TIMANTE
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1. Lo Scinavo di xua mofflie {L'Esclave de sa fniium), trois acles :ivcc prologue. (Miinuscril ù la Bibl. S. CcciUa de Uoinc page on Irouve cette noie : « Franc Provençale scrisse i07L a)
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HISTOinE DE LA MlSfOrE
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HISTOIRE DE LA MI-^fOIE
Enfin, il a dans le comique une verve et une f;râce 1 zione cli Poppea de Monteverdi, qui avait dû être un qui régalent aux premiers maîtres du genre. Tels de | de ses modèles, ses airs semblent attester l'inthience de Ylncorona- \
Fr.vncksco rnovKNZAi.E. — Lu Scliiiiro lU siiii mogUe (aclo I, sctno xix). LUCILLO.
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Tels autres, comme ceux de Sciarra Napoletano dans Lo schiavo, ou du Calabrese dans Stellidaura, ouvrent à l'opéra napolitain une voie nouvelle, où il va se jeter avec succès : celle des airs en patois napolitain ou calabrais, qui tendent à utiliser les rythmes et les mélodies populaires. Les compositeurs napolitains exploiteront cette mine jusqu'à Piccinni, à la fin du xviu"= siècle.
L'homme en qui se résume aujourd'hui, par une simplification exagérée de l'histoire, toute la musique napolitaine du xvn" siècle, est Alessandro Scarlalti. Son œuvre est pourtant très superficiellement connue. Elle est d'une abondance et d'une variété extrêmes; elle comprend 12o opéras, SOO cantates, des oratorios.
1. II n'est pas de grande bibliotb^qne mnsirale d'I'jirope qui ne snit abondamment pourvue d'œuvres de Scarlatli. Le Conservatoire de Paris possède IG opéras de lui, sans parler de la musique religieuse, et de 13 volumes de canlales.
Un seul des opéras de Searlatti a été réédité : la lîosaiira, dans la collection déjà citée de Robert Eitner. Ce n'est malheureusement pas l'un des plus earactéristiques.
M. Edward Dent a publié récemment un livre excellent sur A. Scarlatli, qu'il continue d'étudier, en de nombreux articles.
des messes, des madriiiaux, des pièces jiour cembalo, des symphonies, sonates, suites, concertos pour divers instruments, et des œuvres théoriques'.
Alessandro Scarlalti naquit vers t6'a9 à Trapani, en Sicile-. 11 n'arriva qu'assez tard à Naples. 11 semble s'être formé à Rome, et peut-être dans l'Italie du INord, car ses premiers modèles paraissent avoir été Carissimi, les maîtres vénitiens Cavalli, Cesti, Lcgrenzi, et surtout Slraclella^. Il écrivit un grand nombre de cantates, avant de se consacrer à l'opéra, où il débuta en 1679, avec L'crrore innocente, oweni Gli ci'juiroci nel semblante, qui eut un grand succès à Home. C'était au temps où le pape Innocent XI luttait en vain contre l'opéra, qui était devenu un prétexte aux pires scandales. Le pape avait contre lui tout le public, à la tèle duquel Christine de Suède était des plus ardentes à soutenir l'opéra, dont elle était fanatique. Scarlatli se trouva mêlé à ces luttes héroï-comiques, ely gagna la faveur de Christine, qui
2. M. Dent a fait remarquer que son nom n'esl pas sicilien (ce serait, en ce cas. Sgarlata ou Scarlala) ; il est pinlùt toscan.
3. Il est à noter que les premières cant.ttes de Sca»rl;ttti sont toujours publiées dans des recueils où elles sont associées à des cant;itcs de Slradella el d'autres maîtres do l'Italie du Nord ; de plus, à la Bibl. Estense de Modcne, parmi la collection dos Stradella, se trouvent des compositions autographes de Scarlalti.
