‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 1017 sur 1158 · Ce fait est rapporté par M. Nagel, t. Il, p. 42, note · texte numérisé non relu

Ce fait est rapporté par M. Nagel, t. Il, p. 42, note

3. II est môme douteux que l'opéra de Paër ait été joué à Vienne. V. Thajer, t. Il, p. 265 et suiv.; — G. Servières, les autres opéras de /.êou'jre, dans le Guide musical des 5 et 12 mars 18'J9. — Ou doit noter qu'une partition d'orchestre, en copie, de la L(iotn,re ilc Paer. est mentionnée dans l'inventaire mobilier de la succession de Beethoven. V. Tliayer, Verzeichniss, p. 180.

4. Sur l'histoire de Fidetio, outre les ouvrages généraux, cf. Otto

descriptif ne pouvait manquer de se produire : et le premier morceau a été décrit en effet comme une <i bataille idéale », où se perçoivent des « cliquetis d'armes »,

propre ressemblance. C'est ainsi que dans le choix du sujet de son unique opéra, et dans les accents prêtés à ses personnages, s'exprime également sa propre senliraentalité, avec d'autant plus de force que sa droiture absolue et sa rude sincérité lui eussent rendu à peu près impossible la composition d'un opéra dont le livret serait resté pour lui antipathique ou seulement inditl'érent.

Une légende cent fois répétée veut que Beethoven, après avoir entendu à Vienne l'opéra de Paër, L(!onore, ait dit au maestro italien : « Votre opéra me plaît, je veux le remettre en musique. » Cette légende, comme beaucoup d'autres, est démentie par les faits. A l'époque où l'ouvrage de Paër fut représenté pour la première fois, à Dresde, le 3 octobre 1804, Beethoven était déjà en pourparlers avec Sonnieithner pour l'arrangement d'un livret tiré directement de la pièce française de Bouilly, L^oHore ou l'Amour conjuijal, qui avait été jouée à Paris, sur le théâtre Feydeau, le 19 février 1798, avec la musique de Gaveaux,et qui avait servi de modèle à l'opéra de Paër^. Le sujet de ce drame, quels que fussent les détails de sa mise en œuvre, devait plaire à Beethoven, puisqu'il y voyait glorifier sa propre conception de l'amour, dans ce qu'il a de plus profond et de plus pur. 11 se mit donc volontiers au travail, et dans l'été de 1803 acheva sa partition pendant quelques mois passés à la campagne, à Helzendorf. La première représentation fut donnée le 20 novembre 180.'3, au théâtre <i an der Wien >>. L'affiche portait : « Fid^lio, oder die eheliche Liebe, eine Oper in 3 acten, — Fid-'lio (et non pas, comme il a été dit, Leonore) ou l'.-Vmour conjugal, opéra en trois actes, librement imité du français par Joseph Sonnieithner; la musique est de Ludwig van Beethoven'. »

Jalin, Leuitore oder Eidelio. dans X .Vhjemeine musikalische Zettung, de Leipzig, des 27 mai et 3'juin 1863, et dans ses Gesammelte Aufsdtze, Leipzig, 1866, in-8«; Alb. Lcvinsohn, Die Entstehungszeit der Ouverture zu Leonore n« 1, dans Vierteljahrssrhrift fur .ifusikwissenschaft, t. IX, 1893, p. 128; Jlax Hehemann, Leonore, die erste Fassung des F'tdclio, dans i>ie Musik. 5« année, 15 novembre 1905; H. de Curzon, le Centenaire de Fidelio, dans le Guide musical du 19 novembre 1905; — pour les représentât ious à Bruxelles en 1889. avec récitatifs de M. Gevacrt, un article de M. Evencpoel dans le Guide musical du 14 mars 1889 ; pour les représentations de la version originale à Berlin en 1903, le Bulletin mensuel de la .Société internationale de musique, vol. Vil, 1903-1906, p. 101 ; pour les questions d'interprétation : Lilli Lehmann, Sludie zu Fideho, Leipzig, 1904, iu-è'>, et Hugo Conrat, Vorschltïffe zur Auff'ùhrung des Fidelio, dans Die .Uusik, 5» année, 13 novembre 1903; — pour quelques jugements portés à diverses époijues sur Fidelio : Berlioz, A traners chants (article de 18601; Reyer, i\'otes de musique (id.l; T. de Wyzeva, licethoven et Wagner, f. loi (article de 1880); Bruneau. Musiques d'hier et de demain, p. 193 (article de 1898). — Otto Jahn a publié en 1832 une édition de Fidelio, piano et chant, .l'apres la version en 2 actes, avec variantes; en 1869 a paru à Leipzig une édition illustrée, avec les livrets i^n 3 et en 2 act-'S; en 1905 une nouvelle édition critique Leipzig, Breilkopf et Hârtel) préparée par le docteur E. Prieger.

