‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 1014 sur 1158 · Lettre du 4 août · texte numérisé non relu

Lettre du 4 août

E.\r.y<:ij)Pï;n/i-: de la mi'^iqle et dictionnaike du conservatoihe

Friedrich 'Willielm II, après les avoir jouées en sa présence, avec Uuport, pendant un court voyage à Berlin; la Jolie petite Sonate pour piano à quatre mains, op. G; la sérénade et les trios pour violon, alto et violoncelle, op. 8 et 9 ; les sonates pour piano seul, op. 7, 10, 13, 14, 22, 26; les sonates pour piano et violon, op. 12, 23,24; les six quatuors, op. 18; le septuor, op. 20; le concerto en ut mincttv, op. 37; la première symphonie, en ut, op. 21. L'abondance de la production de Beethoven à cette époque dénote à la lois la vifjueur avec laquelle son jeune {jénie ?e jetait à la conquête du glorieux héritage de Mozart et l'ascendant qu'il avait déjà pris sur le monde musical : car au mois de juin 1800, il pouvait répondre à une afTectuense interrogation de son ami Wegeler : « Mes compositions me rapportent beaucoup, et je puis dire que j'ai plus de commandes qu'il ne m'est presque possible d'y satisfaire'. » Ses anciens amis de Bonn, les Breuning, le comte Waldstein, l'avaient mis eu relations avec plusieurs familles de l'aristocratie viennoise, chez lesquelles il avait aussitôt acquis de chaleureux partisans et de véi'itables amis. Sur les noms des Lichnowsky, des Brown, des Thun, des Brunswick, des Tries, des Kinsky, des Lichtenstein,des Lobkowitz, des Rasumovsky, des Zmeskall, des Erdody, ont rejailli quelques étincelles de la gloire du grand homme dont ils surent, à différentes époques, par leur sympathie, par leur admiration, par leur dévouement, soulager les peines et favoriser l'essor'-, lin 1800, le prince Cari Lichnowsky, de tous ses admirateurs « le plus éprouvé », avait assuré à Beethoven une rente annuelle de six cents florins, pour lui permeltre d'attendre une situation à sa convenance. En 1809, l'archiduc Rodolphe, le prince Lobkowitz, le prince Kinsky, s'associèrent pour lui offrir une renie de quatre mille florins et le relenir à Vienne, dont il songeait à s'éloigner : rente, d'ailleurs, que la dépréciation du papier-monnaie, à la suite des événements mililaires et politiques, réduisit bientôt à un chiffre minime, et finalement au quart de sa valeur nominale. Le produit de ses œuvres et de ses leçons complétait le revenu strictement nécessaire pour exister simplement : mais Beethoven n'était pas plus un homme d'argent qu'un homme de cour; il rêvait d'une combinaison qui lui eût évité toute négbcialion financière avec le public et^avec les éditeurs, d'une sorte de pension viagère en échange de laquelle il eût abandonné la propriété de toutes ses compositions; d'autres fois, il exprimait l'espoir d'un temps <i plus prospère », où il pourrait consacrer son art « au bien des pauvres » ; et ce fut toujours malgré lui, et comme avec humiliation, qu'il se trouva contraint trop souvent de <i fixer ses yeux en bas pour les nécessités de la vie' ». Vis-àvis ses nobles prolecteurs, il se tenait, avec une ombrageuse fierté, dans une attitude d'égalilé, — prince de la musique auprès des princes du monde, — que ses hautes qualités morales aussi bien que son génie lui permettaient de maintenir, et que n'avaient connue aucun des grands artistes de la génération précé-

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