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Ce fut l'ouverture eu nti majeur

o. De !814à lïl'J, /''i(/e/(o eut à Vienne 69 représentations. En 1822, lo chef-d'œuvre fut repris pour permettre à la grande tragédienne

hazy; - - en 1808, les deux trios pour piano, violon et violoncelle, op. "0; la l'inquiéme et la sixiênii' symphonie, ut minriir et i< pastorale », op. 67 et 68; la fantaisie pour piano avec orchestre et chii'ur, op. KO, ces trois dernières œuvres exécutées, avec deux parties de la messe en ut, dans une grande .■ académie » que donna Beethoven, le 17 décembre 1808, au théâtre i< an der Wien », et oii il exécuta lui-Mirme un de ses concertos.

l'icriles presque simullaiiément, produites dans le mêmi! concert, la ciuc|uiéine et la sixième symphonie siMiiblent se placer aux deux p<jles île la pensée beetliovenienne. Si, d'après le mot rappoi'li'' par Schindler, ou cioit deviner dans la symphonie en lU niuieiir le tableau de la lutle obslinée de l'honimc contre le destin, de celte lutte altiére dont Beelhoven avait rc''solu de faire la règle de sa vie'', on reconnall dans la Symphonie pastorale l'expression de son immense amour de la nature, qui le faisait, dans ses longues promenades solitaires autour de Vienne, entrer en communion avec le Créateur parle spectacle des choses créées. En phrases hachées, il crayonnait dans ses carnets les pensées dont l'effusion lyrique revêtait dans ses œuvres musicales des formes d'une puissance d'expression sans égale. Le programme explicatif de la Symphonie pastorale, pour la première audition, élait ainsi rédigé : « Symphonie pastorale (n" o); plutôt l'expi-essiou du sentiment que la peinture. Premier morceau : sensations agréables (pii s'éveillent en l'homme à son arrivée à la campagne. — Deuxième morceau : scène au bord du ruisseau. — Troisième morceau : réunion joyeuse des campagnards; survient le quatrième moi'ceau : tonnerre et orage, auquel s'enchaîne le cinquième morceau : sentiments de reconnaissance, avec remerciements à la Divinité, après l'orage''. » Mais l'épigraphe de l'onivre pourrait être ces lignes des carnets : « Tout-puissant! dans les bois je suis heureux, — heureux dans les bois, — où chaque arbre parle par toi. — Dieu ! quelle splendeur! — Dans ces forêts, sur les collines, — c'est le calme, le calme pour te servir'! »

Une conception de plus en plus hardie des formes de la symphonie accompagnait l'expression des sentiments intérieurs. Les derniers liens étaient rompus avec la musique " de commande », la seule, à peu près, que dans le genre instrumental toute la seconde moitié du xviii" siècle allemand avait connue. Il ne s'agissait plus de fournir par contrat la quantité de morceaux nécessaire au renouvellement du plaisir d'un prince. Dans un isolement presque farouche et une liberlé entière, Beelhoven semblait créer pour lui seul, au milieu de longues méditations, les œuvres dont il faisait présent au monde. Combien, en 1808, moins de vingt ans après les dernières symphonies de Haydn, ne devaient point paraître étranges et nouvelles, véritablement écrasantes et comme emplies de problèmes inconnus, des œuvres telles que la symphonie en \it mineur ou la Symphonie pastorale! Après un siècle écoulé, dont le formidable apport n'a

Ivrique Wilhelmine Schrœder de paraître dans le rôle de Léonore, créé et tenu jusque-là à peu près constamment par M""" Milder.

ti. Des ébauches de la symphonie en ut mineur, y compris du thème principal du premier morceau, — le thi-me du destin, — se trouvent dans un livre d'esquisses Ae 1800-1801.

7. Tliaver. Verzeiehniss. p. 77. —Ce programme donnait à la Symphonie pastorale le n" 5. Le manuscrit porta le n° 0, dénnitivement maintenu.

8. Sur son amour do la campagne, des bois, des animaux, voyez R. Rolland, p. 40, et Mans Volliiuaun, Neves ubcr Beethuicit, Berlin, 1904, in-S».

pu lernir leur lumière, ces œuvres éclairent encore notre roule et restent le « buisson ardent » d'où l'on entend s'élever une voix surnaturelle.