Pendant rimi)ression de ce chapitre est apparu le volume de .M. KulTerath sur Fidelio, succédant a la reprise littérale du chef-d'u;uvre, dans la version de 1814, au théâtre de la Monnaie, de Bruxelles.

IIISTOIltE DE LA MUSJQUE

XVIII' SIÈCLE. — ALLEMAGNE lor.5

l.a pioniiôri' versiim de l'opi'iu se ilivisail, ilnnr en liois acies. Dans riiilrntioii do Heclliovi'ii, cllo triait |>ii'oéilée di' l'oiivcitmo en lit, pulilii'n cnmmo op. i:i8, parmi ses u'uvres postliiiiiies; pressi- par ses amis, cl lui-mèmi! n'étant qu'à demi satisfait de ce morcoaii, il lui substitua, pour la rcpiésiMilat ion, l'ouverture dilo ilr l.i'onore, n" 2, qui l'ut de nouveau écartée l'année suivante et remplacée par celle dile n" ;t,(iui en était le remaniemi'nl'. I)'autri>s l'ctouclics impoitantes lurent opéiées en même Icnips dans le livret et la partition et motivées par la froideur du public, qui n'avait permis de donner tout d'abord (|ue Irois représentalions-. Le texte primilif de Sonnleitlmer, revisé par Steplian von Ureunin;;, se Irouva réduit en deux actes, par la fusion des deux premiers en un seul, et pai' de nombreuses coupures, nécessilantde la part ilu compositeur le saiTilice, « souvent nuisible », de morceaux entiers ou de fra^'nients de morceaux : sous cette forme, l'Ulclio n'olitint encore que deux représentations^. Huit ans plus tard, une tentative nouvelle fut faite encore par Beethoven pour imposer au public l'ieuvre où il avait mis tout son cœur. Kncore une fois, il en recommença l'ouverture '•; encore une fois, il ajouta ou 'raccourcit de nouveaux ou d'anciens fragments. FliPlio, opéra en ileitx actes, — le sous-titre avait été supprimé, — reparut sur le théâtre " près la porte de Carinthie », le 2.'3 mai 1814. Cette fois, les amateurs viennois parurent enlln s'accoutumer à ce cbet'-d'u'uvre de beauté et d'émotion, à cette 11 merveille suprême» de musique dramatiiiue, dont l'éloquence était à la fois trop simple et tiop profonde pour devenir jamais populaire". Aucune autre « initiation » que celle du sentiment, aucun autre efl'ort que celui de croire que le plaisir esthétique p(!ut être goûté au théâtre sous une forme grave et moralisatrice, ne sont nécessaires pour aimer et admiier Fidclio : c'est assez pour expliquer comment la foule, à son égard, demeure encore réservée, et comment aussi la plupart des historiens et des critiques qui en ont parlé ont donné presque forcément à l'expression de leur admiration le sens plus ou moins découvert d'un plaidoyer en faveur d'une œuvre jusqu'à un certain point méconnue.

Une rapide énuméralion des œuvres les plus connues, parmi celles que Beethoven composa depuis l'aimée de la Symphonie héroïque jusqu'à 1808, rappellera aux lecteurs tant de créations magnifiques, et qui leur sont familières, et leur fera embrasser l'étendue et la variété de la production du maître pendant celle époque moyenne de sa vie. Ce sont, en 1803, les six lieder sur les poésies religieuses de tiellert, op. 48; les sonates pour piano, op. 33 et 54, et pour piano et violon, op. 47; — en 1804, la sonate pour piano, op. o7; — en 180;;, Fidelio; — en 1806, les 3 quatuors à cordes, op. o9; la quatrième symphonie, en Si b(':mol, op. 60; le concerto pour violon et orchestre, op. 61 ; le concerto pour piano en sol, op. o8; • — en 1807, l'ouverture de CorioUm, op. 62; la messe en tit, écrite pour le prince Mcolas Ester-

1. M. ^Veinpa^l^cr a publir dans VAlh/cmeine Mtisik-Zeitunfj, tie lierhn, 28* année, 1901, n"* 32-33, un arlicle préconisant l'emploi de l'ouverture 0** '2 pour les représentations de l'Opéra.

i. l^es 20, 21 et 22 novembre IS05.

3. Les 2ii mars et 10 avril 1806. Les affiches du théâtre portaient, comme en ISO^J, Fitielio ou l'Amour conjugal. Le livret, réimprimé en 1800, fut intitulé Li'onore ou le Triompltf de l'umour conjugal. La partition ne parut qu'en ISIO, sous le litre de Leonore.

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