C.-F. PohI, /. Haydn, t. II, p
6. Vovoï a ce sujet l'étude de SI. Alfred Heuss, Uber die Dynamik ■der Maitnheinur Schule (sur la dynamique de l'école de Mannlieim'. /iiemann-Feslschrifl. Leipzig, iOv'J. in-S" ; notre article Sue l'orif/iue du crescendo, dans la revue S. I. .M. du 15 octobre 1910, et une note de M. G. Cucuel, A propos du crescendo, dans la même revue, du 15 février 1911.
7. Les sources contemporaines pour la biographie de lla\dn sont les petits volumes de Dies et de Griesinger, tous deux publiés â Vienne
fin de compte Stamit/. et les <i Mannheimcr» se trou vent n'avoir fait i|ii'asseoir ou l'Iendro l'ciiiploi d'un arlitice d'exérution pratiqué avant eux".
Ile tels détails, pour insignilianls qu'ils paraissent, aident à connaitre les moyens d'action dont disposaient les compositeurs ib's premières symphonies. V.n ménie temps que les timbies variés de 1 orchestre coninieniaicnt à leur sugyéier des effets de coloris, la faculté de nuancer l'intensité du son, sidt par brusques oppositions, soit par progressions graduées, leur permettait d'accentuer le coté expressif des dessins inélodi(iues. Le matériel de la symphonie élait ilonc pi et, lorsque Haydn se leva pour imprimer à celte forme le cachet de son robuste et heureux génie.
Le père de .loseph H.'i\dii i-tall un charrun de villaire'. Il habitait liohrati , dans la basse Autriche, non loin du cours de la I.eitlia, qui sépare l'Autriche de la Hongrie avant de verser ses eaux dans le Danube. Matliias Haydn, brave homme et bon ouvrier, craignant Dieu, travaillant ferme, avait pour divertissement favori, la journée (inie, de chanter avec sa fi'rnme, .Maria Koller, et sans avoir ni l'un ni l'autre appris à lire une note de musique, des mélodies populaires qu'il accompagnait sur la harpe, d'instinct, à la manière des musiciens ambulants. l''ranz Josef, second de douze enfants, vint au monde dans la nuit du 31 mars au I*' avril 1732 et fut bercé aux sons de celte musique et des bruits de l'atelier. A l'école d'un bourg voisin, il lui arriva d'attirer, par son intelligence musicale, l'attention du maître de chapelle Carl-Oorg lieuler, qui cherchait des enfants de chœur jiour l'église Saint- F.tienne, cathédrale de Vienne. Le jeune Haydn fut engagé, et pendant neuf ans, de 1740 à la fin de 1749, vécut paisiblement dans la rnaitr'isi' de celte cathédrale, recevant de deux niaitres obscurs, Adam CegenbaïKT et Ignaz l'inslerbuscli, des leçons de chant et de violon, tenant sa partie dans les messes et les motets de Pallolla,de Kui, de Heuter, s'accoutumant à leur style brillant, à leurs mélodies banales et ornées, toujours environnées d'un apparat instrumental, essayant à tâtons d'acquérir les premières notions de la science du contrepoint, que l'on n'enseignait pas aux enfants de chœur, et prêtant, à travers les murailles de l'église, une oreille attentive aux joyeux éclats de la vie musicale viennoise.
Haydn la connut bientôt dans ce qu'elle avait de surabondant et de populaire, lorsque, la mue de sa voix arrivée, il se trouva jeté sur le pavé de la grande ville et dut, pour gagner sa subsistance, se mêler tantôt aux bandes d instrumentistes qui jouaient des sérénades en plein vent, tantôt aux troupes de pèle-
en 1810, et le livre de Carpani, Le Hnt/dine, t-' édit.. Padouo, 1823, in-S" itrad. française par Mondo. IS37, in-S"!. — Des lettres de Haydn ont été publiées par Nohl, Musiker-Bnefe, 1807, p. 73-171, par Karajan. Hnyln in London, Vienne, 1861, in-S", par le dncteur von Hase Jus. Ilnijdii und BreUkopf et Haerlel, Leipii». 1009. in-S". — Son Journal de voyafje en Anijieterre a été publie par J. Engl, Leipzig, 1909, in-S". — Parmi les ouvrages modernes se place au premier rang la grande monograplii-' laissée inachevée par C.-F. l'ohl ; Josef Hiiiidn ^ tomes 1" et 11. l-ei|i/.iï. ts78 et 1.S8J. et le livre du même auteur. Hmjdu m Lnndon, Vienne. iS67. in-S». On trouvera a la lin de notre petit volume sur Haydn \Paris. Alcaii. 1909, in-S") une liste d'ouvrages à consulter. — La grande édition des Œuvres complètes de Haydn, commencée en 1909, sera accompagnée d'introductions, de catalogues et de notes qui fourniront sans aucun doute d'année eu année de nouveaux documents biographiques et critiques.