L'ordre chronologique des compositions de Beethoven place en 1809 les sonates pour piano, op. 81 (/es Adieux. l'Absence et le Retour, dédiée à l'archiduc Rodolphe) et 78 (dédiée à Thérèse Brunsvik); le quatuor en mi bémol, op. 74; le cinquième concerto pour piano, en mi bémol, op. 73; la musique pour EgmonI, de Gœthe; — en 1810 et 1811, plusieurs lieder , principalement sur des poésies de (iœthe ; le quatuor en fa mineur, op. 95 ; la sonate pour piano et violon, op. 96; le trio en si bémol, op. 97 (dédié à l'archiduc Rodolphe) ; la musique du drame de Kotzebue, Die Ruinen von Athen, et celle d'un prologue du même auteur, Konig Stephan Uru/arn's ester Wohltliater (le roi Etienne, premier bienfaiteur de la Hongrie), tous deux représentés le même jour, pour l'inauguration d'une nouvelle salle de théâtre, à Pesth'. A l'année 1812 appartiennent la septième symphonie, en la, op. 92, et la huitième, en fa, op. 93, encore une fois si différentes, que l'on s'étonne, comme pour la cinquième et la sixième, de leur origine rapprochée. L'n lien sensible les rattache cependant de près l'une à l'autre : maître depuis longtemps de toutes les ressources de l'harmonie et de l'instrumentation, Beethoven, comme désireux d'affirmer son empire sur tous les éléments sonores, expérimente les combinaisons des rythmes et les plie, dans la septième symphonie, avec une ardeur impétueuse, dans la huitième, avec une délicatesse pleine de fantaisie et d'humour, à sa toute-puissante volonté. — En 1814 se présentent le Clianl élégiaque, à quatre voix, op. 118; la cantate De)' glorreiclie Augenblick (le Moment glorieux), op. 136, écrite pour les fêles du congrès de Vienne; la Bataille de Vittoria et deux chœurs ajoutés à des pièces patriotiques de Treitschke, son collaborateur pour le dernier remaniement de Fidelio.

L'activité manifestée par Beethoven pendant ces quelques années correspondait à un temps d'arrêt dans les progrès de sa surdité. Depuis les jours cruels de la première révélation de sa misère à ses amis, soit qu'il se lût raidi contre la douleur au point de la mépriser, soit qu'en réalité elle lui fût, par l'accoutumance, devenue tolérable, il s'en taisait. Beaucoup de personnes, qui l'approchaient rarement, s'apercevaient à peine qu'il était sourd. On le voyait encore, de temps en temps, au théâtre. 11 jouait du piano, pour ses amis, pour le public quelquefois encore, d'une manière seulement qui paraissait plus dure, et par moments fantasque et brouillée. Ses improvisalions étranges et magnifiques éblouissaient toujours, ou émouvaient ses auditeurs^, quoique l'on s'aperçût que lui-même, désormais, s'entendait mal, exagérant les contrastes dynamiques au point de rompre les cordes ou d'eftleurei' les touches sans leur faire reu-

1. Sur ces deux œuvres, V, les articles de M. Hermann Deilers d^nsVAUgemeJne musikatische Zeitunij, dcLeipiig, des 15, 22 lévrier, i'"' et 8 mars 1S65.

2. L'n des plus boaui récits qui se rapportent aux improvisations de Bectliovcn est celui que Mendelssohn avait recueilli de la bouche de M"" Dorothée von t'rlmann. Elle venait de perdre un tils, et Beethoven n'avait toutd'abonl pas pu vaincre son émotion et revenir dans sa maison ; lorsqu'il la revît, cependant, il alla droit au piano, en disant simplement : <» Nous ne nous p.irlerons aujourd'hui que par des sons. » Sans autres paroles, « il me dit tout, et à la fin nie donna aussi la consolation. ■ V. Mendelssohn, Jieisebriefe, 6' édit., t. I", p. 211.

