‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 5)Chapitre 79 sur 297 · OU · texte numérisé non relu

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Dans cet examen rapide il nous reste bien peu à dire au sujet de Giovanni-Maria Trahasi, Napolitain, qui en 1606 était organiste à Naples, et de Fra Bernardino Bottazzi, de Feriare. Bon nombre des œuvres du premier ont été publiées à Naples, chez l'éditeur G. -G. Carlino, au début du xvn" siècle, entre autres liicercate, Canzonc frmicese, Capricci, Canli fcrmi, Ginjliardi. Partito diverse, Toccate, Durezze, Lvjalure, Consonanzc stravaijante opère tulte da sonare, etc. , 1 603, et // Secon do

Libre de Ricercate ed altri vai-ii Capricci, con 100 versi sopra U olto toni ecclesiaslici, 1613. Fra Bernardino Bottazzi, de Ferrare, fait partie des didactiques avec l'ouvrage publié à Venise, chez Giacomo Vincenti, en 1614. Je le trouve dans le Catalogue de la Bibliothèque du Lycée musical de Bologne, avec ce titre : Choro ed Organo, Primo Libro, In cui con facil modo s'apprende in poco tempo un sicuro methodo di sonar su l'Organo Messe, Antifoneed Hinni sopra ogni maniera di canto fermo, etc. L'ouvrage se compose de plainchant avec des versets pour orgue en réponse au chœur. Le système de notation, selon l'usage de l'ancienne tablature, se compose de cinq lignes pour la main droite et huit pour la gauche.

Peut-être n'est- il pas inutile de rappeler que la tablature italienne pour orgue, souvent citée dans les œuvres de ce temps, n'était qu'une notation commune, en de vrais signes musicaux. Ce qui changeait était le nombre des lignes de chaque portée, qui augmentaient ou diminuaient selon l'extension atteinte par le développement des parties, afin d'éviter des traits additionnels. Ainsi dans Claudio Merulo la portée de la main droite a 5 lignes, et celle de la main gauche 4. — Diruta, dans cette dernière, se sert de 8 lignes; dans Frescobaldi les deux portées sont de cim^ lignes; Aresti varie, selon les cas, de 3 à 8. Il n'existait donc pas dérègle fixe. D'autres compositeurs, tels que Antonio Groci, frère mineur de iVlodénc, organiste en 1633 à Saint-François de Bologne, et en 1642 niailre de chapelle à l'église de Saint-Félix, de la même ville, peuvent être nommés ici, comme les anneaux de la

tradition qui lie les artistes les plus grands. FI nous

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passons à des noms plus connus avec Clauilio iMeriilo, liirolamo Dinita, nerloKlo Speriiidio ou Sperandio, riorenzio Maschera, Lu/.zasco Luzzasclu, (lue nous allons examiner.

Les renseignements sur la vie de Claudio Merulo (en origine Merlotli), de Correggio, sont répandus même parmi les amateurs les plus modestes d'études musicales. Il naquil le 8 avril i;;:i3, fut élève du Français Menon et de Willaert; il remplit la charge d'organi.ste au dôme de Ifrescia, et le 22 juillet lo37 il fut nommé premier organiste de la Chapelle ducale de Saint-Marc à Venise. Il mourut à Parme, où, l'an lo8i, il avait rempli la charge de mailie de chapelle. Dans l'histoire de l'art instrumental il doit être mentionné non seulement comme compositeur, mais aussi en qualité de maître d'artistes distingués, parmi lesquels on peut citer Dirula et Maschera. Plus qu'un innovateur, il a été un améliorateur diligent des éléments que la tradition lui apportait. Ses Toccate , tout en suivant le type de Andréa Cabrieli, acquièrent de nouveaux mérites d'art. Le contenu artistique n'a rien

il taire avec le l'utile édifice de virtuosité qui trop souvent nous saisira dans Bell' Ilaver, dans Quagliati et dans d'autres de ses successeurs. Ce qui est prouvé par la Toccata del nono tono tirée des Toccate d'intavotalum d'ûr<iano (livre II, Rome, chez Simone Verovio, 1004), dont je ne peux pas m'empècher de reproduire un premier dessin. La mélodie large et continue conliée au soprano se développe sans interruption sur de petits jeux sonores des parties en dessous qui rappellent les agréments propres du clavecin. C'est la révélation de la virtuosité qui va apporter la décadence dans l'art noble et vrai. Mais ici cette virtuosité est encore toute employée dans un but noble, et l'onde du thème Hotte là-dessus sans cadence, avec une tluidité qui pourrait nous rappeler la mélodie wagnérienne continue. Seulement à la io" mesure, à laquelle j'arrête cet exemple, une vraie pause de cadence apparaît, après quoi les passages d'agilité commencent à prévaloir, tandis que dans la basse la mélopée renferme tout encore en un cadre noble et expressif.

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EXCYCLOPÉDIE DE LA Mf'SIQCE ET DICTIOXXAWE DU CO.VSERVATOIRE

En suivant l'ordre des temps on doit mentionner Florentio Mascliera, dont on a déjà parlé à propos des Précurseurs. Organiste à Brescia et ensuite h « Sanlo Spirito » de Venise, il nous laisse les Canzoni da sonare telles que La Capriola, reproduite par M. Wasielewski au n" 1 de son recueil, et qui probahlement ont été aussi composées pour orgue. On a dit et écrit, M. Tebaldini entre autres dans son ouvrage

Metodo di studio per iorgano moderno; qu'il évita toujours le rythme de la Cn»:o)ie française J J J J.

Celte faute vient de ce que les auteurs, avant de porter leur jugement, négligent de consulter loules ses œuvres.

La Capriola commence précisément ainsi :

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Ensuite on trouve Giovan-Paolo Cima, avec l'œuvre Partito de Ricercari e Canzoni alla Francese, di Giovan-Paolo Cima, Orijanista alla Madonna presso S. Celso in Milano uppresio l'herede di Simon Tini et Filippo Lamazzo, 1606. La date de la publication nous dit le caractère de ces œuvres, qui obéissent au formulaire scolastique. Et le Ricercare que précisément j'examine en l'Arte musicale in llalia, vol. IIP, p. 141, résulte d'une sorte de double canon où nous trouvons quelques particnlai-ités du contrepoint, ainsi que le retard de 4" avec la 3° au-dessus, que quelques contrapontistes modernes peut-être ne trouveraient pas assez sévère :

Luzzasco Liizzaschi, de Ferrare, que Merulo appela « premier organiste d'Italie », vécut probablement de 1545 jusqu'à 1607. F. -H. Haberl, en étudiant la vie de Frescobaldi dans « Kirchenmusikaliscbes Jahrbucii fur das Jahr 1887 », prouve par des documents qu'il fut maître de Frescobaldi même. Dans la seconde partie du Transilvano de Girolanio Diruta je note les Ricercari du premier ton et du second, tons faits sur un même Ihéme renversé, usage qu'on a déjà vu maintes fois adopté dans la période moins ancienne.

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