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ENCYCLOPÉniE DE LA MESIQUE ET DICTIONNAIRE DU rONSERVATOlIiE
rins qui processionnaient vers le sanctuaire de Mariazell, en Shrie; là, sa jolie voix lui procurait au monastère la table et le logement pour huit jours ; à Vienne, dans une mansarde, il recevait l'hospitalité d'un confrère, plus riche que lui seulement de la possession d'un lopis et d'une famille; un peu plus tard, lialiilant sous les toits de la maison où demeurait Métastase, Haydn réussissait à s'en faire connaître, par le moyen de quelques leçons données à Marianne Maitinez, jeune fille dont les parents étaient amis du poète; puis, par le même chemin, il approchait de Porpora, dont, ]iour devenir l'élève, il se faisait courageusement le domestique'. C'est qu'il sentait à quel point une forte éducation dans le chant et dans la théorie de la composition était indispensable pour avancer dans la carrière qu'il aimait. Jusque-là ses études n'avaient été soutenues que par la rencontie intermittente d'œuvres, de maîtres et de livres dont un ordre rigoureux n'enchaînait pas les enseignements. Il avait joué les premières sonates d'Emmanuel Bach et, avec son ami Ditters, les compositions pour le violon des virtuoses italiens, fait des extraits du Gradua ad Parnasmiin de Fux et des traités de Mattheson. Il commençait à écrire : sa première messe datait du retour de Mariazell, ses premiers menuets détachés se jouaient dans des brasseries, son premier quintette avait servi en 1753 pour l'une de ces sérénades dont les rues de Vienne retentissaient si souvent pendant les chaudes soirées d'été, à la grande joie de tous les habitants d'un quartier, empressés à ouvrir leurs fenêtres, à descendre sur le pas de leur porte, à suivrejusqu'à d'autres stations la petite troupe de musiciens. Cela s'appelait Gassatim rjeltcn, — de Casse, rue, — et les suites instrumentales qui fournissaient les principaux éléments des programmes prenaient le nom de Gassatione ou Cassations. Tantôt les frais modiques du concert étaient payés à l'avance par quelcpie bourgeois désireux de fêter un ami ou de faire à une amie une surprise galante; tantôt l'initiative du divertissement revenait aux musiciens euxmêmes, qui se savaient certains de recevoir, à défaut d'une ample récompense en argent monnayé, du moins une invitation à souper ou à boire.
Ce fut ainsi qu'un soir Haydn, étant venu avec des
camarades jouer vis-à-vis la maison de l'acteur et auteur J.-.I. Kurz, celui-ci, charmé du morceau qu'il entendait, s'informa du compositeur, appela chez lui Haydn, le complimenta, l'embrassa, le fit asseoir au clavecin, et séante tenante lui remit, pour en composer immédiatement la musique, le livret d'une opérette qu'il achevait d'écrire, Der txeue Krumme Teufel (le Nouveau Diable boiteux).
Encore qu'il eût soupe plus d'une fois de pain noir et dormi sur un grabat, Haydn, au souvenir des hasards favorables qui plusieurs fois l'avaient servi, pouvait donc dans sa vieillesse se louer de la Providence et s'appliquer les jolis contes des veillées allemandes, où l'on voit tout réussir à « l'enfant du dimanche ». Quelque chose de la joyeuse confiance d'un protégé des fées se voyait dans son caractère, pour de là se refléter dans toute sa musique. L'homme capable d'épouser, à vingt-huit ans, au lieu de la jeune fille qu'il aime, une sœur aînée et revêche, uniquement pour ne pas sembler ingrat envers le père, un perruquier, dont il se ci'oyait l'obligé, et capable ensuite de vivre pendant quarante ans, sans enfants, auprès de cette femme querelleuse et insensible, Il vraie Xantippe », à laquelle il devait cacher sa bourse, qu'elle gaspillait, et ses partitions, dont elle faisait des jjapillotes ou des « enveloppes de pâté », i-et homme naïf et bon, placide et souriant, était bien le même dont toute l'œuvre devait respirer la même égalité d'humeur, la même tranquille conviction de la douceur de vivre.
Le premier poste que Josef Haydn occupa fut celui de violoniste chez un gentilhomme autrichien nommé Cari von Furnberg, d'où il passa en qualité de «directeur de la musique et compositeur de la chambre » au service du comte Morzin, un seigneur bohème qui résidait tour à tour à Vienne, à Prague, et dans un château proche Pilsen, entretenant à ses gages un orchestre de douze à quinze musiciens, que, dans lesgrandes occasions, renforçaient des valets de pied ou d'office, joueurs de violon, de hautbois ou de cor de chasse-. C'est pour le comte Morzin que Haydn composa en 17o9 sa première symphonie, imprimée sept ans plus tard chez Breitkopf, comme troisième numéro d'un recueil de six^ :
Presto.