Quelques lieder sont avec orchestre
iiisToiitic DE /..i Musiori;
Scliiil/., Ztiiiislee^', Mozart et Iteellioveii avai(Mit com- [losi' (lc"s l.it'der, mais aïKMiii n'avait pu réunir li's (|ualit('s (]iii corislituoiit la siipiTJoriti' du Schiihert : lu suns [loéliqne et prosocli(|iii', la variùlû du nioyuiis, le feii diamaliiiiii', la verve patliétiqiio, riiitérèl iiis- Iriiniuiilal. Les tiieilleures mélodies de ces iiiiisicicns sont des or;;anismos encore inconipliîls des étapes tWolnlives d'un t;enre qne Schubert porte à la perl'eclion. Il snflit de comparer la l'i/'ifse de Scliul/. ' avec la Maiywfite de Scliuhert, pour voir l'immense pro^îrt'S accompli par celui-ci. Les meilleurs elforls deSclinl/ furent consacrés à la chanson dans le style populaire Yoi.rsthi;mliches LiKnqui, do nirme que l'ancien Volksi.ied, ne modulait pas et restait strophique. Schubert en respecte la forme à couplets, mais, tout en conservant sa force d'accent, sa simplicité harmonique ot rythmique, il lui donne plus de liberté, iiràce à des modulations ap|iro priées.
Heichardt était lettré; il lit une bonne étude musicale des poésies de Goîlhe-. Zelter, ami particulier du grand poète, montra plus de qualités de métier et comnii-nça à s'émanciper du jout; des stroplies identiques^. Zumsteeg, que Schubert appréciait, manquait d'imagination; toutefois il attira l'attention s(w les ressources musicales de la ballade. Les compositions de ces hommes de talent sont en grande parlie oubliées maintenant. Le Kunstlied, peu à peu amélioré, n'attendait plus que d'être louché par une main géniale. Il s'en fallut de peu que Beethoven ne lui donnât des ailes, mais il ne lui accorda parmi son œuvre qu'une place secondaire; comme Haydn, ce fut dans ses adagios instrumentaux qu'il épancha sa force lyrique, de même que Gluck et Mozart l'avaient placée dans les arias de leurs drames; Schubert mit dans le Lied le meilleur de son cœur.
Nous sommes ici en pleine transition de l'art classique, purement Imaginatif, à l'art romantique et descriptif. Dans l'histoire de la pensée humaine, dans la littérature, dans tous les arts, le moment est capital. Le monde s'élargit tout à coup. Un souille de fraternité humaine a suscité l'élan superbe de la Révolution française, ainsi que la noble guerre de libération allemande, et partout, sous toutes les formes, l'éveil des énergies nationales. La Renaissance classique a fait éclore l'amour des humanités dans les races néo-latines; la Héforme a secoué la torpeur des races saxonnes; l'imprimerie, la première des grandes inventions modernes, a reculé sur la terre l'empire des ténèbres; enfin la renaissance romantique proclame l'atl'ranchissement total de l'art et des moyens esthétiques; elle fait tomber la pompe et l'étiquette des cénacles, elle donne droit de cité à tout ce qui est humain, scrute les lointains du temps et de l'espace, de la terre et du rêve, amnistie les exils, bénit l'uniou des extrêmes... Faust voudrait étreindre la Nature entière sur son cceur; Beethoven en esquisse puissamment, symphoniquenient, le geste : Schubert l'achève. Toutes les visions neuves d'une forte race passent dans le cerveau d'un de ses enfants les plus obscurs et illuminent sa pauvreté; la muse lyrique vient s'asseoir en son misérable logis, elle verse sur sa table une riche moisson de mètres et de rythmes cueillis aux paysages éclatants de Tiœthe et de Schiller, aux jardins crépusculaires de Matthisson, au.x forêts gra-