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lî. 1797-1843.

19. Ludwig-Friedi'ich-Cliristian, neveu de Frédéric 11, 1772-1806, a laissé â trios, t quatuors et 1 quinteUe.

un ami de Beelhoven el le fondateur des concerts spirituels à Vienne en 1819; Friedrich -Ernst Fesca' de Magdebours, qui montra dans Iniis les genres de la eràce, de l'élépance et une certaine richesse de ^modulation; Bernard Klein-, élève de Cherubini, professeur à l'université de Berlin, auteur de sonates, de lieder, d'oratorios et de musique sacrée très appréciée; enfin "Wilhelm-Friedrich Riem', organiste à la Thomasschule de Leipzig en 1814, puis directeur de la Singaliademie de rirênie en 1822.

Tels sont les principaux musiciens qui eurent de la notoriété en Allemagne dans la première partie du xix= siècle'. Mais j'ai liàte d'en venir à l'apparition du R()i des Aulnes et du Freischùtz, ces deux avènements du néo-romantisme musical.

Schubert cl In mélodie Iyi-iqne>

<i Chapeau bas, messieurs, un génie! »

Ainsi s'exprime Schumann, par la voix humoristique d'Kusebins, sur le compte de Chopin en analysant une de ses premières œuvres. Mes lecteurs me permettront de les traiter avec la même familiarité en faveur de Franz Schubert, dont la gloire aujourd'hui mondiale contraste étrangement avec sa vie modeste, obscure et brusquement interrompue au milieu d'un magnifique essor créateur.

Schubert naquit à Lichlenthal, près de Vienne, en 1797, vingt-sept ans plus tard que Beethoven, qui le précéda de vingt et un mois seulement dans la tombe. Grâce au progrés des temps dont sa jeunesse le rendait plus conscient, Schubert fut à même de recueillir sans en être écrasé le patrimoine colossal de son illustre devancier; et il parvint même à l'enrichir encore, bénéficiant de la prodigieuse hantise d'inspiration qui lit courir incessamment sa plume féconde et lui donna dans presque tous les genres la maîtrise avant même qu'il ait pris le temps de la conquérir par de minutieuses études.

Dans un passage de son livre la Musique et les Musiciens, M. Lavignac fait judicieusement remarquer combien la spontanéité du génie chez certains musiciens tendrait à confirmer la théorie palingénésique des vies antérieures. Schubert en présente une frappante démonstration. Dans l'art difficile de la musique, il est impossible d'être plus autodidacte. Son père, maître d'école, lui enseigne dès l'enfance les éléments du piano, du violon et du solfège; le chef des chœurs de la paroisse y joint les principes de l'harmonie; mais ses véritables modèles sont plutôt Haydn, Mozart, Kozeluch, Mehul, Cherubini et même Beethoven, dont il joue les symphonies et les ouvertures, parmi les violons de l'orchestre du Convict". Chez lui, il tient la partie d'alto dans les quatuors familiaux dont la musicalité allemande otire de si fréquents exemples, et dès 1810 nous le voyons, garçonnet de 13 ans, penché sur des feuillets de papier à musique que sa pauvreté lui faisait obtenir à grand'peine; décrit déjà des fantaisies à quatre mains, des ouvertures pour quatuors et quintettes à cordes. En 1813, le catalogue clironologique de Schubert accuse trois quatuors, un octuor à vent, une cantate et une première symphonie; en 1814, cinq nouveaux qua-

4. Pour ne point risquer dVHre incomplet on peut encore mentionner les poly?raphcs musicaux J. Dessauer, F.-W, Grund, A.-B. Marx, J.-L. Boliner, J.-P. Pixis; les compositeurs dï'glise S. Neukomni, J. Giins-

tuors, une deuxième symphonie, une messe, une ouverture dans le style italien, — et, parmi toute une gerbe de IJeder dont la moisson avait commencé en 181 1, la Marrjuerite au rouft restée justement célèbre.

Cette précoce énumératinn permet déjà de discerner quelles étaient les qualités du tempérament de Schubeit et les infiuences au milieu desquelles il s'orienta. »

Dès ses premières pièces à quatre mains il témoigne d'im sentiment extraordinaire de la mélodie, de l'harmonie et du rythme, avec, toutefois, une fréquence modulatoire excessive. Les quatuors de cette époque peuvent être considérés comme le principal exercice d'apprentissage d'une main exceptionnelle, à qui récriture en plusieurs parties semble naturelle; l'octuor, les ouvertures, les symphonies, sont une préparation au maniement des timbres, pour quoi Schubert avait une aptitude innée. On voit dans ces œuvres diverses, y compris une cantate et une messe, que Schubert a étudié Haydn, Mozart, Cluck et Spontini. Il est ouvert à toutes les beautés, tout lui est sujet d'étude; il entend avec enthousiasme la Vestale el surtout I])hi<icnie en Tauride; enfant, le lyrisme des adagios de Mozart l'extasié; adolescent, il subit l'intliience du brio rossinien; il admire Beethoven sans le comprendre encore, bien qu'il reçoive les leçons d'un maître qui avait conseillé le grand Ludwig quinze ans auparavant, Salieri, célèbre compositeur d'opéias italiens et de musique sacrée. Mais Beelhoven n'avait demandé à Salieri qu'un complément d'éducation sur le traitement du style vocal et de la prosoilie, après avoir subi, sous la direction d'Albrechtsberger, un entraînement des plus sévères. Schubert manqua d'initiation contrapuntique, et il s'en rendit compte lui-même sur le tard, puisque en 1828, peu de temps avant de mourir, il alla trouver Sechter en le priant de combler cette lacune.

Est-ce bien un tel mot qu'il faut employer? On est plutôt tenté de croire qu'un enseignement théorique aride et prolongé n'eût rien ajouté à une onivre qui se présente à nous comme la plus parfaite expression du lyrisme.

Sous ce rapport, les principaux monuments de sa musique syiiiphonicpie et instrumentale appartiennent à la maturité de Schubert. C'est au Lied qu'il consacra les premières* et les plus nombreuses heures de sa vie d'artiste, puisque à 17 ans il y excellait déjà, et puisqu'on possède de lui plus de six cents mélodies sur des poèmes d'une centaine d'auteurs divers.

N"eûl-il laissé que ces effusions, confiées à la voix accompagnée du piano", Schubert mériterait une des meilleures places au Panthéon de l'art, car elles contiennent l'essence même de son originalité, et elles sont la première réalisation, dans le domaine musical, de la tournure d'esprit particulière qu'on appelle le romantisme.

Schubert doit être considéré comme le père du KuNSTLiKD, c'est-à-dire de la mélodie artistique dans sa forme moderne. Avant lui Zelter, Heichardt,

hacher, J. Proksch, J. Assmaycr ; le composilcur d'oratorios J.-C. -F. Schneider; les écrivains de musique de piano et de cliambre Aloys Sf-hmitt, K. Iliinten, J. llerz et K. Arnold.

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