IlIf^TOrnE DE LA .UrS[OIE
fit de lui son maître de chapelle. Il quitta Itome pourtant en 1684, et vint s'iiislallcr à Naples, où, par on ne sait quelles inliigues, il réussit à se faire nommer d"emblée niailre de la chapelle rovale'. Il se niaiia, cette même année, avec une Napolitaine, et en eut trois ou quatre enfants, dont le piemier, né le :.'6 octobre IGSj, fui Giuseppe Domeniro, qui lievait avoir plus tard un grand nom dans l'histoire do la musique instrumentale. Jusqu'en 1702, il garda son titre de maître de chapelle à Naples, produisant chaque année ime moyenne de deu.v opéras, qui étaient joués au théâtre royal ou au San Harlolommeo. Il écrivait aussi des opéras pour Home, et des sérénades ou des cantates pour les fêtes de la noblesse napolitaine, dont il était le musicien ordinaire. C'était un public médiocre, indill'érent à l'art et giossièrement jouisseur. Scarlatti semble en avoirsubi le découragement; et ses dernières œuvres de >aples sont inférieures au.x premières. De plus, la guerre de la succession d'Espagne rendait sa situation assez précaire, à Naples. En 170-J, il en partit, et oscilla pendant plusieurs années entre Home et Tlorence, sans trouver ni dans l'une ni dans l'autre de ces villes une situation suffisante et digne de son talent. En 170.), il fut nommé maîlre de chapelle assistant à Sainte-Marie Majeure de Rome. Il ne fallait plus compter sur l'opéra. Le pape Innocent XH avait fait détruire en 16y7 le magnillque théâtre Tor di Nona, et toutes représentations étaient interdites. Scarlatti fut réduit à la musique de chambre et d'église. Elle était arrivée à un haut degré de perfection , parmi les musiciens romains, que stimulait l'enthousiasme intelligent du public le plus raffiné qui fiit. Aux réunions de l'Académie de i'Arcadie-, dans les beaux jardins du prince Ruspoli sur le mont Esquilin, ou aux soirées du lundi, chez le cardinal Ottoboni, Scarlatti et son (ils se rencontraient avecCorelli, Pasquini, Erancischiello et Haendel, et parfois ils rivalisaient entre eux^. Cette émulation fut bienfaisante pour Scarlatti, dont le style ne cessa de progresser pendant cette période, où il écrivit des cantates, des messes, des oratoiios et des conceiHi sacrl.
En même temps, il était en relations avec l'iorence, où il avait trouvé \m Mécène, Ferdinand 111 do Médicis, le fils (lu grand-duc de Toscane*, (pii s'intéressait à l'opéra et s'était fait bâtir un théâtre dans sa villa de Pratolino, près de Florence. Scarlatti écrivit pour lui plusieurs opéras; mais son style paraissait trop savant au prince, qui ne le nomma point maître de chapelle à Pratolino, comme l'espérait Scarlatti, et qui lui préféra Perti. Scarlatti dut se résigner à retourner en 1708 à Naples, où il reprit son poste de maître de chapelle ' et devint, en 1709, maître du conservatoire des Pauvres de Jésus-Christ. Dès lors, il éciivit un grand nombre d'oratorios, de cantates et d'opéras, pour Naples et |)oui' Home, où l'opéra s'était rouvert. Il composait aussi beaucoup d'œuvres de circonstance pour des anniversaires princiers ou des solennités politiques''. 11 fut fait chevalier en 1710. De 1718 à la lin de 1721, il séjourna à Home, tout en conservant son titre à Naples; il y donna, au théâtre Caprauica, ses derniers opéras, dont le dernier de tous fut la Gvhdda, en 1721. Ivnlin il revint à Naples, après un pèlerinage à Lorelle, elil n'en bougea plus jusqu'à sa moit. Sa renommée s'était étendue en Allemagne, liasse devint son élève en 1724, et Quantz, le célèbre flûtiste, maîlre de Frédéric II, vint le voir, au commencement de 172r)". Quelques mois après, Scarlatti mourut, le 24 octobre 172a, à l'âge de G6 ans.
Il n'est pas très facile d'établir un classement rigoureux dans l'a'iivre immense de Scarlatti. On ne peut que marquer sommairement les caractéristiques des diverses périodes de sa vie.
Dans la première période romaine, jusqu'en 1684, il subit riutluence de Stradella, sans avoir ses exagérations et son abondance touflue; le théâtre, auquel il se consacra de bonne heure, lui apprit à élaguer ce qu'il y avait de dili'us dans ses premières cantates de chambre. Dès ses premiers essais, d'ailleurs, il montra de grandes qualités dramatiques dans ses récitatifs ; et ses harmonies sont souvent riches et expressives. Il n'est pas sans rappeler parfois, dans ses opéras du début, la gravité un peu morne et stagnante, mais profonde, de Provenzale.
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Alessandro Scarlatti. — L'oiieslii mil' amore (1680). Fî-agmenls.
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1. Celait lin pitâse-'lruil eviilL-nt û 1 égard des musiciens na|iolitains, comme Provenzale; et il semble que cela ait fait crier. L'alfaire fui assez scandaleuse, et la sœur de Scarlatti, Anna Maria, y fut mêlée ; chanteuse à l'opéi-a de Naples, elle semble avoir eu plus de charmes que de talent, et en avoir usé généreusement dans l'intérêt de sa famille.
i. L'Arcadic avait été fondée à Rome, en 1000. pour la défense de la poésie populaire et de l'éloquence. Les auditions de sonnets et ij'éplgrammes y alternaient avec celles d'oratorios rclif,'ieux. Les papes, les cardinaux, le? princes, en faisaient partie, et s'y trouvaient sur un pied d'égalité avec les artistes.
