‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 1030 sur 1158 · Composée vers 17S · texte numérisé non relu

Composée vers 17S

i. il eo publiât en 1797 et 1809 deui éJiUons que Scliuberl ilut connaître.

■i. C'osl le DuitCHKOMi*osisTESi.iED. (icHl .Mozart donne un unique écliantilloa avec d(is Veilchen (la VioIcUe).

ves de Mayrholer, aux parterres mélancoliques de Salis etd'llielly, aux v.allons printaniers de Claudius et de Midicr, aux plages nocturnes de Novalis... Klle revél pour lui, loui' à tour, tous ses costumes, se drape d'un péplum, se pare d'une robe à traîne ou ramène sur sa poitrine l'humble lichu do la paysarme. Chaque matin Schubert la trouve assise à son chevet, protectrice de ses songes, souriante à son réveil ; et elle ne le quitte qu'au milieu du jour, après avoir compté les feuillets linejuent écrits où des trésois d'inspiration s'accumulent pour le bienfait des Ages à venir.

S'il est un esprit impressionnable, réceptif de l'ambiance, c'est bien celui de Schubert. l'rusque encore un enfant, et d'un naturel enjoué, il concentre déj.'i sa pensée sur les aspects sombres de la vie; il trempe son âme et l'afliue dans la tristesse volontaire, comme la plupart des artistes d'un milieu où W'irllicr était éclos. Vers la lin du xviii" siècle, une véritable crise de mélancolie, importée par Voung et .Macpherson, sévit sur l'Allemagne. Toutes les lyres résonnent d'accents angoissés, de complaintes élégiaques, de fantaisies nocturnes et funèbres; il plane sur tous les récits du mystère et de l'effroi. Le génie viennois, essentiellement mobile et sensitif, s'imprègne de ces courants. Grillparzer, le poète national, renchérit dans ses drames sur le fatalisme tragique de Schiller; Zedlitz traduit CliilUe Harold, et ses publications s'appellent la lieviir Nocturne, la Couranue lU-s morts.

Tout aussi suggestifs sont les titres des premiers Lieiler de Schubert. De 1811 à 1811- il emprunte à Schiller des inspirations caractéristiques, telles que l'Iiiinfc de la jeune filb' , Ftintnisie macabre^. Anxieux dcùr^, Thékla, voix d'un Esprit ; à Matthisson, les Ombrcx, l'Approclie des Esprits. Sacrifice niix nuines, etc. ; à (Jœthe, la plaintive Marguerite an rouet. Chant nocturne. Larmes co7isolantes''', etc. Le goût de la mort, des lombes, des adieux et des regrets, des déclins et des nuits, restera pour Schubert un thème favori jusque dans ses derniers Lieder, où se remarquent les poèmes navrés de W. MQller. Avec ce poète populaire Schubert revient aux accents si touchants, si empreints de naturelle simplicité, qui correspondent le mieux à son tempérament intime. Après 1814 il abandonne les sujets fantastiques auxquels le théâtre de Weber et de Marscbuer doimera bientôt leur plénitude d'expression.

1815 et 1816 sont les deux grandes années du Lied pour Schubert. Il n'en éci'it pas moins de deux cent cinquanle-cinq! On est émerveillé de la proiligieuse diversité de sentiments que témoigne ce travail colossal, surtout lorsqu'on pense à la vie simpliste et recluse menée par son auteur. En quittant les chœurs du Convict il essaya de se conquérir une petite indépendance et il devint professeur élémentaire dans l'école paternelle. Il ne put supporter plus de trois ans" ce métier subalterne. Cependant, s'il acquit la liberté complète de ses gestes, ce ne fut pas pour tenir la porte plus large ouverte sur le monde extérieur, mais pour s'absorber, se dédier corps et âme à son labeur quotidien d'écrivain musical. Il n'avait presque pas eu besoin d'apprendre la technique de son art; il ne lui fut pas plus nécessaire de jouir de

Page 1