de Poppée), joué en 1042, a été publié intégralement par M. Huj»o Goltlschmidt dans le second volume de ses Studien zur Gescltichte der italienischen Oper, l!Ki4, Breitkopf, — et, pnrtiellement, par M. Vincent d'Indy (éditions de la Sehola Cantorum).