‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 1008 sur 1158 · fCtres. Irad. île Curzon. p. 3o9, .36.Ï · texte numérisé non relu

fCtres. Irad. île Curzon. p. 3o9, .36.Ï

'i. Lettre du 17 janvier 1778, trad. Curzon, p. 165.

4. Diius une lettre du 26 mai 1784, Mozart explique commeul il trouve « plus avantageux » de tenir inOdits plusieurs de ses concertos pendant u qui.'I<ini-s poliles ann^-es encore ", afin de s'en réserver 1 exécution, au lieu de les répandre par la gravure. (Lettres, trad. Cur/on, p. j:f4.)

ceci : jouer le morceau dans son vrai mouvement' rendre toutes les notes, toutes les appogiatures, etc., avec l'expression et le goût convenables et comme c'est indiqué, de telle sorte qu'on croie que celui qui joue un morceau l'a lui-même composé^. » Il n'est point à mettre en doute que le principe posé par Mozart dans cette lettre relativement à lart de déchiffrer n'ait été le même sur lequel reposait toute sa manière d'exécuter au piano, et que l'on déduirait déjà de l'étude de ses oeuvres pour cet instrument. Ces œuvres, et en particulier les sonates pour piano seul, sont d'une importance médiocre dans le total de sa production infiniment nombreuse et infiniment variée. Les concertos, qu'il écrivait en général pour lui-même, et qu'il jouait dans les << académies' », dépassent les sonates en mérite comme en intérêt historique; ou les a définis justement 11 peu difficiles à lire, mais difficiles à bien jouer» », et Mozart a écrit sur deux d'entre eux des mots qui peuvent s'appliquer à tous : » Ces concertos tiennent précisément le milieu entre le trop difficile et le trop facile; ils sont très brillants, agréables à l'oreille, naturels, sans tomber dans la pauvrelé. Il y a, çà et là, des passages dont les connaisseurs seuls auront de la satisfaction, mais ils sont cependant faits pour que les non-connaisseurs en soient nécessairement contents, sans savoir pourquoi". » La raison de ce double contentement des connaisseurs et des non-connaisseurs résidait dans le charme mélodique des compositions de Mozart et dans la séduction de son toucher, éloigné des fausses apparences d'une encombrante virtuosité. L'absence de toute alfectation de ce genre est ce qui parait mettre ses œuvres à la portée de presque tous les interprètes; eu réalité, w Mozart, plus qu'aucun musicien, demande des exécutions parfaites »; pianiste, il déconcerte plus d'un pianiste par sa simplicité même''.

Ses plus grands succès d'exécutant paraissent avoirété dus au talent d'improvisateur, qu'il possédait à un degré surprenant, et qui correspondait aux préférences du public de son temps, 'l'ont virtuose donnant un concert était tenu d'inscrire sur son programme une fantaisie improvisée*. Au dire de Dittersdorf, dans le courant d'un concerto, en -guise de cadence, l'on variait « selon les règles de l'art » un thème nouveau, étranger à l'œuvre'; non pas que ce sujet fût traité » à fond » et savamment; on s'attachait, au contraiie, à le maintenir « en dehors », à le broder seulement d'ornements transparents et de formules repérées à des points fixes, dont le retour symétrique [épargnait toute fatigue à l'auditeur. La plupart des « airs variés » de Mozart ont une origine analogue; alors même qu'ils étaient déjà rédigés et gravés, il les intercalait volontiers dans une improvisation, où sans doute il les modifiait à nouveau, au gré de son humeur. Uans la lettre du 24 mars 1781, où il exprime le regret de n'avoir pu se produire comme pianiste en présence de l'empereur Joseph 11, il dit : « Je n'aurais pas joué de concerto, mais préluilé tout seul, puis joué une fugue et ensuite les valialions : •< Je suis Lindor. » Partout où j'ai fait ainsi.

5. H. l'arenl. Ilrperlmre eitci/cloi>é'!ii/iie du i,iiiiiisle, t. I". p. S'.l. ('. Lettre du 2^ décembre 17a2, trad. Cunon, p. -189.

7. Sur l'interprétation dos rouvres de Mozart au piano, V. l'cxccllenl et charmant livre de M" Laudowska, Musique aiu-ieiiiK, l'aris, 1908, ni-12.

8. M. SiUard. dans son volume, cité plus haut, sur les conccris ii Hambourfr, fait reniari|ucr i|uc Mçndclsscihn et Liszt furent les derniers représentants de cette coutume.

'J. llitters rou Dittersilorfa I.ebensbeschreibunq, p. 47.

iiisTornE DE LA lursrnrE

on [iiiblir, j'ai eu le plus firand succès, parce que ce sont lies f-eiires do coniposilioiis qui cnnlrasleiit 1res bien enire eux ; el puis il y en a pour tous les },'0iU9 ' . »

Quoiqu'il en soit lie son lalenl d'exécutaiil, Mozart, roiume compositeur, dépouillait l'haliit de virtuose, el ses œuvres pour la clianilire, pour l'oriliestre, pour le théâtre, restaient exemples de toute attache pianistique. Ses hioyraplies, d'ailleiiis, rapportent i|u'il ne composait pas au piano; son habitude tHail (le i< chanlot\ner •> sans cesse, et toute sa nature l'entraînait vers le chant, plutôt que vers le mécanisme d'aucun des instruments qu'il connaissait.

De l'époque de Salibourf; datent la plupart de ses leuvres de musique reli^:ieuse. Mozart élail foncièrement catholique, llochlilz a rapporlé île lui un enlrelien dans lequel il prit avec vivacité, contre des musiciens protestants, la défense des textes latins de la messe catholique, où non seulement il voyait l'expression de sa foi, mais qui encore évoquaient en lui, partout où il les entendait, les souvenirs très doux el très pieux de son enfance. Lorsqu'il traduisait ces textes en musique, il n'échappait point, cependant, à cette sorte de fatalité qui avait alors fait tomber la musique reli|,'ieuse de toutes les confessions dans un formalisme vide de sens. Peut-être la cause en doit-elle être cherchée, comme l'a voulu Brendel, dans le fait que « rindifférentisine » en matière de croyances, parti de Berlin, fjaynail toute l'Allemagne et tarissait la source des arts reliijieux^; peut-être ce mal était- il seulement l'extension de celui dont soutirait toute la musique, el qui était l'asservissement aux <• commandes » îles cours. Ou l'a constaté maintes fois, et nous l'avons indiqué dans un paragraphe précédent, presque aucune composition ne devait son existence à la poussée intime des senlinients profonds de l'Ame; chacune était le résultat de circonstances extérieures. Mozart, comme ses contemporains, écrivait ses messes, ses motels, ses litanies, à destination pailiculière de la chapelle à laquelle son devoir l'obligeait de les fournir. L'archevêijue de Salzbourg n'aimait pas plus les longs oftîces que les longues symphonies; il lixait à trois quarts d'heure, au maximum, la durée d'une messe chantée. Pour lui ou pour d'autres prélats pressés, on avait adopté l'usage des « messes brèves •> où l'on faisait court en addilionnant dans trois parties vocales simultanées les veisets du Credo, trois pur Irois, pour les débiter " rondement ». Les modes, en fait de musique d'église, comme en fait de musique de théâtre, passaient vite. Mozart enfant n'avait rien pu connaître de ce qu'avait produit l'époque de Bach';

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