dre les sons qu'il croyait, au dedans de lui, percevoir. Le 11 avril 1814, il se produisit pour la dernière fois comme pianiste dans un concert, en jouant, avec Schuppanzigh et Linke, son trio op. 97. Deux ans plus lard, il recevait de Londres un piano construit par Broadwood dans des conditions de sonorité exceptionnelles; mais pas plus qu'une sorte de résonnateur imaginé par Maelzel pour s'adapter aux instruments ordinaires, le piano anglais ne suffit à lui pi'ocurer l'illusion d'une audition normale. Depuis 1816, ses interlocuteurs ne trouvaient plus que dans l'écriture le moyen de communiquer avec lui : de là l'origine des "Cahiers de conversation», carnets griffonnés au crayon, que possède la Bibliothèque royale de Berlin' et qui conservent les précieux et poignants vestiges de ses entretiens avec de fidèles amis ou des visiteurs de passage.

Tandis que de nouveau s'appesantissait sur lui le fardeau de la surdité, il apprenait à connaître d'autres peines. Tout un drame, à la même heure, commençait. « Depuis quelque temps je n'ai pas été bien, écrivait-il à Ries le 28 février 1816. La mort de mon frère a agi sur mon cœur et sur mes ouvrages... Je suis tuteur du fils de mon pauvre frère défunt... J'ai la douce consolation de sauver un pauvre enfant innocent des mains d'une mère indigne. » Toute la puissance d'aimer et toute la faculté do soutl'rir que contenait le cœur de Beethoven allaient se concentrer dans une paternelle alfection pour ce neveu, ce fils d'adoplion, qu'il dut tout d'abord disputer, moralement et judiciairement, à l'inlhience et à l'autorité de sa mère, et qu'il essaya ensuite de diriger et de défendre contre autrui et contre lui-même; après dix ans de ce combat, le jeune Cari, par une tentative de suicide, mit le comble aux tourments de Beethoven'', et ce fut, dit-on, à la suite de ces incessantes inquiétudes et des orageuses discussions survenues pendant un séjour chez son frère Johann, à dneixendorf, que l'auteur de Fidelio contracta le germe, ou vit se développer le germe ancien, de sa dernière maladie. Que l'on ajoute à cela l'amertume des affections perdues — femmes aimées, amis de jeunesse maintenant morts ou éloignés — et les soucis quotidiens d'une existence précaire, on aura le sombre aperçu des douze ou quatorze dernières années de la vie de Beethoven. Que l'on reporte ensuite l'altention sur les U'uvres qu'il composa dans ces années de douleur, les œuvres dites de la <i troisième manière », les plus complètement belles, grandes et libres, qui soient sorties de sa plume : n'est-on point saisi d'un respect attendri, d'une reconnaissance profonde, pour cet homme dont la volonté et le génie bravaient toutes les épreuves'.'

C'est habituellement de la sonale pour piano, op. ICI, que les partisans de la division en «trois styles » l'ont dater le commencement de la » dernière manière » de Beethoven. Précédée de peu parla sonate op. 90, en deux mouvements, la sonate op. 101, commencée en 181b, ne fut publiée qu'en février 1817. Depuis quelque temps, Beethoven s'était rendu de

:i. La liibliutlieque de Berini possède, provenant de Scliindlor, 136 Cahiers de conversalion des années 1810 à 1827. — V. Kalischer, Die Buelhvven-Àutuiiraphen m den BibUothek zu /Irrli/i, dans les .l/oHO/shefte fiir Musikifi-schichle. l. XXVll et XXVIll, 189S et 18!l6;Kalischer.Éi» Kom'n-sationshi'ft von L.vait lleellioven (lîîill) ziimersteii Malc vnUsttindig mUgeteilt und erliiutert, «ians Die .^/iisik, 5" année, n*^» 4, 5, 6 et 8, 15 novembre, 1'^ et l'i décembre 190."» et 15 janvier l'JOli. — Volkraann, Nettes ùher Deelhnven , Berlin, 1801; in-8«; — Prod'homme, Beethoven tl'tipfi-s ses cnriiets de convefsntion [d'après Volkmann], dans le Mercure de France du 15 juillet 1905.

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