‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 5)Chapitre 78 sur 297 · TO5S · texte numérisé non relu

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La forme suit es principes généraux que nous venons d'exposer. Un premier thème

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se développe dans le style fugué : à la 16'"" mesure, après une pause, entre le second thème :

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qui à son tour se développe et permet des passages

J. V. AiiEiRos (AcG.-W.), Gesrhichte der Musik, Leipzig, Leuckart, 1803, Kl ; Die Veneziaitiscke JlitsUiscule und ihre Ausîàufer, p. So'J et suiv.

plus agiles dans la suite de la composition. On trouve la même liberté dans le contrepoint, dans le Ricercare II" avec le passage :

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L'allure dégagée du développement du thème est plus grande, et la forme est identique. Enfin, pour citer le type de la Canzone française mentionné, on

peut examiner rapidement la Canzone de Cavazzoni sur le thème « fait d'argens »; ici le type rythmique bien connu reparait :

Cette Canzone, à la mesure 8, nous offre un exemple 1 principal. On est en sol mineur, et l'on arrive en de vraie cadence avecla quinte de la dominante du ton | moyen de l'accord de la.

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Peu différente est la productiond'Antonio Valenti, Giacomo Moro da Viadana, Simone Molinaro, ce dernier né il Gênes, élève de G.-B. de la Gostena et maître de chapelle à la cathédrale de Gênes, au début du xvii' siècle. Moro, né dans le territoire de Mantoue, moine; l'organiste napolitain Valente, aveugle et auteur d'un ouvrage paru en 1580 chez les héritiers de Mattio Cancer sous ce titre : Versi spirituali sopra tulle le note con diversi canoni sparliti per sonar ncyli organi, messe, vesperi, ed allri officii divini. Le genre imité donne de la solidité à leurs pages, où l'allure des parties se ressent de la tradition des voix. Quelques-uns, comme Molinaro, ont été aussi des luthistes ; tous composèrent pour voix : la liste de leurs œuvres est donnée avec soin par M. Eitner.

Ces compositeurs paraissent plus agiles lorsqu'ils essayent des compositions expressives, et ils confirment et démontrent leur objet au moyen des titres

choisis. Dans cette période nous pouvons en trouver un exemple en Vincenzo Pellegrini, de Pesaro, maître de chapelle au Dôme de Milan au début du xvii° siècle'. Sa patrie est indiquée dans le titre des Missse octo, publiées à Venise en 1603, où il prend le nom de Canonicus Pisaurensis. Dans l'édition Iticordi j'examine deux Canzoni tirées des Canzoni d'inlavolalura d'orijano fatte alla francese. Libro 1° (Venise, Vincent!, 1599). Le type rythmique de la Cunzone française n'est pas altéré, le développement est le même que celui des genres fugues, mais le caractère général en est plus moderne, à cause de la durée moindre des valeurs et pour le mouvement du thème et des contre-sujets. Ces essais permettent de suivre l'infiltration progressive de l'élément profane sur le clavier de l'orgue : c'est le même échange qu'on a déjà vu se vérifier entre la Sonate d'église et celle de chambre. Voici le thème de la Canzone La Serpenlina :

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1. V. Moosi (Damiamo), Gli Anlujtiati orijiman iiisiijïii e série dti .Vaeslri de Cn/ipclla iliiomu <li Milniio. Milan, liono, 1883,

HISTOIRE DE LA MrSIQIE

En outre, et on ne doit pas oublier cela, après le développement de ce llième Pellegrini se met à cadencer régiilièienient en sol. ot dans cette nouvelle tonalité il développe une véritable seconde partie de sa Canzone. et il change de temps en passant (mi mesure ternaire (3 2). L'importance de ce fait ne peut pas échapper au savant, d'autant plus qu'à son tour le teinps 3/2 en sol, est suivi par dix autres mesures €n do. où le temps binaire (C) reparaît et qui linissent régulièrement la composition en ut majeur. Il est vrai que celle dernière partie n'est pas lormée avec le thème primitif; il est aussi vrai que les changements de temps étaient déjà en usage dans les Canzoni vocales. Mais quand on songe qu'il s'agit de la fin du xvi« siècle et qu'un signe des temps commence déjà

à se manifester, il faut reconnaître en Pellegrini une importance non seulement historique, mais aussi artistique, et, pour son époque, un progrès et un sens de la vie nouvelle. Cette modernité reparaît encore plus évidente dans la Canzone La Capricciosa. où l'on trouve encore la division de l'ouvrage en trois sections distinctes, la seconde en mesure ternaire (3/2), et en outre on voit que le sujet de cette seconde partie est formé avec les modifications du premier thème aggravé. Pour ces modèles Pellegrini mériterait vraiment d'être mentionné parmi les précurseurs, car il prélude à ce qu'on a vu chez les violonistes, et il devance Frescobaldi même.

Thème de la Canzone La Capricciosa :

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Thème de la seconde partie, formé avec des modifications du premier

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Annibale Padovano, ou Padoano, nous ramène à Venise, où il fut organiste à Saint-Marc. Il naquit probablement en lo27, ce qui le démontre un vrai fils du xvi^ siècle, et l'estime que Galilei lui montra en le mentionnant dans Fronimo, et les œuvres qui nous restent le désignent à nos recherches. Les

publications pour orgue qu'on possède encore, telles que les Toccate e Ricercari, publiées à Venise chez Gardano en 1G04, poursuivent la tradition et nous présentent souvent quelques particularités du contrepoint parmi lesquelles la suivante G/4 donnée directement dans le Ricercare del sesto toiio per orijano.

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Ensuite on voit le do dièse passer avec un bon effet sur le ré tenu de la basse.

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Il nous donne aussi des exemples de quintes succcpsives, tel le passage tiré du Ricercare net XII" lono

Kxcrr.LOPÈnrE de la urisrçrE et DicTiowArnE ni- r,o\sEnvAT/)rnE

Aucun de ces faits n'est nouveau pour qui étudie les œuvres de ces temps, mais je pense qu'il n'est pas inutile de les rappeler, car ils démontrent que la sévérité introduite plus tard dans les écoles ne parait pas toujours dans les ouvrages du temps passé. Lorsque les parties procédaient spontanées, les compositeurs accordaient une liberté presque moderne.

A Annibale Padovano succéda, dans la charge d'organiste de la chapelle ducale de Venise, Andréa Gabrieli, dont nous avons déjà parlé en éludiant les

précurseurs. Pendant vingt ans, de 1566 jusqu'à 1586, date de sa mort, il fut organiste dans ce milieu musical où se développait l'activité artistique de Parabosco, de Giovanni Gabrieli, de Willaert, de Cipriano de Hore et de Zarlino. Sa riche production réverbère précisément les tendances déjà relevées, et la noblesse de quelques thèmes prouve la valeur de l'artiste. Ce qu'on peut contrôler dans ce dessin de la Toccata del (lecimo tono per organo publié dans le Tiansihano de Uiruta :

La ville de Modène est renommée dans cette lin de siècle pour les œuvres de Bertoldo Sperandio, ou Sperindio, ou Spera in Dio, né à Modène vers 1330, mort en 1570. Parmi les Toccatc, liicercari e Canzoni francesc inlavolatc per sonar d'organo, publiées à Venise chez Vincenti en 1391, je trouve quelques particularités qui offrent un intérêt au sujet du contrepoint, telle que la quatrième, qui retarde la résolution avec un sens de modernité, et dans le second exemple que je reproduis la cadence de la tonalité dorique de la pièce à celle de la, avec la dominante de la dominante.

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