3. Ou trouvera dans VAi'cndîa de Crescîmbeni le récit de certains concerts où Scarlatti joua un rôle amusant. — Mainwariog, dans ses
Mi'inoires, raconte aussi une joute mémorable de Oomeuico Scarlatti avec ilaendel. chez le cardinal Otioboni.
4. Il était bon claveciniste; et Bartolommeo Cristoforî, l'inventeur du pianoforte, travaillait pour lui.
5. Francesco Miincini, qui l'avait remplacé, lodescendit au rang de vice-maître de chapelle.
6. Entre autres, une sérénade pour la paix de Rastadt, en 1714. A peu prés en même temps. Ii;icndel à Londres, et Keiscr à Hambourg, célébraient cet évnenieiit par un Te Deuui et une Kaiserliche Friedeus/iost.
7. Quantz a raconté cette entrevue, plus lard. Il dit que Scarlatti joua du clavecin devant lui. « d'une fat^on savante, bien qu'il ne possédât pas autant d'agilité d'exécution que son lils ».
ENCYCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTWNXAinE DU COSSERVATOIRE
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Dans les opéras de la première période napolitaine (1684-1702), Scarlatti arrive à une perfection un peu mécanique de facture, surtout dans les airs, qui sont moins variés que dans la période précédente, et où il s'attaclie de plus en plus à la forme da capo'. Au cours de cette période napolitaine, un peu de lassitude se fait sentir, et Scarlatti semble pencher, entre 1697 et 1702, vers des formules un peu fades, des
1. A noter que I0 virtuose faisait toujours des variations dans le da ciipo.
rythmes monotones et saccadés a. 12 8, en forme d& siciliennes, où M. Dent croit reconnaître l'intluence de B(inoncini, qui fut vers 17001e grand liomme à la mode, non seulement en Italie, mais en France. 11 y a quelques exemples de rccilatico slrumenlato. Dans les ouvertures commence à s'établir le type à trois mouvements : 1° Rapide; 2" (!rave (quelques mesures seulement); :\° lUillctto. caractéristique de lotîtes les ouvertures de Scarlatti (d'ordinaire un nicnucl), qui se divise Itii-mème en deux parties bien rythmées,
NISTOrnE DE LA .VCSIQIE
dont cliaciine se répèle. — La musique des danses venait en L'énéral de France. Il est possililo (ju'unc partie de la musique instrumentale 1\U improvisée au clavecin par Scarlatti lui-même. — Le sentiment dramatique est assez, faible dans les œuvres de cette époque. Ce qui abonde, ce sont les gracieux airs de concert, et surtoutde pastorales. Tels les aiis de lloxnurn. ou l'air d'Irène avec accompagnement de deux violons soli dansl'Awazj'jHf guerrierii, de 1689, qui a quelque analogie avec le fameux air d'Ilippoli/tc et Ariric de Hameau : » Rossignols amoureux '. » De plus, Scarlatti montre alois un talent comique assez marqué'-. Les meilleurs opéras de celle période sont la Sdilira, de 1690, elle Piiro e Demiiriu. de 1694. La Uosinirn. de
1690, rééditée par Robert Eilner, est une œuvre de circonstance, écrite pour un mariage Otloboni, à Home; elle représente médiocrement le style napolitain de Scarlatti.
Dans la période suivante, qui va de 1702 à 1707, Scarlatti écrit des cantates et des oratorios pour Rome, et des opéras pour le théâtre du grand-duc de Toscane, à l'ratolino. Les cantates et les oratorios romains sont très soignés et témoignent de l'influence des grands virtuoses romains du violon et du violoncelle ; Corelli et Kranciscliiello '■'. Une de ces œuvres, l'oratorio de .Noi'l, de 1705 : 0 di Bitlcmme altéra, est particulièrement intéressante, car Haendel y a pris sa Sinfonia pastorale du Messie.
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La discipline imposée par ces ouvrages, écrits pour un public d'élite, devait servir an progrès de Scarlatti dans l'opéra. Malheureusement, les opéras pour Pratolino, qu'il considérait comme les meilleurs qu'il eût faits, se sont perdus, et nous n'avons plus que ses lettres au gi-and-duc de Toscane. Elles sont 1res intéressantes pour sa façon de composer et pour l'interprétation de ses œuvres*. Le seul opéra de cette période qui donne une idée, d'ailleurs très haute, de
son nouveau style, est le Milrldate Kupalore. joué au théâtre S. Giovanni firisostomo de Venise, en 1707. C'est une œuvre admirable, dont le poème, par le comte (iirolamo Friginielica Uoberti, n'est pas moins intéressant que la musique''. Les caractères sont foi'lement tracés, elles airs ont une grandeur classique. Haendel, alors en Italie, a pu s'en inspirer, et les lamentations de Laodice sur l'urne funéraire où reposent, croit-elle,, les cendres de son frère, font penser àJ.-S. Hach.
Albss.\xdko Scarlatti. — ililridule Eiipulore (1707).